Les couturiers libanais qui font la mode depuis quelques années avec les grands noms de la haute couture, participent, depuis hier, à une « fashion week » (« semaine de la mode »), une première au Moyen-Orient, aux côtés de créateurs arabes et européens.
Cet évènement, intitulé les « Lignes de la mode », est organisé sous l’égide du ministère du Tourisme libanais et avec l’aide de nombreux professionnels de Paris. La « fashion week » se tient jusqu’au 12 septembre à l’hôtel Metropolitan alors que Beyrouth profite de l’afflux de riches touristes arabes du Golfe, mais aussi européens, pour multiplier les évènements culturels.
Célèbres depuis quelques années à l’étranger et dans les monarchies arabes, les grands noms de la couture libanaise défilent pour la première fois de cette façon dans leur capitale où ils ont commencé à présenter hier leur collection devant la presse internationale spécialisée.
Cet évènement, dont s’enorgueillit le pays du Cèdre, a pris huit mois de préparation, selon ses organisateurs. Son but : « Faire de Beyrouth la capitale de la mode au Moyen-Orient », explique Pierre Katra, président de la Chambre syndicale de la haute couture libanaise à l’AFP, soulignant que « de nombreux couturiers libanais défilent depuis des années à Paris ou à Rome pendant la “semaine de la haute couture” ». « Le domaine de la création au Liban est très riche. Les couturiers libanais ne sont pas de simples spectateurs, ils participent activement à la mode », renchérit Dany Atrache, un passionné de mode qui fait aussi défiler ses mannequins dans la capitale libanaise.
La collection automne-hiver 2004-2005 du jeune couturier libanais Georges Hobeika, qui défile à Paris depuis huit saisons, a été présentée à l’ouverture de la « fashion week ». Très applaudis, ses mannequins ont défilé vêtues de jupes en dentelles, de robes courtes ou longues. La couture de Georges Hobeika se perd dans les saisons où l’hiver se pare ainsi de couleurs pastel et de douceur. Une collection fraîche où la pâleur des couleurs s’allie à des matières rudes et brutes. Des jeux de transparence, des couleurs indicibles, des mousselines et des dentelles.
L’Italien Grimaldi Giardina, présent à Paris depuis trois ans et parrainé par Emanuel Ungaro, Pierre Katra, la créatrice saoudienne Fawzieh al-Nafeh – élue en 2002 à Bahreïn meilleure « designer » pour ses robes de mariée – ainsi que plusieurs couturiers connus et moins connus, libanais et européens (comme l’Allemande Heidi Beck) présenteront leur nouvelle collection au cours des prochains jours.
Des chaînes de télévision locales et satellitaires arabes couvrent cette « fashion week ». « Il est temps de voir nos couturiers, qui défilent depuis des années à Paris ou à Rome, exposer leurs travaux sur des podiums libanais », a déclaré une jeune spectatrice.
Dorénavant, les « Lignes de la mode » aura lieu deux fois l’an, comme toutes les « fashion week » organisées de par le monde. Prochain rendez-vous donc : première semaine de février 2005.
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