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Actualités - Chronologie

La guerre oubliée de l’été des soldats britanniques à Bassora

Des soldats britanniques ont vécu en été des combats acharnés dans la ville de Bassora, un épisode de la guerre passé inaperçu au moment où tous les regards étaient braqués sur l’offensive américaine contre la ville sainte chiite de Najaf. Retranchés dans les camps Apache et Cherokee, les soldats britanniques ont été pilonnés pendant trois semaines au mortier et à la roquette, dans ce qu’ils décrivent aujourd’hui comme les combats les plus violents qu’ait connus l’armée britannique depuis la guerre de Corée. « Certains jours, le camp subissait d’intenses bombardements, des roquettes explosant un peu partout, et c’est un miracle que les pertes n’aient pas été plus élevées », affirme un soldat qui préfère garder l’anonymat en évoquant le chaos qui régnait dans la ville de Bassora en août. Selon un bilan de l’armée britannique, quatre militaires ont été tués durant cette période, mais aucune indication n’était disponible sur les pertes du côté irakien. Les soldats de ce camp font partie des 3 500 militaires britanniques déployés dans le Sud et qui doivent être relevés à la fin octobre par la 4e brigade blindée, après avoir survécu aux combats violents. Mais ce conflit opposant la 1re brigade mécanisée aux miliciens loyaux au chef radical chiite Moqtada Sadr a été largement ignoré, l’attention se concentrant sur l’offensive américaine sur la ville de Najaf. « Chaque unité a été aux prises à plus de combats en août qu’au cours de la guerre de mars 2003 » qui a abouti le 9 avril au renversement du président Saddam Hussein, déclare le commandant Charles Mayo, porte-parole de la division du sud-est de l’Irak de la Force multinationale commandée par la Grande-Bretagne. Un jour au camp Apache, les miliciens pro-Sadr « ont pris d’assaut le mur d’enceinte du campement et nos soldats se sont efforcés de les empêcher d’escalader le mur et d’entrer dans les baraquements », raconte le capitaine James Grant. « Tous les jours, nous subissions des attaques que nous devions repousser », ajoute-t-il. « Nous étions pilonnés chaque nuit au mortier et certains obus tombaient tout près de nous », indique un autre soldat sous le couvert de l’anonymat. « Un des mortiers est même tombé juste sous ma fenêtre », précise-t-il. En 23 jours de combats à Bassora, les troupes britanniques ont échangé des tirs avec les rebelles chiites à 170 occasions, indiquent des officiers britanniques. En comparaison, seuls 20 à 30 incidents armés ont été enregistrés pour le mois de septembre. Ces tirs constants ont forcé des centaines de soldats britanniques à se réfugier dans un hôtel de la ville de Bassora où ils ont dormi entassés les uns sur les autres dans le hall d’entrée. Le conseil du gouvernorat de Bassora, craignant que la ville ne connaisse le sort de Najaf, a demandé aux troupes britanniques de garder un profil bas. Aussi, les forces britanniques sont-elles restées retranchées pendant le mois d’août dans leur campement, patrouillant uniquement dans les alentours de leurs bases et évitant les frictions avec les miliciens rebelles chiites. En dépit de cela, une patrouille britannique a été prise pour cible par des tirs de roquettes et d’armes légères dans le centre de Bassora, sur environ un kilomètre et demi de son parcours. Les membres de la patrouille ont été contraints de descendre de leur véhicule et de s’abriter dans une maison proche où ils ont tenu à distance leurs poursuivants jusqu’à l’arrivée de renforts.
Des soldats britanniques ont vécu en été des combats acharnés dans la ville de Bassora, un épisode de la guerre passé inaperçu au moment où tous les regards étaient braqués sur l’offensive américaine contre la ville sainte chiite de Najaf.
Retranchés dans les camps Apache et Cherokee, les soldats britanniques ont été pilonnés pendant trois semaines au mortier et à la roquette, dans ce qu’ils décrivent aujourd’hui comme les combats les plus violents qu’ait connus l’armée britannique depuis la guerre de Corée.
« Certains jours, le camp subissait d’intenses bombardements, des roquettes explosant un peu partout, et c’est un miracle que les pertes n’aient pas été plus élevées », affirme un soldat qui préfère garder l’anonymat en évoquant le chaos qui régnait dans la ville de Bassora en août....