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Les « veuves noires », épouses, mères ou sœurs de combattants indépendantistes

L’attentat à l’explosif qui a fait au moins 10 morts mardi soir à Moscou, attribué à une kamikaze tchétchène, intervient après une série d’actes terroristes commis par des femmes kamikazes tchétchènes depuis juin 2000. Appelées « veuves noires » par les médias russes, ces jeunes femmes qui s’habillent généralement de noir seraient, selon des enquêtes publiées en Russie, le plus souvent les épouses, mères ou sœurs de combattants indépendantistes tchétchènes tués lors des affrontements avec les forces fédérales ou enlevés par des hommes armés et disparus sans laisser de traces. Une opinion partagée par l’ancien représentant de la présidence indépendantiste tchétchène à Moscou, Salambek Maïgov : les femmes kamikazes auraient pour la plupart perdu leur fils ou leur mari à la guerre, et agiraient ainsi pour les venger. Les attentats-suicide commis par des femmes tchétchènes ont commencé en Russie avec la seconde guerre de Tchétchénie, après l’entrée de troupes fédérales russes dans la République caucasienne le 1er octobre 1999, et connaissent une recrudescence depuis plusieurs mois. La prise d’otages au théâtre de la Doubrovka à Moscou, en octobre 2002, avait marqué un tournant dans le rôle des femmes combattantes tchétchènes. Sur 41 membres du commando-suicide, 19 étaient des femmes, portant des voiles islamiques et des ceintures d’explosifs. Mais cette participation des femmes aux actions des indépendantistes avait eu des précédents. Le premier attentat-suicide commis par des combattantes tchétchènes remonte en effet au 7 juin 2000, lorsque deux femmes avaient attaqué une base militaire russe à Alkhan-Iourt. Le 12 mai 2003, une femme kamikaze a participé, aux côtés de deux hommes, à un attentat-suicide visant un bâtiment des forces de l’ordre à Znamenskoïe, dans le nord de la Tchétchénie. Le bilan a atteint une soixantaine de morts. Le 14 mai et le 5 juin 2003, deux attentats perpétrés par des femmes kamikazes, le premier en Tchétchénie, le second à Mozdok en Ossétie du Nord, ont fait respectivement 18 et 20 morts. Le 5 juillet 2003, deux femmes ont commis un attentat-suicide à l’explosif au cours d’un festival rock à Moscou, faisant 15 morts, sans compter les kamikazes. La double catastrophe aérienne du 24 août dernier, tuant 90 personnes à bord de deux avions Tupolev, est également attribué à des femmes kamikazes. Dans une enquête intitulée « Les fiancées d’Allah », publiée fin 2003, une journaliste russe avait affirmé que parmi ces « femmes de la mort » seulement une sur dix serait mue par une idée, tandis que les neuf autres, souvent gavées de psychotropes, seraient manipulées par des chefs de guerre, une thèse que l’on retrouve souvent dans les déclarations des responsables des services spéciaux.

L’attentat à l’explosif qui a fait au moins 10 morts mardi soir à Moscou, attribué à une kamikaze tchétchène, intervient après une série d’actes terroristes commis par des femmes kamikazes tchétchènes depuis juin 2000.
Appelées « veuves noires » par les médias russes, ces jeunes femmes qui s’habillent généralement de noir seraient, selon des enquêtes publiées en Russie, le plus souvent les épouses, mères ou sœurs de combattants indépendantistes tchétchènes tués lors des affrontements avec les forces fédérales ou enlevés par des hommes armés et disparus sans laisser de traces. Une opinion partagée par l’ancien représentant de la présidence indépendantiste tchétchène à Moscou, Salambek Maïgov : les femmes kamikazes auraient pour la plupart perdu leur fils ou leur mari à la guerre, et...