Manchester United et Arsenal, qui s’affrontent lors de la 10e journée du championnat d’Angleterre de football, dimanche, trustent les titres depuis douze ans, une réussite intimement liée au professionnalisme et au charisme de leurs entraîneurs Alex Ferguson et Arsène Wenger.
Depuis l’instauration de la Premier League en 1992-1993, seul Blackburn a su jouer les intrus parmi les deux grands pour remporter le championnat en 1995. Manchester s’est adjugé huit titres et Arsenal trois. Et cette année encore, seul Chelsea semble en mesure de perturber l’ordonnancement.
Mais la rivalité entre les deux clubs s’est exacerbée en ce début de siècle, au fur et à mesure que les Londoniens mettaient à mal l’omnipotence des « Red Devils ». Arsenal a gagné le titre en 2001-2002, 2003-2004, et pourrait enlever presque tout espoir à MU pour cette saison avec un succès dimanche.
Pour les deux équipes, la face de l’histoire a été changée par deux personnalités atypiques. L’Écossais Alex Ferguson est arrivé à Manchester United en 1986, en remplacement de Ron Atkinson, qui avait désespérément échoué à troubler la domination de Liverpool, six fois champion dans les années 80.
Passionné, perfectionniste jusqu’à l’excès, celui qui avait connu ses premiers succès de manageur avec Aberdeen a travaillé comme un forcené pour donner en 1993 à MU son premier titre depuis 26 ans.
Son intuition l’a conduit vers un joueur de génie, Éric Cantona, et sous sa direction le centre de formation a produit des Ryan Giggs ou David Beckham.
Balancier
En 1999, les « Red Devils » ont remporté le triplé Coupe d’Angleterre, championnat, Ligue des champions, Ferguson rejoignant alors définitivement au panthéon de MU le légendaire sir Matt Busby. Mais sa volonté de tout contrôler l’a aussi mené à des excès et au départ précipité de Beckham après l’épisode de la « chaussure volante ».
Arsène Wenger a le verbe plus policé, mais sait parfaitement comment faire sortir de ses gonds l’irascible Écossais. Le Français, venu en 1996 du Japon sur les conseils du vice-président David Dein, n’a pas encore le palmarès de « sir Alex », mais sa réussite fut plus rapide.
Wenger, aussi sérieux et passionné que Ferguson, a mis fin aux années de fer de son prédécesseur, George Graham, limogé pour une affaire de dessous-de-table lors de transferts, en forgeant un Arsenal au jeu résolument offensif, avec des joueurs souvent jeunes, méconnus et peu coûteux pour le club.
Fin psychologue, l’Alsacien a su s’attacher la confiance de joueurs fidèles au club, à l’image des Français Patrick Vieira, le capitaine, ou Thierry Henry, l’attaquant-vedette. Avec lui, Arsenal participe cette saison à sa 6e Ligue des champions consécutive.
Le balancier penche aujourd’hui vers Arsenal. Mais Ferguson est persuadé de construire une « équipe pour l’avenir ». Les deux clubs et leurs manageurs n’en ont pas fini de chercher à s’accaparer le royaume d’Angleterre.
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Depuis l’instauration de la Premier League en 1992-1993, seul Blackburn a su jouer les intrus parmi les deux grands pour remporter le championnat en 1995. Manchester s’est adjugé huit titres et Arsenal trois. Et cette année encore, seul Chelsea semble en mesure de perturber l’ordonnancement.
Mais la rivalité entre les deux clubs s’est exacerbée en ce début de siècle, au fur et à mesure que les Londoniens mettaient à mal l’omnipotence des « Red Devils ». Arsenal a gagné le titre en 2001-2002, 2003-2004, et pourrait enlever presque tout...