Cette rubrique vise à donner la parole à une personnalité active sur le plan politique, social, culturel, économique, ou sportif. Cette personnalité adressera spontanément un message court – une sorte de SMS – aux jeunes. Cette semaine, nous offrons cette tribune à Assem Salam, ancien président de l’Ordre des ingénieurs et actuellement l’un des piliers du Renouveau démocratique et de l’opposition nationale.
Selon M. Salam, « nul ne peut douter des graves conséquences de la guerre civile au Liban sur la société libanaise et ses composantes ».
« La renaissance d’un Liban viable et solidement unifié pour confronter les défis locaux, régionaux et internationaux qui se posent ne peut être acquise que par une action collective de la part de la nouvelle génération. C’est à eux, étant la majorité de la population active, qu’incombe la responsabilité d’établir les assises d’un Liban nouveau, et à eux aussi que revient la responsabilité de prescrire les choix à suivre pour lancer le Liban sur les voies de la modernité et du progrès, sans lesquels les défis du 21e siècle ne pourront jamais être surmontés.
Cette tâche ne peut être entreprise sans l’adoption des principes suivants :
1- La démocratie :
Les libertés, l’exercice de la libre pensée, la représentation constitutionnelle, le libre choix et le renouveau du leadership politique sont les fondements d’une démocratie saine sans laquelle le Liban ne pourra jamais survivre.
2- Les droits de l’homme :
Le respect des droits de l’homme, prescrit par la charte des Nations unies, la lutte contre le racisme et le confessionnalisme, le refus de l’adoption des droits civils non séculaires, la lutte pour l’établissement d’une société d’égalité et de dignité, et la lutte pour les droits de la femme représentent des choix non négociables.
3- L’identité nationale et les racines culturelles :
La globalisation comme elle se pose actuellement, agressive et menaçante à tous les niveaux, politiques, économiques et culturels, pose un grave problème pour les Libanais et menace de déstabiliser la cohésion politique et civique, et risque de nuire sérieusement au rôle que le Liban, uni et souverain, pourrait jouer dans la renaissance d’un monde arabe qui cherche à sortir des ténèbres des systèmes politiques existants. Le pluralisme culturel libanais, un acquis extrêmement important pour le profil libanais, ne doit jamais orienter le Liban vers un refus ou une négligence de ses véritables racines arabes. L’identité libanaise ne peut jamais être consolidée sans une profonde réévaluation de ces rapports.
La tâche est énorme, mais les problèmes peuvent être surmontés si le choix de la nouvelle génération s’inscrit dans une action civique et politique afin de rectifier le tir. La passivité et l’émigration, qui sont compréhensibles parfois, représentent toujours une action de refus. C’est à la nouvelle génération, de toutes les composantes de la société, que revient d’œuvrer pour que le salut du Liban devienne une réalité, et c’est à elle seule de sacrifier et de lutter pour sortir le Liban de ce sombre tunnel et de donner l’espoir aux générations futures. »
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