L’euro a renoué avec la baisse face au dollar hier sur les marchés des changes alors que les opérateurs digéraient le communiqué de la Fed publié la veille à l’occasion du relèvement de son principal taux directeur d’un quart de point en pourcentage à 1,75 %. Les intervenants, qui avaient vivement réagi à ce communiqué qui remettait en cause le scénario d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt US d’ici à la fin de l’année, ont estimé devoir prendre les gains que leur procure la récente hausse de la monnaie unique après la publication hier d’une batterie d’indicateurs ne justifiant pas son appréciation. À cet égard, ils ont fait état de l’annonce par Eurostat que les entrées de commandes dans l’industrie de la zone euro ont reculé de 0,6 % en juillet par rapport à juin, laissant craindre un ralentissement conjoncturel dans cette région surtout avec la nouvelle flambée des prix pétroliers. Ce sentiment a été renforcé par la révision en baisse de la Bandesbank de la progression des commandes dans l’industrie en Allemagne de 3 % à 2,8 % en juillet comparé à juin, alors que la croissance économique dans le pays reste encore très modeste avec seulement 0,5 % au 2e trimestre et 0,4 % au premier. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre de l’Insee que les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés sont restées stables en août après avoir fléchi de 2,9 % en juillet. En outre, les propos tenus hier par le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, devant la commission des affaires économiques et monétaires du parlement européen à Bruxelles ont également pesé sur l’euro. Celui-ci a réaffirmé que l’institut d’émission, qui n’a plus modifié son principal taux directeur (2 %) depuis juin 2003, voulait encore patienter en matière de politique monétaire, contrairement à la Fed qui a relevé son taux de référence la veille pour la 3e fois cette année depuis fin juin. Eu égard à toutes ces considérations, des rachats du dollar n’ont pas tardé à faire perdre à l’euro tous ses gains de la veille en le ramenant à New York de 1,2340 $ à 1,2255 $, en baisse de 0,69 %.
Les Bourses en forte baisse
En Bourse, l’annonce d’une baisse de 34 % des bénéfices nets de Morgan Stanley au 3e trimestre et de 9,6 % de ceux de Bear Stearns sur la même période ainsi que la nouvelle envolée des cours pétroliers ont fortement pesé sur Wall Street. L’abaissement par Deutsche Bank de sa recommandation sur Cisco qui a également réduit sa prévision de ventes pour le restant de 2004 en-deça des attentes a aussi pesé sur le Nasdaq malgré l’annonce par IBM et PeopleSoft d’un partenariat sans précédent dans les prologiciels.
Les Bourses européennes ont clôturé en baisse dans le sillage des places US, affectées par le rebond du pétrole qui a pesé sur les fabricants automobiles. Les nouvelles selon lesquelles Carrefour et Casino ont perdu cet été des parts importantes du marché ont eu un impact négatif sur le secteur de la distribution, comme l’avertissement sur résultats d’Infineon par rapport aux technologiques.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la baisse des actions A de Solidere de 7,46 $ à 7,43 $ et le maintien des actions B à 7,25 $.
Élie KAHWAGI
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