Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

VIENT DE PARAÎTRE Saliba Doueihy: La peinture, une aventure sans limites… (photo)

Un des meilleurs peintres du Liban et qui a porté bien haut le nom de son pays. Saliba Doueihy est resté indéfectiblement fidèle à son village natal, Ehden, refuge incontestable pour la paix intérieure et inépuisable source d’inspiration. Ehden dont la lumière, l’air, la nature, les paysages, l’environnement et l’atmosphère ont sans nul doute inspiré ses toiles à l’éclat et au rayonnement si particuliers, si séducteurs. Sens du sacré marqué d’une piété profonde, mais aussi sens de l’innovation et audace avant-gardiste ont caractérisé une œuvre dense et riche sans cesse nouvelle et surprenante. Des subtils jeux de couleurs aux formes tordant de plus en plus le cou aux conventions et traditions picturales ont habité et animé une création en constante évolution, et qui a été généreusement honorée par les cimaises internationales les plus prestigieuses. Saliba Doueihy, tout en appartenant au patrimoine pictural international, n’en est pas moins aujourd’hui un des plus glorieux étendards du monde de la peinture libanaise moderne, qui cherche toutefois encore son musée au pays du Cèdre… Dans la collection Manarat min Loubnan, où ont figuré, entre autres, des portraits de Chebli Mallat, des frères Rahbani, Youssef el-Saouda, Joseph Nehmé, voilà le tour d’un peintre qui, sans renier ses origines, a eu la traversée humaine la plus mouvementée. Aujourd’hui, la parole est donnée donc à Saliba Doueihy à travers un ouvrage en arabe (avec de nombreuses illustrations de ses toiles et des photos personnelles inédites) intitulé Saliba Doueihy fi siratihi al-Zatia (Le peintre par lui-même – 191 pages). Non pas de biographie conventionnelle, figée, «distanciée», mais un livre révélant la partie secrète et presque intime du peintre à travers une correspondance qui s’étend sur plus d’un quart de siècle et où l’amitié est un flambeau à la flamme toujours vive. Une correspondance scannant la création… On découvre là un Saliba Doueihy non seulement peintre possédé par la création, mais fin épistolier doué: aussi bon plume en main que pinceau sur la toile! Saliba Doueihy, à travers sa correspondance avec le révérend père Youhanna al-Habib Sader (de l’année 1964 à 1993), narre les petits détails de la vie et jette une lumière nouvelle sur les préoccupations d’un artiste qui voulait constamment se renouveler et atteindre le meilleur de lui-même et de la vie. La création pour lui était une aventure explosive et sans limites. Des fresques et vitraux des églises (Mar Youhanna à Zghorta, Dimane, Mar Charbel à Annaya), qui témoignent de son talent, aux innombrables toiles allant du classicisme le plus rigoureux au modernisme le plus «in», Saliba Doueihy atteste ainsi d’un appétit féroce pour l’art dans toutes ses mesures et démesures… De New York, Paris, Boston, Londres, Champegny, ces lettres vibrantes de vie et de sensibilité font état des humeurs et des réactions du peintre vis-à-vis de ce qui l’entoure. Tout y passe, des projets traqués au fil du temps aux jugements de la presse et du public en passant par les moments d’exaltation ou de doute. Mais immuable reste ce coin de terre d’Ehden où, par delà la volonté de vaincre et de réussir («partir, là-bas, là-bas», comme soupire le poète), Saliba Doueihy, à travers des mots soigeusement choisis – oui il y a la graine d’un bon poète – se révèle être un fin épistolier qui a toujours le sens de l’analyse et surtout du beau. De la Caroline du Nord à l’exposition à Paris, Doueihy était constamment aux aguets et à l’écoute des autres et de lui-même. Sa dernière étape était le projet des dessins de vitraux d’une cathédrale à Chypre. Mais le sort devait décider autrement. Miné par la maladie, il devait s’éteindre à New York durant l’hiver 1994, et sur sa commode se trouvait une lettre de son ami le révérend père Sader. Bien sûr, par la suite, il eut droit à des funérailles importantes à Zghorta. Aujourd’hui il est inhumé à Ehden dans le silence et la paix d’une terre qu’il a aimée par-dessus tout et dont toute son œuvre, mélange de transparence et de couleurs vibrantes, n’est qu’un éloquent témoignage d’un ardent amour. Edgar DAVIDIAN
Un des meilleurs peintres du Liban et qui a porté bien haut le nom de son pays. Saliba Doueihy est resté indéfectiblement fidèle à son village natal, Ehden, refuge incontestable pour la paix intérieure et inépuisable source d’inspiration. Ehden dont la lumière, l’air, la nature, les paysages, l’environnement et l’atmosphère ont sans nul doute inspiré ses toiles à l’éclat et au rayonnement si particuliers, si séducteurs. Sens du sacré marqué d’une piété profonde, mais aussi sens de l’innovation et audace avant-gardiste ont caractérisé une œuvre dense et riche sans cesse nouvelle et surprenante. Des subtils jeux de couleurs aux formes tordant de plus en plus le cou aux conventions et traditions picturales ont habité et animé une création en constante évolution, et qui a été généreusement honorée...