L’expulsion mardi de l’opposant Shahbaz Sharif, frère de l’ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, est une nouvelle preuve du contrôle ferme que maintient l’armée sur la République islamique en dépit de nouveaux projets pour en diminuer les effectifs.
Shahbaz Sharif, dont le frère avait été renversé par Pervez Musharraf lors de son coup d’État d’octobre 1999, avait défié le pouvoir en regagnant le Pakistan après plus de trois ans d’exil forcé en Arabie saoudite. Il avait atterri lundi soir à Lahore pour se voir immédiatement expulsé.
La mesure a été exécutée malgré un arrêt de la Cour suprême du mois dernier qui avait jugé que Shahbaz Sharif avait le droit de rentrer au pays.
« Aucun gouvernement d’un pays où règne la loi ne pourrait avoir expulsé Shahbaz Sharif après un arrêt de la Cour suprême », estime le politologue Mohammed Afzal Niazi.
Shahbaz et Nawaz Sharif, leurs parents, femmes et enfants avaient été expulsés en Arabie saoudite en décembre 2000 en vertu d’un accord obtenu sous la médiation de la famille royale saoudienne qui avait facilité la libération de Nawaz Sharif, alors détenu pour évasion fiscale et trahison. Le gouvernement Musharraf assure que la famille Sharif avait alors convenu de rester hors du Pakistan jusqu’en 2010, ce que contestent les Sharif.
Ces derniers mènent le plus important et le plus fidèle parti d’opposition anti-Musharraf, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N).
« L’expulsion de Shahbaz Sharif a été effectuée avant tout par les autorités militaires et les services de renseignements », déclare le politologue Hassan Askari. « L’armée distribue les cartes et prend les décisions politiques », explique-t-il, même si le pouvoir civil contrôle le poste de Premier ministre et le Parlement élu. Et la réduction des effectifs de l’armée, qui doivent passer de 550 000 à 500 000, ne viendra pas entamer le pouvoir des militaires, estiment les experts, qui soulignent que le chef des armées, le général Musharraf, reste président.
En avril, l’armée avait gagné une nouvelle bataille, le Parlement approuvant la création d’un Conseil national de la sécurité, un corps formé de civils et de militaires destiné à déterminer la politique sur des questions-clefs de la sécurité. « La création du Conseil était voulue depuis longtemps par les généraux afin de réécrire à leur avantage l’équation du pouvoir entre militaires et civils », accuse le sénateur Farhatullah Babar, membre du Parti du peuple pakistanais (PPP, opposition).
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Shahbaz Sharif, dont le frère avait été renversé par Pervez Musharraf lors de son coup d’État d’octobre 1999, avait défié le pouvoir en regagnant le Pakistan après plus de trois ans d’exil forcé en Arabie saoudite. Il avait atterri lundi soir à Lahore pour se voir immédiatement expulsé.
La mesure a été exécutée malgré un arrêt de la Cour suprême du mois dernier qui avait jugé que Shahbaz Sharif avait le droit de rentrer au pays.
« Aucun gouvernement d’un pays où règne la loi ne pourrait avoir expulsé Shahbaz Sharif après un arrêt...