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Actualités - Rencontre

Cinéma Entre bain de sang et bain de couleurs (photo)

Les sorties de la semaine k Man on Fire de Tony Scott Le film, inspiré de faits réels, est basé sur un roman de A. J. Quinelle. Un premier long-métrage de Scott Glenn (1987) faisait lieu de la même histoire : Creasy (Denzel Washington), un soldat américain devenu garde du corps d’une famille mexicaine, se lance, assoiffé par la vengeance, dans une course contre les kidnappeurs de la petite Pita (Dakota Fanning). Le réalisateur Tony Scott (Top Gun, Enemy of the State) construit le film en deux parties distinctes. La première est une présentation des personnages, de leurs psychologies et de la nature des liens qui les unissent. Le spectateur suit notamment l’évolution du tandem Washington/Fanning. Tout est mis en œuvre afin de les rendre attachants et touchants. L’audience doit se sentir concernée. Elle doit s’identifier à la détresse et la colère de Creasy après l’enlèvement de Pita. Unis par une alchimie indéniable, les deux acteurs offrent de très beaux moments à l’histoire (sûrement les plus intéressants). Grâce à leurs magnifiques interprétations, ils arrivent à transcender des dialogues plutôt plats et bateau. La deuxième partie tombe malheureusement dans l’hémoglobine et la répétition. Le garde du corps tue pour se venger, et les scènes repassent en boucle. Le réalisateur se contente simplement de changer les proies. Du coup, l’histoire s’étire au maximum, entraînant ainsi une inévitable baisse de rythme. Les jeux d’ombres et de lumières, de ralenti et d’accélération n’y changent rien. La caméra de Tony Scott est certes stylisée, mais elle n’empêche pas l’ennui de naître. Circuit EMPIRE (sauf SOFIL et MKALLÈS), ESPACE l Princess Diaries 2: Royal Engagement de Garry Marshall Princess Diaries 2 est adapté d’une nouvelle de Meg Chabot, lequel avait également écrit celle qui a inspiré le premier volet. Fort du succès de ce dernier, les studios Disney réalisent une suite. Et comme toutes suites qui se respectent, il se dégage un sentiment très fort de déjà-vu, de «on prend les mêmes et on recommence». Résultat, le film ne ressemble à rien. Il se limite au statut de copie puisqu’il n’offre aucune nouveauté, si ce n’est que cette fois, l’action se situe en Genovie et la princesse doit se marier afin d’avoir accès au trône. Mis à part cela, le réalisateur se base sur les mêmes procédés comiques : la princesse Mia tente de déclencher les rires par le biais de sa maladresse et de son étourderie. Mais elle arrive à peine à tirer de l’audience un malheureux rictus, car lassée de devoir supporter les mêmes frasques et les mêmes situations rocambolesques. Un maigre scénario sert une histoire extrêmement sucrée, saupoudrée de sentimentalité. Garry Marshall n’oublie pas de mettre une dose importante de couleur (du rose surtout) afin d’appâter les petites filles. Ces dernières seront sûrement séduites par ce conte préados qui offre château, princesse et prince charmant. Mais les adultes n’en resteront pas moins dupes. CONCORDE, ABRAJ, ZOUK l Thunderbirds de Jonathan Frakes Le film est l’adaptation d’une série télé culte des années 60 qui mettait en vedette des marionnettes conduisant des avions en plastique. Le réalisateur Jonathan Frakes troque tous ces éléments pour de vrais personnages et des engins visuellement plus impressionnants. Restons cependant sur nos réserves quant à la portée de l’adjectif «impressionnant». Certes, les oiseaux volants sont plus attrayants, mais ils sont loin de faire perdre la tête. Idem pour les héros, les pseudo-sauveurs-moralisateurs, bien propres sur eux et toujours prêts à lancer «la» phrase instructive pleine de bons sentiments. Les personnages, assez réduits, débitent en effet des monologues qui semblent venir tout droit du monde enchanté de Disney. Dans la même veine que Spy Kids, les défenseurs de la bonne cause ne sont autres que des enfants qui se prennent pour Superman et qui brûlent d’envie de rendre justice. Inutile de préciser qu’ils y parviendront. Le gros point d’interrogation de cette farce cinématographique est la présence de Ben Kingsley. Le «sir» en personne a effectivement mis les pieds dedans. Il campe le méchant de base et, comme le veut la règle, il nous sert à l’appel regards méchants et mots méchants. Résultat, un