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Actualités - Reportage

Cinéma Aucune peur aux trousses (photo)

Les sorties de la semaine l Anacondas: The Hunt for the Blood Orchid de Dwight Little Huit ans après le premier volet, Anacondas revient sur les écrans de cinéma. Le réalisateur Dwight Little rajoute un «s», insinuant ainsi qu’il ne présentera pas un, mais plusieurs anacondas. Est-ce suffisant pour faire naître davantage de frayeur, de crainte et d’horreur? Non, rien de tout cela. Le film s’étire, les gros serpents laissent de marbre et leurs proies (un groupe de scientifiques) ennuient. L’histoire: des chercheurs de New York décident de s’embarquer dans un voyage périlleux afin de mettre la main sur une orchidée très rare qui contient un sérum capable de préserver la jeunesse. Exit Jennifer Lopez, Ice Cube et Owen Wilson (présents dans le premier). Le plat de résistance des grosses bébêtes est cette fois composé de plusieurs individus semblant sortir tout droit de «United Colors of Benetton»: des Noirs, des Blancs, des Latinos et des Asiatiques. De couleurs différentes, ils partagent cependant la même silhouette très esthétique. Beaux gosses certes, mais loin d’être beaux parleurs, les personnages ne bénéficient pas de dialogues élaborés: une phrase qui illustre bien ce propos est celle prononcée par le chef du groupe, au sujet de la jungle: «Vous êtes sur une terre qui restera toujours verte.» À titre d’information, cette terre se situe dans l’île de Bornéo, un hémisphère où (peut-être fallait-il prévenir les scénaristes) les anacondas n’existent même pas! Rien de nouveau ni de palpitant donc dans ce deuxième volet, mis à part quelques plans en «plongée» et quelques plans généraux sur la flore et la nature de l’île. L’ensemble laisse cependant indifférent. Circuit EMPIRE (sauf MKALLÈS), ESPACE, FREEWAY Tobe Hooper, réalisateur de l’un des classiques du film d’horreur, Massacre à la tronçonneuse, revient avec un nouveau long-métrage qui appartient au même genre, The Toolbox Murders. Un jeune couple s’installe dans l’immeuble Lusman, une vieille bâtisse possédée par un esprit. Le cinéaste reprend les feintes et les rebondissements vus et revus maintes fois: la porte qui claque, l’ascenseur en panne, la résurrection d’un mort pas vraiment mort, etc. Incroyablement dépassé, mortellement ennuyant et facilement prévisible, The Toolbox Murders manque de rythme, de frissons, d’atmosphère et de personnages consistants. Embêtant lorsque l’on sait que ce sont les éléments basiques, nécessaires pour un bon film d’horreur. CONCORDE, ABRAJ, ZOUK Sorties prévues pour le jeudi 14/10 (sous réserves): – Les Choristes, de Christophe Barratier, avec Gérard Jugnot, François Berléand et Jean-Baptiste Maunier. – Foolproof, de Williams Phillips, avec Ryan Reynolds, David Suchet et Kristin Booth. Paroles dE cinéma Caméra rapprochée Du sexe et du sang Les réalisateurs de films d’horreur semblent un peu se perdre dernièrement. Ils ne savent plus où donner de la tête, quoi choisir, qui privilégier. Il faut du sang évidemment, des cris de temps en temps et des décolletés plongeants optionnellement. Eh oui, car l’hémoglobine déversée sur une chair fraîche, belle et séduisante n’a pas la même portée esthétique que sur un quadra ou un quinqua. Scream et I Know What You Did Last Summer, les deux Rolls-Royce du film catégorie «teenage-erotico-gore», nous le confirment aisément. La tendance a en effet changé ces dernières années. La recette miracle, celle qui vend: du sang et du sexe. La mouche, le requin et la scie ne sont plus les vedettes. Ils ont été remplacés par des jolies brochettes de jeunes gens très sexy, sans peur ni reproche. Pas d’inquiétude, il est toujours possible de trouver dans le lot celle ou celui qui sera assez bête pour choisir de mettre les pieds dans le cimetière glauque, plutôt que dans le joyeux centre commercial. Les réalisateurs changent l’emballage mais le contenu reste le même. Et c’est peut-être là le véritable problème. Toutes les cartouches sont usées: les cris perçants, les résurrections, la musique d’ambiance et même les seins au vent sont dépassés. Et là, c’est véritablement l’horreur. D.D. Courrier «The Bourne Supremacy»: une bonne suite Une fois n’est pas coutume, The Bourne Supremacy s’avère être une très bonne suite au précédent volet, The Bourne Identity. Les aventures sont toujours aussi excitantes, les scènes d’action vraiment bien filmées et les acteurs d’excellent niveau. Surtout Matt Damon, qui dégage tout ce que l’on attend de son personnage: un homme à la fois perdu, dépassé par les événements (il n’a aucun souvenir de son passé) et à la fois déterminé et rempli de haine (c’est un ancien agent secret). De plus, l’histoire tient un rythme qui ne chute jamais et nous tient toujours en haleine. Nous suivons le héros à Naples, Amsterdam et Moscou. J’espère seulement que l’équipe du film n’aura pas la folie des grandeurs et qu’elle saura s’arrêter là. Car même si le film est excellent, un troisième épisode serait vraiment de trop et risquerait de nous ennuyer. Surtout que nous sommes lassés de devoir, d’année en année, retrouver des héros et des personnages que nous connaissons déjà. S’il y a quelquefois des exceptions (comme ici), la plupart du temps les suites déçoivent énormément. Elles nous poussent à croire que le cinéma manque vraiment d’inspiration et d’originalité. S. Mattar Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots) En gros plan Clones et robots sont parmi nous Les robots, on les connaît depuis longtemps déjà – pas seulement au cinéma. On nous fait même savoir qu’ils feront (bientôt ?) partie de notre vie privée, en tant que domestiques (charmante perspective). En attendant – patiemment – nous avons eu droit au film d’Alex Proyas, I, Robot, qui ne laissait présager rien de bon ; et on nous promet, pour 2005, Robots (mi-fiction, mi-animation), de Chris Wedge et Carlos Saldanha (avec les voix de Ewan McGregor, Halle Berry et Mel Brooks), où le monde entier sera «robotisé». Question: les robots seront-ils aussi cinéastes? Quant aux clones, ils fourmillent partout, autour de nous. Brigitte Bardot, parlant de n’importe quoi, a dit que les femmes, voulant être parfaites, se ressemblaient toutes. L’idéal, voyez-vous, ce serait des robots clonés ou, au choix, des clones-robots. On y viendra. Nos ordinateurs ne programment-ils pas les concepts de films, tous ingrédients compris? À la question des robots-cinéastes, il est facile de répondre: il en est qui fonctionnent déjà, à Hollywood. Goux-PELLETAN les ciné-clubs Sur les quais d’Elia Kazan (1954) Elia Kazan retrouve son acteur fétiche, Marlon Brando. La jeune débutante Eva Marie-Saint (La mort aux trousses) remporta pour son rôle l’Oscar du meilleur second rôle féminin et le film fut récompensé du Lion d’or au Festival de Venise en 1954. Sur les quais se présente comme une critique féroce contre les méthodes de certains syndicats américains. Basé sur plusieurs faits réels et filmé autour et dans les quais de New York et de New Jersey, le ton noir, pessimiste et socialement engagé ainsi que le réalisme dont fait preuve le film restent marquants pour l’époque. L’histoire: Terry Malloy (Marlon Brando), jeune docker, découvre qu’il est manipulé par le tout-puissant patron du syndicat, lequel rackette les ouvriers et les contrôle avec les méthodes d’un gangster. Sa rencontre avec une jeune fille et l’influence d’un prêtre le poussent à briser la loi du silence. Auditorium de l’Esa, mardi 12 octobre, à 20h30 Zaman, l’homme des roseaux de Amer Alwan (2003) Plus connu comme documentariste et plus particulièrement pour ses travaux sur les enfants irakiens (Les enfants de l’embargo), Amer Alwan signe ici son premier long-métrage de fiction. Censuré par le régime de Saddam Hussein, cinq bobines du film ont été confisquées et ont disparu pendant les événements qui ont suivi. Ainsi, il est possible que les spectateurs soient déroutés par de nombreuses ellipses. Le film s’ouvre sur la région des marais, au sud de l’Irak, où les eaux du Tigre et de l’Euphrate se mêlent à la terre. Là se sont unis Zaman et sa femme. Cette dernière souffre alors d’un mal étrange, stigmate de la guerre. Un seul remède pourrait la guérir, un médicament devenu rare à cause de l’embargo. Zaman part alors en quête de ce précieux remède. Par le biais de son périple le long du Tigre, des décors somptueux de la région des marais, à la capitale de Bagdad, ses rues et ses monuments, le réalisateur témoigne de son attachement à la culture ancestrale de son pays: «J’ai voulu faire revivre, à travers l’histoire de cet homme et de sa terre, les derniers balbutiements de cette culture millénaire.» Avec Sami Kaftan et Shada Salim CCF, salle Montaigne, mercredi 13 octobre, à 19h15 Dans le cadre de la saison culturelle al-Mawsam, un documentaire tiré de la sélection «Arte à la rencontre du Moyen-Orient»: Les hommes de la Maison-Blanche, de William Karel (2000) – 3 films de 52 min. Voyage inédit au cœur de la diplomatie américaine, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à la guerre du Golfe. Une enquête passionnante sur l’exercice du pouvoir aux États-Unis. Ce jeudi, à 20h30, au ciné-théâtre L’Estral DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine
l Anacondas: The Hunt for the Blood Orchid
de Dwight Little

Huit ans après le premier volet, Anacondas revient sur les écrans de cinéma. Le réalisateur Dwight Little rajoute un «s», insinuant ainsi qu’il ne présentera pas un, mais plusieurs anacondas. Est-ce suffisant pour faire naître davantage de frayeur, de crainte et d’horreur? Non, rien de tout cela. Le film s’étire, les gros serpents laissent de marbre et leurs proies (un groupe de scientifiques) ennuient.
L’histoire: des chercheurs de New York décident de s’embarquer dans un voyage périlleux afin de mettre la main sur une orchidée très rare qui contient un sérum capable de préserver la jeunesse.
Exit Jennifer Lopez, Ice Cube et Owen Wilson (présents dans le premier). Le plat de résistance des grosses bébêtes est...