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Actualités - Chronologie

Les Irakiens ordinaires victimes de rapts au quotidien

Deux mois avant l’enlèvement très médiatisé des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Abou Mohammed avait déjà vécu semblable cauchemar, mais, comme pour des dizaines d’autres Irakiens, enlevés dans le but d’extorquer une rançon aux familles, le rapt de son frère n’a eu aucun retentissement dans la presse. Aujourd’hui, ce boulanger bagdadi reste hanté par la voix menaçante du ravisseur annonçant que son frère ne serait épargné que contre le versement d’une somme importante. « Nous avons pu réunir une forte somme pour le faire libérer. Tout le monde se concentre sur les Français et les autres étrangers et personne ne parle des Irakiens. Mon cousin a aussi été enlevé », déplore Abou Mohammed. « C’est facile. Ils sont venus à bord de deux voitures, armés de kalachnikovs et d’une boîte de grenades, et ils ont emmené mon frère. Ils ont roulé pendant trois heures et on était à l’évidence en présence d’une chaîne de commandement. Ils avaient peut-être même une expérience militaire », explique-t-il. Les Irakiens soupçonnent des criminels endurcis, aidés par des anciens sbires de Saddam Hussein entraînés à la surveillance et aux enlèvements, d’avoir combiné leurs forces en profitant du chaos qui s’est instauré après le renversement du dictateur. Les professions libérales, principales cibles Les médecins, les dentistes et les avocats sont les cibles les plus prisées dans un pays où les policiers se préoccupent davantage des attentats-suicide dont ont été victimes des centaines de leurs collègues. Le dentiste Ali Althayali n’a ainsi pas fait réparer le téléphone de son cabinet, coupé pendant la guerre, tant il craint que des ravisseurs en profitent pour lui tendre un piège. « Seuls quelques patients connaissent mon numéro de portable. Mes trois meilleurs amis ont abandonné leur cabinet et sont partis en Jordanie. Ils avaient reçu des appels téléphoniques de ravisseurs leur annonçant qu’ils seraient les prochains, explique-t-il. J’ai même refusé des rendez-vous à des personnes demandant à se faire soigner tant je craignais qu’elles travaillent pour des preneurs d’otages. » D’autres, comme Abou Mohammed, prennent de strictes mesures de sécurité. Il ne circule entre son domicile et sa boulangerie qu’escorté de gardes du corps armés. « Mes quatre enfants n’iront pas à l’école cette année. Nous ne pouvons les y envoyer tant que l’Irak n’est pas débarrassé de ces kidnappeurs », ajoute-t-il. Et, pour l’heure, enlèvements et attentats continuent à faire partie de la vie quotidienne en Irak. Pour les Irakiens, dont les noms sont absents de la liste des otages étrangers cités à la radio ou à la télévision, le versement de la rançon semble souvent le seul moyen de recouvrer la liberté. La famille d’un Irakien enlevé récemment a ainsi appris avec effroi que son associé coopérait avec les ravisseurs, lesquels réclament 100 000 dollars. La famille, qui préfère garder l’anonymat, n’a jusqu’à présent réussi à réunir que 20 000 dollars.
Deux mois avant l’enlèvement très médiatisé des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Abou Mohammed avait déjà vécu semblable cauchemar, mais, comme pour des dizaines d’autres Irakiens, enlevés dans le but d’extorquer une rançon aux familles, le rapt de son frère n’a eu aucun retentissement dans la presse.
Aujourd’hui, ce boulanger bagdadi reste hanté par la voix menaçante du ravisseur annonçant que son frère ne serait épargné que contre le versement d’une somme importante. « Nous avons pu réunir une forte somme pour le faire libérer. Tout le monde se concentre sur les Français et les autres étrangers et personne ne parle des Irakiens. Mon cousin a aussi été enlevé », déplore Abou Mohammed. « C’est facile. Ils sont venus à bord de deux voitures, armés de kalachnikovs et...