public ennuyé et surtout embarrassé face à un grand du cinéma complètement perdu dans un film aussi petit. CONCORDE, ABRAJ, ZOUK Sorties prévues pour le jeudi 30/9 (sous réserves) : - The Bourne Supremacy, de Paul Greengrass, avec Matt Damon, Franka Potente, Brian Cox et Julia Stiles. - Les Choristes, de Christophe Barratier, avec Gérard Jugnot, François Berléand, Jacques Perrin et Jean-Baptiste Maunier. Paroles dE cinéma Caméra rapprochée Qui adapte rate Nous vivons une époque où les adaptations de séries télévisées sur grand écran vont bon train. La nouvelle vague, la nouvelle tendance venue des «States», consiste donc à choisir une bonne vieille série B qui aurait connu un certain succès et d’en faire un long-métrage. Les réalisateurs et producteurs ne voient pas très loin, se basant sur l’idée simplette que la popularité d’une émission provoque l’effet boule-de-neige et permet ainsi au long-métrage de connaître le même avenir. Mais encore faut-il offrir un script, une trame et des personnages travaillés. C’est précisément là que ces mêmes réalisateurs et producteurs sèchent. Leurs films gardent le titre des séries et omettent d’intégrer héros de poids et action palpitante. Quoi de plus facile que de coller à l’histoire les stars du moment (Lucy Liu, Ben Stiller, Cameron Diaz). L’atterrissage reste bancal, chaotique, pénible… en un mot raté. Appuyons ces arguments en nous basant sur quelques exemples de ces dernières années: Chapeau melon et bottes de cuir, The Punisher, Starsky et Hutch, Charlie et ses drôles de dames. Toutes ces adaptations partagent les mêmes gags «pouète-pouète», les mêmes scénarios plats et les mêmes personnages stéréotypés. Incroyable mais vrai, le monde du cinéma ne semble toujours pas avoir réalisé le ridicule et le pathétisme qui caractérisent ces films. Le dernier né, Thunderbirds, ne vole pas plus haut. D.D. Qui adapte rate Nous vivons une époque où les adaptations de séries télévisées sur grand écran vont bon train. La nouvelle vague, la nouvelle tendance venue des «States», consiste donc à choisir une bonne vieille série B qui aurait connu un certain succès et d’en faire un long-métrage. Les réalisateurs et producteurs ne voient pas très loin, se basant sur l’idée simplette que la popularité d’une émission provoque l’effet boule-de-neige et permet ainsi au long-métrage de connaître le même avenir. Mais encore faut-il offrir un script, une trame et des personnages travaillés. C’est précisément là que ces mêmes réalisateurs et producteurs sèchent. Leurs films gardent le titre des séries et omettent d’intégrer héros de poids et action palpitante. Quoi de plus facile que de coller à l’histoire les stars du moment (Lucy Liu, Ben Stiller, Cameron Diaz). L’atterrissage reste bancal, chaotique, pénible… en un mot raté. Appuyons ces arguments en nous basant sur quelques exemples de ces dernières années: Chapeau melon et bottes de cuir, The Punisher, Starsky et Hutch, Charlie et ses drôles de dames. Toutes ces adaptations partagent les mêmes gags «pouète-pouète», les mêmes scénarios plats et les mêmes personnages stéréotypés. Incroyable mais vrai, le monde du cinéma ne semble toujours pas avoir réalisé le ridicule et le pathétisme qui caractérisent ces films. Le dernier né, Thunderbirds, ne vole pas plus haut. D.D.ourrier The Terminal : une grosse déception Fan inconditionnelle de Spielberg, j’ai couru dans les salles de cinéma dès l’annonce de la sortie de son dernier film, The Terminal. Très loin d’être son meilleur long-métrage, j’ai été un peu déçue de l’ensemble. C’est vrai que Spielberg a choisi d’excellents acteurs pour défendre l’histoire. Les personnages principaux comme les personnages secondaires offrent tous de merveilleuses interprétations. Mais beaucoup d’éléments, comme vous l’avez d’ailleurs précisé, ne sont pas crédibles. Pour ma part, je considère que la qualité de jeu ne suffit pas à rattraper le reste. Dur à croire que Viktor Navorski apprend l’anglais en deux temps trois mouvements et qu’il charme facilement l’hôtesse de l’air (Catherine Zeta-Jones). Leur petite idylle manque vraiment de réalisme. Quant à la raison pour laquelle Viktor se rend aux États-Unis, elle est tout à fait comique. Les deux acteurs ne dégagent aucune alchimie et ne touchent pas le spectateur. Je pense que Spielberg n’a pas réussi à rendre les personnages attachants