La voie semble dégagée pour une levée rapide de l’embargo européen contre la Libye, à la grande satisfaction de l’Italie qui faisait pression sur ses partenaires de l’UE pour pouvoir livrer à Tripoli des équipements militaires pour lutter contre l’immigration clandestine.
Réunis hier à Bruxelles, les ambassadeurs des 25 États membres de l’Union européenne se sont prononcés hier pour une « levée globale » de cet embargo qui date de 1986, selon des diplomates.
Le feu vert final reviendra aux ministres des Affaires étrangères lors de leur prochaine réunion les 11 et 12 octobre à Luxembourg.
« L’orientation va vers une levée... Il s’agirait d’une levée globale », a indiqué une source européenne à l’issue du débat à huis clos qu’ont eu mercredi les ambassadeurs des 25.
« Il y a accélération du débat, puisqu’on était parti vers une levée partielle et on est passé à une levée totale », a souligné un diplomate.
Dans ce contexte, trois pays, l’Allemagne, le Danemark et l’Irlande, ont demandé à procéder à des « vérifications », sans pour autant soulever de problèmes de fond.
« Il faut être prudent... Mais a priori, il ne devrait pas y avoir de surprise », a déclaré la source européenne.
L’UE avait allégé en 1999 les sanctions contre Tripoli, mais avait maintenu une série de mesures restrictives portant sur certains matériels, notamment militaires, que la Libye réclame pour pouvoir surveiller plus efficacement ses frontières.
La levée de ces mesures était réclamée depuis plusieurs mois avec insistance par Rome, qui souhaite livrer à Tripoli des équipements (vedettes, véhicules tout terrains, matériels d’observation) lui permettant de mieux contrôler ses frontières pour empêcher l’afflux d’immigrés illégaux africains.
Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a exprimé « sa vive satisfaction à la suite de l’accord obtenu aujourd’hui à Bruxelles » qui « couronne l’engagement poursuivi depuis longtemps par l’Italie » de donner à la Libye les moyens d’assurer des « patrouilles efficaces de ses frontières ».
«L’importante décision adoptée par l’UE permet maintenant de réclamer à la Libye un effort plus important dans la lutte contre l’immigration clandestine, avec des conséquences positives sur le plan de la sécurité des États de l’UE et d’une manière générale de la région méditerranéenne», a-t-il souligné.
Le ministre italien de l’Intérieur, Giuseppe Pisanu, avait brandi la menace vendredi dernier que son pays aille de l’avant en solo, si l’UE ne s’entendait pas à l’unanimité pour lever l’embargo. Plus de 800 immigrés clandestins en provenance de Libye ont débarqué le week-end dernier sur les côtes italiennes, portant le total à près de 10 000 personnes depuis le début de l’année.
L’intervention du ministre italien de l’Intérieur semblait constituer une réponse à la requête avancée le même jour dans les pages du Corriere della Sera par son homologue libyen Nasser al-Mabrouk.
Soulignant que son pays a 6 000 km de frontières, dont 2 000 de côtes, M. Mabrouk avait ajouté que, pour les surveiller, il fallait des hélicoptères, des avions, des radars, etc., matériels que Tripoli ne peut acquérir pour l’instant à cause de l’embargo.
La fin de l’embargo européen contre la Libye s’annonce comme un nouveau pas consacrant le retour de Tripoli dans la communauté internationale.
La normalisation complète des relations entre l’UE et le régime de Mouammar Kadhafi reste toutefois bloquée par la condamnation à mort en Libye de cinq infirmières bulgares accusées d’avoir provoqué une épidémie de sida dans un hôpital pédiatrique.
La Bulgarie est un pays candidat à l’adhésion à l’UE.
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Réunis hier à Bruxelles, les ambassadeurs des 25 États membres de l’Union européenne se sont prononcés hier pour une « levée globale » de cet embargo qui date de 1986, selon des diplomates.
Le feu vert final reviendra aux ministres des Affaires étrangères lors de leur prochaine réunion les 11 et 12 octobre à Luxembourg.
« L’orientation va vers une levée... Il s’agirait d’une levée globale », a indiqué une source européenne à l’issue du débat à huis clos qu’ont eu mercredi les ambassadeurs des 25.
« Il y a...