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Insolite Sept années parmi les femmes musulmanes pour un jeune travesti nigérian

Un adolescent nigérian travesti a vécu sans être inquiété pendant sept ans parmi les femmes mariées de sa communauté, mais risque désormais la prison pour avoir violé les règles de la société conservatrice musulmane de Kano, au nord du Nigeria. De la cellule où il est emprisonné en attendant son procès, Abubakar Hamza a raconté s’être déguisé en fille et avoir fui son village d’Ajingi dès l’âge de 12 ans, après le divorce de ses parents et le remariage de son père avec une femme qu’il détestait. Aujourd’hui âgé de 19 ans, il a vécu pendant sept ans parmi les femmes mariées, violant ainsi la règle du « purdah », la stricte séparation des femmes et des hommes et l’obligation de réserve et de pudeur féminines imposées dans les communautés appliquant la charia à la lettre. Le jeune travesti a même attiré de jeunes hommes de Kano en quête d’épouse, tout en luttant lui-même contre l’attirance qu’il pouvait ressentir pour celles avec lesquelles il vivait nuit et jour. Mais son stratagème a été déjoué le 22 avril dernier, lorsqu’un habitant de son village, en visite à Kano, l’a reconnu et démasqué. Forcé de se déshabiller, le jeune homme a vite révélé que sa poitrine n’était qu’illusion. Il est, depuis, devenu une célébrité locale. Des photographies de lui habillé en femme, prises dans les albums de ses anciens admirateurs, sont désormais vendues en poster dans les rues de Kano pour quelque 100 nairas (70 cents). La semaine dernière, il a comparu devant un tribunal islamique dans le quartier de Yankaba, inculpé selon l’article 9 de la loi sur la prostitution et les actes immoraux de 2000. Il risque une amende de 10000 nairas (64 euros) ou un an de prison. Le procès a été ajourné au 16 septembre. Ayant échangé la modeste robe et le foulard qu’il portait depuis l’enfance pour une chemise à manches courtes, le jeune homme a demandé grâce au tribunal. « Je sais que j’ai fait quelque chose de mal, mais j’essayais seulement de gagner ma vie, a-t-il déclaré. Je promets que je vais changer et que je ne prétendrai plus jamais être une fille. » Abubakar Hamza, rebaptisée Kawajo, vendait des philtres d’amour et des aphrodisiaques aux femmes de son entourage. Le jeune homme à la voix douce a changé fréquemment de ville pour éviter d’être découvert. « Je vivais avec mes hôtes féminines, je faisais la cuisine avec elles, mangeais avec elles », explique-t-il depuis sa prison. « Je dormais dans le même lit qu’elles et tressais leurs cheveux. Elles se changeaient en ma présence, exposant leur nudité puisqu’elles pensaient que j’étais une femme. Mais je n’ai jamais osé dormir avec l’une d’entre elles par peur que ma véritable identité ne soit révélée. » Selon l’un des hommes qui l’a hébergé, le sang-froid d’Abubakar-Kawajo n’a pas eu de faille. « Elle a vécu dans ma maison pendant quatre ans et n’a jamais montré la moindre trace de virilité, et mes filles qui ont partagé leur lit avec elle ne se sont jamais plaintes de comportement étrange de sa part », a affirmé devant le tribunal Mohammed, un épicier. Le jeune travesti a même attiré tellement de soupirants que l’un de ses hôtes a dû lui demander de choisir un époux ou de cesser d’accepter les visites de ces hommes. « Je leur disais que je n’étais pas prête à me marier, alors ils discutaient seulement avec moi et me couvraient de cadeaux et d’argent si bien que j’ai fini par apprécier cela car je gagnais ainsi ma vie », explique avec naïveté Abubakar, dont la transgression survient en plein débat sur l’application de la charia dans le nord du Nigeria.
Un adolescent nigérian travesti a vécu sans être inquiété pendant sept ans parmi les femmes mariées de sa communauté, mais risque désormais la prison pour avoir violé les règles de la société conservatrice musulmane de Kano, au nord du Nigeria.
De la cellule où il est emprisonné en attendant son procès, Abubakar Hamza a raconté s’être déguisé en fille et avoir fui son village d’Ajingi dès l’âge de 12 ans, après le divorce de ses parents et le remariage de son père avec une femme qu’il détestait.
Aujourd’hui âgé de 19 ans, il a vécu pendant sept ans parmi les femmes mariées, violant ainsi la règle du « purdah », la stricte séparation des femmes et des hommes et l’obligation de réserve et de pudeur féminines imposées dans les communautés appliquant la charia à la lettre.
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