Rechercher
Rechercher

Actualités

ÉCHOS L’Académie de Sablé, temple estival de la «Belle Danse» depuis 25 ans (photo)

Depuis un quart de siècle, l’Académie de Sablé part chaque été pendant dix jours à la redécouverte de la «Belle Danse», un art qui s’est épanoui dans la France de Louis XIV et suscite aujourd’hui des vocations dans le monde entier. Jusqu’au 29 août, 109 stagiaires de 16 nationalités – de l’Europe au Japon et aux États-Unis – suivent des enseignements très pointus dispensés par l’académie parallèlement au Festival de Sablé (24-28 août), haut lieu de la musique et de la danse baroques en France. Parmi eux, 45 danseurs dont l’origine (étudiants, artistes, retraités...), le niveau, l’âge et les motivations diffèrent. «C’est un moyen pour moi d’augmenter mon vocabulaire chorégraphique», explique à l’Espagnol Cesar Casares, 30 ans, danseur professionnel venu à Sablé avec ses collègues de la compagnie madrilène Esquivel. Fidèle de l’académie depuis plusieurs années, Muriel Thomas, une mère au foyer de 43 ans originaire de la région parisienne, se dit de son côté attirée « par tout ce qui tourne autour de cette période (fin XVIIe siècle, début XVIIIe): l’architecture, le costume, etc. Ici, je peux approfondir une époque qui m’est chère.» «Cette académie est unique en Europe. Je suis allée me former en Angleterre et en Allemagne, mais je n’y ai pas trouvé d’équivalent à ce que l’on propose ici. La danse baroque est née en France et, aujourd’hui, elle y est bien transmise », estime pour sa part la Lituanienne Jurate Sirvyte, 27 ans, qui travaille à l’Opéra de Vilnius comme assistante à la mise en scène. Tous les stagiaires viennent à Sablé pour retrouver le lien intime qui unissait musique et danse à l’âge baroque, relation que l’académie a placé au cœur de sa démarche artistique. «Quand on parle de danse baroque, ce n’est pas que le corps : c’est l’écriture, l’oreille – qui doit être très fine – l’esthétique, le style. C’est un tout», souligne Cecilia Gracio Moura, formatrice à l’académie. Courantes, gavottes, rigaudons, menuets... La France du Roi-Soleil, qui fit créer en 1661 la fameuse Académie royale de la danse, porta à leur accomplissement des formes souvent héritées des traditions populaires, pour en faire une marque de distinction et de raffinement à la cour. Partitions chorégraphiques en main, les danseurs-stagiaires de l’Académie de Sablé étudient aujourd’hui la richesse de ce qu’on appelait la «Belle Danse», forte de 11 familles de pas différents (contretemps, jetés, glissés, tombés...). Ce travail, associé à celui des musiciens de l’académie, doit déboucher sur la présentation, le 29 août, d’une œuvre commune, Acis et Galatea, de Lully, pastorale héroïque de 1686. En quelques décennies, sous l’action notamment de Francine Lancelot (1929-2003), pionnière du renouveau du genre à laquelle cette académie 2004 est dédiée, la pratique de la danse ancienne a essaimé en France, portée par quelques compagnies (L’Éventail, L’Éclat des muses, Les Fêtes galantes...). L’enseignement de la discipline reste cependant limité. «Il n’y a pas encore de cursus complet de danse baroque en France. Les conservatoires ont intégré la musique ancienne, de façon très localisée, mais pas encore la danse», déplore Jean-Bernard Meunier, directeur de l’Académie et du Festival de Sablé.
Depuis un quart de siècle, l’Académie de Sablé part chaque été pendant dix jours à la redécouverte de la «Belle Danse», un art qui s’est épanoui dans la France de Louis XIV et suscite aujourd’hui des vocations dans le monde entier.
Jusqu’au 29 août, 109 stagiaires de 16 nationalités – de l’Europe au Japon et aux États-Unis – suivent des enseignements très pointus dispensés par l’académie parallèlement au Festival de Sablé (24-28 août), haut lieu de la musique et de la danse baroques en France. Parmi eux, 45 danseurs dont l’origine (étudiants, artistes, retraités...), le niveau, l’âge et les motivations diffèrent.
«C’est un moyen pour moi d’augmenter mon vocabulaire chorégraphique», explique à l’Espagnol Cesar Casares, 30 ans, danseur professionnel venu à Sablé avec ses collègues...