« La littérature syriaque, un carrefour des cultures » : tel a été le thème abordé par le Pr Sebastian Brock, au cours de la séance inaugurale du IXe symposium « Syriacum » organisé conjointement par l’Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek) et l’Université Saint-Joseph, à l’amphithéâtre Jean-Paul II, à l’Usek.
Dans le cadre d’une conjoncture politique, sociale, religieuse et culturelle, perturbée par la polémique soulevée à l’échelle internationale sur la théorie du « choc des civilisations », les 250 participants au symposium ont tenté de mettre en évidence le brassage culturel et religieux qui était autrefois la richesse du Moyen-Orient, dans une tentative de raviver l’interaction entre les peuples de diverses appartenances ethniques, religieuses ou culturelles.
« Toute la civilisation du Moyen-Orient, sa littérature, sa science et ses différentes langues, était imprégnée par cette culture de dialogue et d’ouverture, a souligné le recteur de l’Usek, le père Karam Rizk. Fonctionnaires, médecins, traducteurs, interprètes, artistes, architectes et écrivains en ont fait un pont entre le monde grec et les mondes sémitique et arabe. Ce qui a permis un transfert considérable de cultures. La situation des pays parlant le syriaque, sur la route de la soie, avait aussi joué un rôle certain dans sa diffusion. » Évoquant la grandeur de l’héritage, le père Rizk a rappelé que « la langue syriaque fut celle de l’Évangile, de la Bonne parole ».
Le Pr Brock a, pour sa part, donné un aperçu historique de la langue syriaque, son apport au mouvement de traduction et son interaction avec les autres langues. Il a également parlé de l’influence subie par la langue syriaque, affirmant qu’« aucune littérature n’existe dans le néant ». « Elle est continuellement sujette aux influences léguées par son passé ainsi qu’aux influences contemporaines provenant de l’extérieur, a-t-il poursuivi. De telles influences sont parfois considérées comme étant des éléments négatifs ou une sorte de domination culturelle extérieure ou une oppression. Néanmoins, ces influences constituent un enrichissement et un cataclysme qui motive de nouvelles créativités. »
Et le Pr Brock d’évoquer, dans ce cadre, les influences araméennes, mésopotamiennes, hébreuses et grecques subies par la langue syriaque, insistant sur le rôle joué par le syriaque en tant que langue médiatrice dans les mouvements de traduction.
Le IXe symposium « Syriacum » vise à insister sur l’importance de l’épanouissement culturel dont se distinguait l’Orient au cours des différentes étapes de l’histoire, à mettre également en exergue l’interaction culturelle entre les religions, les régions et les peuples qui y vivaient et à jeter les bases d’un dialogue de fond entre les cultures.
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Dans le cadre d’une conjoncture politique, sociale, religieuse et culturelle, perturbée par la polémique soulevée à l’échelle internationale sur la théorie du « choc des civilisations », les 250 participants au symposium ont tenté de mettre en évidence le brassage culturel et religieux qui était autrefois la richesse du Moyen-Orient, dans une tentative de raviver l’interaction entre les peuples de diverses appartenances ethniques, religieuses ou culturelles.
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