Le gardien de l’équipe de France de football Fabien Barthez, décisif contre l’Eire (0-0), samedi, et à Chypre (2-0), mercredi, au sein d’une défense invaincue en qualifications au Mondial 2006, a visiblement oublié ses états d’âmes de l’été pour montrer aux Bleus la voie à suivre.
À Rennes, à la mi-août, le vice-capitaine des Bleus n’avait rien caché, lors d’une conférence de presse surréaliste, de son manque d’enthousiasme à la veille de France-Bosnie (1-1) en amical. Renfrogné, distant, il avait refusé toutes questions sur l’après-Zidane, entretenant les doutes sur son avenir international.
Deux mois plus tard, c’est un Barthez transformé qui a retrouvé les Bleus et Clairefontaine après avoir manqué sur blessure Israël (0-0) et les îles Féroé (2-0) début septembre. « Bien physiquement et dans sa tête », il a affiché son envie, sur le terrain où il s’est montré déterminant devant l’Irlandais Damian Duff et le Chypriote Yiannakis Okkas, mais aussi en dehors, évoquant enfin ses choix devant la presse.
Doyen des Bleus de Raymond Domenech, Barthez, 33 ans, avait notamment expliqué pourquoi il voulait, contrairement à Zidane, Thuram ou Makelele, continuer à voir la vie en Bleus. « J’ai choisi de continuer car je suis dans une position différente des “anciens”. Je suis gardien de but, physiquement c’est plus facile à gérer. À ce poste, entre 31 et 35 ans, on est à maturité. Et puis je n’ai que le championnat de France, la Coupe de France et la Coupe de la Ligue à jouer », avait-il rappelé.
Baraka
Il a pris des avis auprès de proches, sportifs ou non, qui lui ont dit : « “L’équipe de France, c’est quelque chose de fantastique. Il faut que tu en profites” », rapporte un Barthez souriant.
Et quand le natif de Lavelanet (Ariège, sud-ouest de la France), au pays du rugby, sourit, c’est toute l’équipe de France qui en profite. À Chypre, ses deux arrêts consécutifs devant Okkas, alors que le score était toujours vierge, ont grandement contribué à la victoire des Bleus.
« Fabien nous a gardés dans le match, témoigne le buteur retrouvé Thierry Henry. Dans ce genre de match, le gardien est super important. » Raymond Domenech, qui avait, dès sa prise de fonction, maintenu Barthez dans son statut de gardien n° 1, n’est pas le moins soulagé : « Quand Barthez a fait ces deux arrêts, cela nous a permis de rester dans le match. » D’autant que, comme il est de bon aloi chez les grands gardiens, le portier marseillais n’a pas été malheureux quand la tête de Lambrou a heurté son poteau à dix minutes de la fin.
« Certains appellent ça de la chance, moi j’appelle ça du talent. Fabien est le même qu’en 1998 et 2000 », pour Domenech.
Barthez, lui, refuse, un peu par superstition, le jeu de comparaison, mais savoure sa baraka. « On a la réussite sur ces occasions. Tant mieux ! Il faut en profiter. » Confiné il y a un an aux tribunes par le manageur de Manchester United, Alex Ferguson, Barthez avait pu rester en contact avec le haut niveau grâce aux Bleus et la confiance de Jacques Santini. Comme un juste retour des choses, il répond aujourd’hui présent alors que la sélection, et sa défense inexpérimentée, a besoin de certitudes.
« On commence à se trouver, à se construire », assure un Barthez plus prêt que jamais à relever le gant.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats