Le parquet de Paris va ouvrir en début de semaine une information judiciaire sur l’éventuelle existence d’une filière organisée visant à envoyer en Irak des combattants islamistes, a-t-on appris hier de source judiciaire. Cette enquête, qui devrait viser des faits « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », fait suite à des rapprochements réalisés par les services de renseignements français entre des informations résultant de dossiers judiciaires existants. La présence en Irak de combattants intégristes recrutés en France a déjà été évoquée, mais jamais confirmée catégoriquement.
C’est la première fois que la justice française se penchera spécifiquement sur ce dossier. Plusieurs éléments différents laissent penser à la police et à la justice française qu’une « filière irakienne », à l’image de la « filière afghane » des années 1990, pourrait être en train de se mettre en place depuis l’invasion de l’Irak par les forces américano-britanniques en 2003. L’enquête sur Rabeï Osman Sayed, dit « Mohammed l’Égyptien », arrêté en juin en Italie et cerveau présumé des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, semble montrer qu’il avait entrepris de recruter des volontaires en Italie, en Belgique et en France pour les envoyer en Irak.
Par ailleurs, la Syrie accueille de longue date de jeunes musulmans français attirés par les études coraniques, et le mouvement semble s’être accéléré depuis 2003. La justice prend donc en compte l’hypothèse d’un « transit » des combattants intégristes recrutés en France par ce pays. La Syrie a d’ailleurs extradé le 17 juin vers la France Saïd Arif, un Algérien soupçonné de recruter des combattants pour la Tchétchénie et qui aurait été en contact, selon la justice française, avec Abou Moussab al-Zarqawi, lieutenant supposé d’Oussama Ben Laden, qui animerait des groupes d’intégristes armés en Irak.
Enfin, en juin, dans une enquête antiterroriste, la brigade criminelle a arrêté un imam autoproclamé et des fidèles d’une salle de prière de Levallois (Hauts-de-Seine). Les policiers ont découvert que l’un des suspects avait reçu sur son téléphone portable un message écrit d’Irak le 11 juin annonçant : « Le groupe est bien arrivé, je vous contacterai si j’ai besoin d’aide. » Les cinq personnes ont été libérées sans être mises en examen par le juge Philippe Coirre, en raison, semble-t-il, d’un conflit latent au Palais de justice entre juges d’instruction et parquet de Paris. Le parquet a fait appel de cette décision. Le 1er novembre 2003, le New York Times avait déjà fait état d’une filière française vers l’Irak. Le juge Jean-Louis Bruguière, à la source semble-t-il de cet article, en avait démenti les principaux éléments, ajoutant toutefois qu’il était « incontestable qu’il existait des craintes concernant l’attractivité de ce nouveau foyer ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le parquet de Paris va ouvrir en début de semaine une information judiciaire sur l’éventuelle existence d’une filière organisée visant à envoyer en Irak des combattants islamistes, a-t-on appris hier de source judiciaire. Cette enquête, qui devrait viser des faits « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », fait suite à des rapprochements réalisés par les services de renseignements français entre des informations résultant de dossiers judiciaires existants. La présence en Irak de combattants intégristes recrutés en France a déjà été évoquée, mais jamais confirmée catégoriquement.
C’est la première fois que la justice française se penchera spécifiquement sur ce dossier. Plusieurs éléments différents laissent penser à la police et à la justice française qu’une «...