L’action Alitalia s’est effondrée hier à la Bourse de Milan alors que direction et syndicats devaient se retrouver pour des négociations décisives afin de sauver la compagnie dont les caisses seront vides d’ici à un mois.
Le titre a enregistré une forte chute hier à la Bourse de Milan, perdant 5,68 % à 0,1 875 euros, un minimum historique, en milieu de journée.
Depuis le début de l’année, le titre s’est déprécié d’environ 30 %. L’autorité de surveillance de la Bourse, la Consob, a indiqué qu’elle suivait avec attention l’évolution du titre.
Le conseil d’administration avait communiqué lundi que les liquidités du groupe Alitalia s’élèvent seulement à 72 millions d’euros dont 50 millions étaient nécessaires pour payer les salaires de septembre des 22 000 salariés. Les liquidités de la compagnie étaient, pour leur part, de 120 millions d’euros. Le patron d’Alitalia, Giancarlo Cimoli, est engagé dans une course contre la montre. Il doit obtenir d’ici au 15 septembre l’aval des syndicats à un plan de relance industriel pour 2005-2008, condition sine qua non pour un crédit-relais de 400 millions d’euros versé par une banque et garanti par l’État.
Ce plan demande de gros efforts de productivité au personnel et doit se traduire par des suppressions d’emplois. Le chiffre de plus de 6 000 suppressions de postes circule avec insistance dans la presse.
La direction a convoqué les syndicats hier pour leur exposer son « scénario stratégique » visant à assurer la survie de l’entreprise, et ceux-ci devraient pouvoir exprimer leurs réactions.
Lundi, ils ont jugé « irrecevables » les propositions de la direction pour les assistants de vol dont les heures de travail passeraient à 20 heures de vol et 24 heures de service.
Pour le Sult, syndicat catégoriel, ce modèle de travail impliquerait la suppression de 2 000 à 2 500 emplois chez les 4 800 assistants de vol, estimation démentie par Alitalia qui a affirmé ne pas encore avoir fourni de chiffres.
Toutes les organisations syndicales se disent prêtes « à trouver des accords utiles pour retrouver productivité et efficacité », mais elles soulignent que le problème de la direction est « d’augmenter les revenus et l’activité ».
Le tableau brossé lundi par la direction est sombre avec un endettement net du groupe aggravé depuis le début de l’année. Au 31 juillet, il atteignait 1,676 milliard d’euros tandis que celui de la maison-mère Alitalia cotée en Bourse se montait à 1,716 milliard d’euros.
Compte tenu de l’évolution très pénalisante des cours du pétrole ces dernières semaines, la direction s’attend pour 2004 à une perte avoisinant celle de 2003 (-519,7 millions d’euros).
Pour autant, Giancarlo Cimoli s’est montré optimiste sur les possibilités de reprise de la compagnie, voyant des perspectives de reprises dès l’hiver.
« L’action de redressement effectuée grâce à l’amélioration du réseau et des politiques commerciales permet d’espérer des signes concrets d’inversion de tendance dès la prochaine saison hivernale », note le communiqué du conseil d’administration.
La déclaration du vice-Premier ministre Gianfranco Fini, selon qui Alitalia « peut et doit se sauver », a également été perçue comme un encouragement. Le numéro deux du gouvernement a toutefois souligné qu’il fallait « alléger les coûts, rationaliser et travailler plus ».
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