et les histoires réelles. On ne se sent absolument pas concerné par ce qui se passe tellement l’ensemble est peu probable. L’idée du film est pourtant géniale (tirée d’ailleurs d’une vraie histoire). Mais elle n’a pas été assez bien exploitée. Véronique ASMAR Contacts: Société générale de presse et d’édition SAL, Kantari, imm. Kantari Corner. E-mail: redaction@lorientlejour.com (230 mots) En gros plan Le lion de la Métro (is) «Gone With the Wind» Marché conclu. Le studio MGM a enfin trouvé un acheteur. Autant en emporte le vent... Et même le vent de l’Est – de l’extrême Sud. Est asiatique, pour être tout à fait précis. C’est la société japonaise Sony qui a emporté le morceau, laquelle contrôle déjà la Columbia. Même si Sony n’est pas seul à participer au nouveau conglomérat [1], on doit se sentir nostalgique, sinon frustré, à Hollywood : le Métro-Goldwyn-Mayer était un des grands studios des mythiques «années d’or» du cinéma américain. Mais les affaires sont les affaires, n’est-ce pas? Montant de la transaction : cinq milliards de dollars. Ce qui intéresse en priorité le repreneur, c’est évidemment la cinémathèque du studio MGM, riche de milliers de titres prestigieux : une source inépuisable de revenus considérables, en DVD, diffusions à la télévision, remakes et autres droits en tout genre. Quelle va pouvoir être l’activité proprement «cinéma» de Sony/Columbia/MGM? On ne tardera sans doute pas à être fixé à ce sujet. [1] : on suppose que United Artists, «filiale» décadente de MGM, est comprise dans le lot. Goux-PELLETAN les ciné-clubs Un tramway nommé désir (1951) d’Elia Kazan Le ciné-club de l’Esa ouvre ses portes. Au programme, un cycle «Hommage à Marlon Brando». Un tramway nommé désir est l’adaptation sur grand écran de la pièce écrite par le dramaturge Tennessee Williams. Énorme succès populaire de l’année 1947 sur les planches de Broadway, elle révèle Marlon Brando qui reprend, à l’instar de la troupe, son rôle sur grand écran, cinq ans plus tard. L’histoire : après une longue séparation, Blanche Dubois (Vivien Leigh) rejoint sa sœur Stella à la Nouvelle-Orléans. Mais son mari Stanley (Brando) n’apprécie guère les manières distinguées de Blanche et cherche à savoir quel est le véritable passé de sa belle-sœur. Malgré la dramaturgie lourdement théâtrale et l’atmosphère pesante, Kazan offre là une œuvre majeure sur la souffrance psychologique, les désirs, les frustrations et la domination, sous fond de climat sensuel violent. Les face-à-face Leigh/Brando restent mémorables. L’une se donne corps et âme à son personnage de désaxé qui sombre dans la folie, l’autre impressionne par sa présence bestiale. Auditorium de l’Esa, mardi 28 septembre à 20h30 Coup de foudre (1983) de Diane Kurys Quatre nominations aux Césars pour cette chronique intimiste de l’amitié de deux femmes représentatives de la génération qui a 20 ans à la fin de la guerre. Hautement biographique, il ne s’agit ni plus ni moins que de la vie des parents de la réalisatrice. Cette dernière exprime ses angoisses. Tout y est juste, toujours sur le fil du rasoir. L’histoire : en 1943, Lena, juive d’origine russe, est internée dans un camp. Afin d’échapper à la déportation, elle épouse un Français, Michel. Parallèlement, nous suivons la vie de Madeleine et Raymond, qui décide également de s’unir. Mais leur bonheur sera de courte durée car ce dernier sera tué par la milice. Avec Miou-Miou, Isabelle Huppert, Guy Marchand, Jean-Pierre Bacri et Robin Renucci. CCF, salle Montaigne, mercredi 29 septembre à 19h15 DYMA DEMIRDJIAN
Les sorties de la semaine k
Man on Fire
de Tony Scott
Le film, inspiré de faits réels, est basé sur un roman de A. J. Quinelle. Un premier long-métrage de Scott Glenn (1987) faisait lieu de la même histoire : Creasy (Denzel Washington), un soldat américain devenu garde du corps d’une famille mexicaine, se lance, assoiffé par la vengeance, dans une course contre les kidnappeurs de la petite Pita (Dakota Fanning).
Le réalisateur Tony Scott (Top Gun, Enemy of the State) construit le film en deux parties distinctes. La première est une présentation des personnages, de leurs psychologies et de la nature des liens qui les unissent. Le spectateur suit notamment l’évolution du tandem Washington/Fanning. Tout est mis en œuvre afin de les rendre attachants et touchants. L’audience doit se sentir concernée. Elle doit...