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Actualités - Chronologie

Cimaises Londres rend hommage au peintre Boucher, «porno des aristos» (photo)

Londres rend hommage au Français François Boucher, l’un des peintres les plus prisés du XVIIIe siècle, emblématique d’une époque où la France était la première puissance mondiale, dans une exposition à la Wallace Collection coïncidant avec le centenaire de l’Entente cordiale. Le plus important ensemble de tableaux de Boucher au monde est exposé pour six mois, jusqu’au mois d’avril 2005, dans un seul espace, l’impressionnante Grande galerie de cet hôtel particulier du centre de Londres. Il est entouré de porcelaines et miniatures directement inspirées par Boucher, qui rappellent son influence profonde sur les arts décoratifs, notamment avec la vogue des «pastorales». D’origine modeste, Boucher (1703-1770) a appris son métier dès l’âge de 7 ans avec son père, un peintre de peu d’envergure. Il est devenu, grâce à son audace, sa ténacité et sa virtuosité technique, le fournisseur attitré de madame de Pompadour, favorite du roi Louis XV et protectrice des arts. «Le peintre porno des aristos», selon la formule d’un débat organisé par la Wallace Collection, est resté célèbre pour ses scènes galantes, ses nus féminins aux poses lascives, incarnation d’un luxe, d’un esprit et d’une douceur de vivre de l’ancien régime, qui allaient être balayés par la Révolution. L’exposition montre notamment les monumentaux tableaux représentant le lever et le coucher du soleil, qui étaient placés de part et d’autre du lit de Louis XV dans le château de madame de Pompadour. Le soleil en se levant éclairait Le lever du soleil. Au crépuscule, ses rayons balayaient Le coucher du soleil. Cette rétrospective coïncide avec le centenaire de l’Entente cordiale qui, en 1904, a établi les sphères d’influence de la France et la Grande-Bretagne en divers points du monde et scellé le rapprochement des deux pays après une longue période de rivalités. «La France était la superpuissance de l’époque de Boucher et l’Angleterre était en train de monter en puissance», explique Jo Hedley, commissaire de cette exposition, qui montre le décalage entre Boucher et ses contemporains anglais, Reynolds et Gainsborough. «Les Anglais préféraient se faire portraiturer avec leurs épouses et leurs chiens, devant leurs châteaux, dans une nature sage et réaliste, loin de la fantaisie de Boucher, de sa représentation embellie, presque utopique de la nature», explique Jo Hedley. «Reynolds fut scandalisé lorsque Boucher lui confia qu’il préférait peindre ses paysages en atelier afin d’éviter que la nature ne gâte son imagination». En France même, Boucher a commencé à être critiqué au milieu du XVIIIe siècle par des philosophes comme Diderot ou Rousseau, qui fustigeaient ses sujets futiles et lui reprochaient de ne pas chercher à édifier le public. «Ils disaient qu’aucune femme avec des enfants n’aurait pu venir voir une exposition de ses tableaux, représentant des femmes à moitié nues», explique Jo Hedley. Ses tableaux étaient aussi considérés comme élitistes parce qu’ils montraient des chairs blanches et propres, à une époque où l’eau était chère et rare, et la grande partie de la population se lavait rarement. Avec la variole et le manque d’hygiène, la peau des gens de l’époque ressemblait peu aux chairs de Boucher. Avec la Révolution, ses œuvres sont tombées en disgrâce, pendant un siècle. C’est alors que le très francophile 4e marquis d’Hertford les a acquises à bas prix. Son fils illégitime, Richard Wallace, a poursuivi la collection. Sa veuve a légué cette collection unique à l’État britannique, sous condition de ne pas les prêter, ni les sortir de l’hôtel Wallace. Ces tableaux ne peuvent donc pas être vus ailleurs que dans ce musée très particulier, à l’atmosphère intime, hommage à l’art et l’esprit français du XVIIIe au cœur de Londres.
Londres rend hommage au Français François Boucher, l’un des peintres les plus prisés du XVIIIe siècle, emblématique d’une époque où la France était la première puissance mondiale, dans une exposition à la Wallace Collection coïncidant avec le centenaire de l’Entente cordiale.
Le plus important ensemble de tableaux de Boucher au monde est exposé pour six mois, jusqu’au mois d’avril 2005, dans un seul espace, l’impressionnante Grande galerie de cet hôtel particulier du centre de Londres.
Il est entouré de porcelaines et miniatures directement inspirées par Boucher, qui rappellent son influence profonde sur les arts décoratifs, notamment avec la vogue des «pastorales».
D’origine modeste, Boucher (1703-1770) a appris son métier dès l’âge de 7 ans avec son père, un peintre de peu d’envergure. Il est...