Le dépouillement des bulletins de vote a commencé hier en Afghanistan, cinq jours après le premier tour d’une élection présidentielle historique dont les résultats définitifs devraient être annoncés fin octobre-début novembre. Le comptage des bulletins a commencé dans la matinée.
Depuis le début de la semaine, environ mille employés électoraux étaient suspendus dans tout l’Afghanistan à un feu vert de la commission électorale leur permettant de compter enfin les voix de chacun des 18 candidats, ce qui devrait au total prendre deux à trois semaines. Si aucun autre incident ne vient perturber le décompte, des résultats définitifs de ce premier tour pourraient être publiés au plus tôt le 28 octobre, avant l’élection présidentielle américaine du 2 novembre.
Les tout premiers résultats partiels pour cinq provinces du nord et de l’est (Takhar, Kunduz, Wardak, Logar et Kaboul) donnent le président sortant Hamid Karzaï en tête, obtenant au total 58,8 % des suffrages sur 25 000 bulletins comptés. Il est suivi de son ancien ministre de l’Éducation tadjik Yunus Qanooni, puis du chef de guerre ouzbek Abdul Rachid Dostam,
La candidate Massouda Jalal arrive en quatrième position.
Avant de donner son feu vert au dépouillement, la commission devait attendre les premières conclusions d’un panel d’experts internationaux nommé dans l’urgence pour apaiser la crise politique déclenchée samedi par l’appel de 14 candidats à l’annulation d’un scrutin entaché selon eux d’irrégularités. Après de multiples interventions de représentants de la communauté internationale, les principaux candidats ont accepté de modérer leur position en échange de la mise en place de cette commission d’enquête. Les deux experts nommés lundi ont examiné depuis mardi soir 43 plaintes déposées par au moins quatre candidats, dont le président sortant et Yunus Qanooni. Ils ont déterminé que seuls les bulletins de dix bureaux de vote sur 4 800 devaient être mis de côté pour leurs investigations, les autres pouvant être dépouillés. Ils continueront cependant leur enquête sur l’ensemble des allégations des candidats. Les résultats de cette enquête seront remis à la commission électorale qui décidera en dernier ressort si ce scrutin était ou non valide. Par ailleurs, si aucun des candidats n’obtient 50 % des voix, un second tour sera organisé, après la mi-novembre.
Le président sortant Hamid Karzaï, d’ethnie pachtoune (majoritaire, environ 40 % des 25 millions d’Afghans), est donné favori, tandis que son ancien ministre de l’Éducation, le Tadjik Younous Qanooni, est considéré comme son principal rival.
Selon les analystes, Hamid Karzaï a cependant besoin d’obtenir une large majorité pour avoir les coudées franches face aux seigneurs de guerre encore puissants dans le pays.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats