Rechercher
Rechercher

Actualités

COURRIER Pour dynamiser le mouvement étudiant

Depuis le silence du canon le 13 octobre 1990, la seule force qui s’oppose concrètement à l’occupation syrienne et qui traduit ses paroles par des actes, est le mouvement étudiant, à travers les amicales élues par les étudiants. Ces amicales sont souvent constituées de jeunes adhérents à des partis politiques, notamment le Courant patriotique libre, les Forces libanaises, le Parti national libéral et la Base kataëb, ainsi que quelques indépendants. Ce mouvement a atteint son apogée en 2001 et, depuis, tout observateur chevronné a sans doute remarqué le début de son déclin. Aujourd’hui, il est bien nécessaire d’analyser les causes de ce déclin afin de pouvoir définir les moyens de remédier à ce problème et de renforcer l’impact de ce phénomène. D’abord, les querelles entre les partis politiques ont un grand effet négatif sur le mouvement. Chaque parti cherche à tirer profit de tout événement organisé par les amicales. Ainsi, ces quelques têtes brûlées – que l’on retrouve partout, sur les campus et au niveau des instances de décision – oublient l’objectif principal : celui de mener une « résistance » pacifique et efficace contre l’ingérence syrienne. Aussi cherchent-ils à réaliser des gains politiques qui ne peuvent qu’être nuisibles dans le contexte actuel. La politique n’implique-t-elle pas, en dernière analyse, une lutte afin d’accéder à un pouvoir libre et souverain ? Ensuite, il y a le développement, certes discret, de la « corruption » estudiantine. Le poste de président d’amicale est en train de devenir une fin en soi, alors qu’il est supposé être un moyen au service du but ultime, celui de former un front de résistance. Il est nécessaire, dans ce cadre, de souligner l’absence de culture électorale. Les jeunes électeurs n’arrivent pas à réaliser quelle est la valeur du bulletin qu’ils déposent dans les urnes au moment des élections. Enfin, les pressions de tout genre de la part des services de renseignements libanais et non libanais, qui ne sont plus un secret pour personne, continuent à prendre pour cibles les étudiants : interpellations, arrestations, appels menaçants... À la lumière de cette situation, les raisons du recul du mouvement estudiantin paraissent claires et nettes. Pour faire face à ces problèmes, plusieurs solutions sont possibles, parmi lesquelles : – Effectuer des tables rondes et des rencontres permanentes et efficaces entre les « hauts » responsables des partis de la résistance afin d’aboutir à une véritable coalition dont la base serait, cette fois, véritablement solide. Si une telle initiative devient réalité, elle aura des conséquences directes sur la scène estudiantine, dont la création d’une dynamique productive. – Mettre l’accent sur la diffusion de la culture des droits de l’homme et de la citoyenneté à partir des écoles, dans les classes secondaires. Il faudrait que les enseignants, avec l’aide des associations de la société civile concernées, mettent au point un cours d’éducation civique riche en connaissances, et non pas se limiter à un manuel élaboré par les autorités officielles et dépassé par le temps. Ces quelques idées sont destinées à tout étudiant qui cherche à servir son pays de son mieux. L’objectif est de définir un champ de réflexion, afin que le rôle des étudiants devienne de plus en plus efficace. En d’autres termes, ce travail va de pair avec la « résistance » que nous avons choisi de mener : il s’agit de former des citoyens libanais, des hommes responsables, libres et maîtres de leur sort et de leur avenir. D’autant que notre lutte pour aboutir à un véritable Liban libre, souverain et indépendant semble devoir aboutir à plus ou moins court terme. Enfin, un petit mot pour tous les Libanais qui seraient en train de perdre espoir : « Si la route te manque, fais-la. » Jad AZKOUL Étudiant à l’USJ
Depuis le silence du canon le 13 octobre 1990, la seule force qui s’oppose concrètement à l’occupation syrienne et qui traduit ses paroles par des actes, est le mouvement étudiant, à travers les amicales élues par les étudiants. Ces amicales sont souvent constituées de jeunes adhérents à des partis politiques, notamment le Courant patriotique libre, les Forces libanaises, le Parti national libéral et la Base kataëb, ainsi que quelques indépendants. Ce mouvement a atteint son apogée en 2001 et, depuis, tout observateur chevronné a sans doute remarqué le début de son déclin. Aujourd’hui, il est bien nécessaire d’analyser les causes de ce déclin afin de pouvoir définir les moyens de remédier à ce problème et de renforcer l’impact de ce phénomène.
D’abord, les querelles entre les partis politiques ont un...