Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

LES ENDROITS BRANCHÉS Art Lounge, un espace de culture et de relaxation (Photos)

Le concept est nouveau, du moins au Liban où la culture et l’art se battent pour trouver une place légitime. Le courageux, l’intrépide Nino Azzi, certains diront qu’il est complètement fou, lui-même un grand passionné d’art, semble avoir trouvé cette place. Il s’y est installé depuis quelques mois. Les curieux, les esthètes et les noctambules ont suivi… Il n’a pas pignon sur rue, juste une enseigne en néon blanc dans une rue passante. Il n’a pas choisi un secteur « à la mode de chez nous. » Pour arriver au Art Lounge, et ce choix fait partie du concept underground de l’art et du lieu, il faut trouver son chemin dans les dédales du quartier al-Nahr, tout près de Borj Hammoud. Quelques escaliers – trop – discrets vous mèneront à destination : une ancienne usine de coton, abandonnée depuis 10 ans, magnifiquement récupérée par Nino Azzi et transformée en «Art Lounge». « J’ai passé cinq années à la recherche d’un endroit pareil. J’ai été dans les zones les plus retirées. Il me fallait ce caractère industriel, qui est l’idée majeure de l’endroit, pour que l’art soit accessible à tous, que ce ne soit pas quelque chose d’intimidant. J’ai voulu en faire un produit de masse et établir une interaction avec les gens. » Un espace brut où l’art s’expose et s’exprime, où il dialogue avec les personnes présentes – d’ailleurs elles sont venues pour ça –, par le biais de couleurs, de formes et de mots qui s’adressent directement à leur sensibilité. Lorsque le dialogue se fait dans une ambiance feutrée, presque à demi-mots et à basse voix, sur un fond de musique zen, c’est le nirvana ! Une architecture particulière Le grand espace est presque intact. « Il garde toujours ce caractère de chantier, » précise Nino. Le plafond en béton, les ventilateurs suspendus, les meubles des années 70 et les tableaux contemporains accrochés au mur, tout ce désordre très cohérent, l’éclairage, enfin, léger et chaud, l’« atmosphère, atmosphère… » créent des petites surprises. « Beaucoup de gens ont mis des toiles dans des restaurants, ce n’était pas mon but. » Dans ce lieu culturel, il fallait donc une bibliothèque, une galerie où l’on peut s’asseoir, prendre un verre, regarder, lire ; et un bar où aligner des centaines de petites bouteilles, souvenirs de lieux, de passages, de rencontres. Le décor est planté. « Je suis un collectionneur », souligne Nino Azzi. Drôle de type, ce Nino, qui vit calmement sur sa planète-culture. Directeur commercial chez Impact BBDO pendant quelques années, il quitte tout pour ce projet. « Le “Art Lounge” a été créé en 1998. Je faisais des études à New York, c’est là-bas que l’inspiration m’est venue.» Après des études en marketing et management, il cherche l’idée qui lui donnera envie de créer un concept différent, plus stimulant. « Mon but n’était pas d’être recruté dans une compagnie de 9 heures à 17 heures, mais de trouver quelque chose de constructif qui me motive, qui me fasse réveiller tous les jours. » Une idée qui devait forcément passer par l’art. « J’ai eu cette idée de “lounge” qui n’existe pas vraiment au Liban, avec la notion de se laisser aller, se relaxer, prendre une pause. De plus, je suis amoureux de la nuit et de l’art. Il fallait joindre les deux. » L’union est parfaite. L’appellation est enregistrée, la recherche du lieu est lancée. « Le tout a pris cinq ans pour se faire. C’était quelque chose de très personnel, je ne voulais pas de partenaires. » Cinq ans de préparation et d’attente, c’est long. « J’étais sur des charbons ardents. Pour me calmer, j’ai organisé des expositions sous le label de “Art Lounge”, j’ai même publié un livre intitulé Mood Swings sur les lieux de nuit à Beyrouth.» Il a également amassé une importante collection de tableaux de peintres internationaux. Un espace de création d’art contemporain « Maintenant, je me suis un peu calmé », poursuit Nino. Normal, son bébé a ouvert ses portes le 18 avril 2004 et reçoit les jeudis, vendredis, samedis et dimanches, à partir de 19 heures. « La réaction a été très positive. » Outre les différentes expositions et conférences qui s’y préparent, le Art Lounge est « emprunté » pour des événements qui occupent et habillent les lieux, à l’occasion d’une soirée souvent très particulière. « En deux semaines, l’endroit a changé trois fois de peau. C’est important qu’il soit flexible, polyvalent et modelable. Tout événement qui a un caractère artistique m’intéresse, tant qu’il peut coller à l’esprit qui règne ici. Il doit aussi avoir quelque chose qui fasse réagir les gens d’une façon très positive. » « Goûter, renifler, voir, toucher et sentir l’art », vous conseille-t-on sur le carton. Une invitation à abuser de cette galerie-lounge où, la nuit, les chats ne sont plus gris, mais rouge, orange, bleu ou vert, à la manière de Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou Ivan Jensen. À la manière de Nino Azzi… Carla HENOUD
Le concept est nouveau, du moins au Liban où la culture et l’art se battent pour trouver une place légitime. Le courageux, l’intrépide Nino Azzi, certains diront qu’il est complètement fou, lui-même un grand passionné d’art, semble avoir trouvé cette place. Il s’y est installé depuis quelques mois. Les curieux, les esthètes et les noctambules ont suivi…
Il n’a pas pignon sur rue, juste une enseigne en néon blanc dans une rue passante. Il n’a pas choisi un secteur « à la mode de chez nous. » Pour arriver au Art Lounge, et ce choix fait partie du concept underground de l’art et du lieu, il faut trouver son chemin dans les dédales du quartier al-Nahr, tout près de Borj Hammoud. Quelques escaliers – trop – discrets vous mèneront à destination : une ancienne usine de coton, abandonnée depuis 10 ans,...