L’avenir est sombre pour les habitants de la bande de Gaza, une des régions les plus densément peuplées au monde, abandonnés à l’anarchie s’ils ne règlent pas leurs conflits internes et s’ils doivent être coupés économiquement d’Israël après le retrait de ce dernier et de ses 8 000 colons prévu en 2005, selon les experts.
Selon les plus récentes statistiques de la Banque mondiale, 70 % de ses 1,3 million d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, et le chômage y touche 44 % de la population active, tandis que les jeunes âgés de moins de 18 ans forment 60 % de la population globale.
Outre la crise économique qui va en s’amplifiant, la région souffre des restrictions de déplacement imposées par l’armée israélienne ainsi que des incursions de cette dernière et des affrontements interpalestiniens. « L’économie palestinienne est sérieusement sur le déclin par rapport à son niveau antérieur au déclenchement de l’intifada il y a quatre ans », indique un rapport de la Banque mondiale.
Le produit intérieur brut (PIB) est inférieur de 23 % à celui enregistré en 1999, et si l’on prend en compte la croissance démographique, il est même inférieur de 35 % par habitant par rapport au taux antérieur à l’intifada. « Le taux de chômage de 25 % constaté en 2003, comparé à 10 % à la veille du soulèvement, montre à quel point l’économie palestinienne fonctionne en deçà de son potentiel », dit encore ce rapport.
La stabilité et l’accès aux marchés mondiaux sont la clef du succès futur à Gaza, affirme Lionel Brisson, directeur local du programme de l’Unrwa (Agence de l’Onu pour l’aide aux réfugiés palestiniens), qui fournit l’essentiel de l’assistance à quelque 635 000 Palestiniens de la région.
« Le transfert aux Palestiniens des 21 implantations israéliennes de la bande de Gaza ne permettra pas d’assurer la reprise », estime encore M. Brisson. « L’unique solution permettant le développement de la région, c’est de la rattacher à l’économie israélienne », assure-t-il.
Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme, basé à Gaza, affirme de son côté que le plan de désengagement unilatéral du Premier ministre israélien Ariel Sharon « ne vise pas à mettre un terme à l’occupation, mais plutôt à maintenir les violations des droits de l’homme ». « Selon ce plan, les ouvriers palestiniens ne pourront pas venir en Israël, il n’y aura ni importations ni exportations via les ports israéliens, ni lien physique reliant la bande de Gaza et la Cisjordanie à travers le territoire israélien », soutient-il. « Faute d’être liée à l’économie israélienne, la bande de Gaza dépendrait fatalement de l’Égypte, ce qui devrait y accentuer le chômage et la pauvreté », ajoute M. Sourani.
Avant l’intifada, quelque 100 000 Palestiniens de la bande de Gaza étaient officiellement employés en Israël, et des dizaines de milliers d’autres y travaillaient au noir. Suite à plusieurs attentats-suicide palestiniens sur place, la zone industrielle d’Erez, au nord de Gaza, a en outre récemment été fermée par Israël, et des milliers de Palestiniens qui y étaient employés ont rejoint les bataillons de chômeurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’avenir est sombre pour les habitants de la bande de Gaza, une des régions les plus densément peuplées au monde, abandonnés à l’anarchie s’ils ne règlent pas leurs conflits internes et s’ils doivent être coupés économiquement d’Israël après le retrait de ce dernier et de ses 8 000 colons prévu en 2005, selon les experts.
Selon les plus récentes statistiques de la Banque mondiale, 70 % de ses 1,3 million d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, et le chômage y touche 44 % de la population active, tandis que les jeunes âgés de moins de 18 ans forment 60 % de la population globale.
Outre la crise économique qui va en s’amplifiant, la région souffre des restrictions de déplacement imposées par l’armée israélienne ainsi que des incursions de cette dernière et des affrontements...