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Turquie Le projet de loi sur l’adultère menace l’adhésion à l’UE

Le Parlement turc commencera aujourd’hui à discuter d’une réforme du code pénal destinée à favoriser les chances de la Turquie d’adhérer à l’Union européenne, mais la disposition controversée sur l’adultère pourrait gâcher les aspirations européennes du gouvernement qui la défend. Le but du gouvernement du Parti de la Justice et du Développement (AKP), une formation aux origines islamistes, est d’amender la quasi-totalité des 348 articles du code adopté en 1926, trois ans après la proclamation de la République turque sur les ruines de l’empire ottoman. Mais, inspirée du code pénal de l’Italie fasciste, la législation turque est loin de satisfaire aux normes démocratiques européennes, bien qu’elle ait subi des changements au fil des ans. Le nouveau code élargit notamment les libertés individuelles et réprime la torture, sujets qui ont valu à la Turquie d’être critiquée au plan international. Il prévoit également des peines sévères pour les « crimes d’honneur ». Mais le gouvernement a décidé d’inclure dans son projet une disposition rétablissant l’adultère en tant que crime passible d’une peine de prison. La controverse intervient alors que la Commission européenne va, le 6 octobre, recommander d’ouvrir ou pas des négociations d’adhésion avec Ankara. La décision finale sera prise par les dirigeants européens le 17 décembre. Pays candidat à l’Union européenne depuis 1999, la Turquie aspire à l’ouverture de ces négociations, plusieurs responsables européens ayant toutefois déjà averti que ces pourparlers dureraient très longtemps. Guenter Verheugen, le commissaire européen chargé de l’Élargissement, s’est ouvertement opposé au projet de recriminaliser l’adultère lors d’une visite en Turquie la semaine dernière, allant jusqu’à parler d’une « plaisanterie ». Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, un dévot musulman qui affirme agir pour « protéger l’union de la famille », a refusé de faire marche arrière sur le dossier en dépit des réactions négatives. D’autres dispositions du code ne font également pas l’unanimité, comme celle qui punit d’une peine allant jusqu’à deux ans de prison les mineurs de moins de 18 ans pour une relation sexuelle.
Le Parlement turc commencera aujourd’hui à discuter d’une réforme du code pénal destinée à favoriser les chances de la Turquie d’adhérer à l’Union européenne, mais la disposition controversée sur l’adultère pourrait gâcher les aspirations européennes du gouvernement qui la défend. Le but du gouvernement du Parti de la Justice et du Développement (AKP), une formation aux origines islamistes, est d’amender la quasi-totalité des 348 articles du code adopté en 1926, trois ans après la proclamation de la République turque sur les ruines de l’empire ottoman. Mais, inspirée du code pénal de l’Italie fasciste, la législation turque est loin de satisfaire aux normes démocratiques européennes, bien qu’elle ait subi des changements au fil des ans. Le nouveau code élargit notamment les libertés...