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Actualités - Reportage

Mode Bijoux à l’encan à l’hôtel «Phoenicia» (Photos)

En Orient plus qu’ailleurs, et particulièrement au Liban, rien de tel qu’un bijou pour faire briller les yeux des femmes. Chez nous, c’est bien connu, on n’a jamais peur d’en faire trop, et les parures ne craignent pas de se montrer, de jour comme de nuit, à la piscine ou en boîte, pour déjeuner entre copines comme pour taper le courrier du patron. Depuis plusieurs années, les bijoutiers libanais ne s’étonnent plus de voir débarquer dans leurs boutiques des clientes chargées de vieux bijoux « à échanger », histoire de rafraîchir leur collection à moindres frais. Souvent, ces derniers, démodés, vont à la casse et ne sont rachetés qu’au poids. Or la mode, capricieuse, souvent revient, et l’on en arrive à regretter des objets dont on s’était séparé sans état d’âme. Ces fonds de tiroirs, chargés d’amours échouées, d’élans irraisonnés, de souvenirs lassants, n’en sont pas moins de petits coffres à trésors. On y trouve des pierres magnifiques, des montures complexes bien qu’à la mode d’un autre temps. C’est donc dans l’idée de donner une seconde vie a ces bijoux en désamour que Selim Mouzannar a pris l’initiative d’organiser une vente aux enchères, annuelle ou bisannuelle selon les opportunités. Ce sont donc près de cinq cents pièces, anciennes et modernes, bagues, boucles d’oreille, bracelets, colliers, boutons de manchettes, parures, montres, pierres précieuses sans montures, qui ont été proposées hier aux enchères organisées à l’hôtel Phoenicia. Provenant aussi bien de collections particulières que de fonds de bijoutiers, ces objets étaient proposés à des prix nettement inférieurs à leur valeur réelle. Parmi les pièces vedettes, deux diamants taillés émeraude, non montés, un VVS2 de 7,14 carats, et l’autre de 4,03 cts, étaient proposés autour de 9000$ US et certifiés HRD. Un solitaire orné d’un diamant taille marquise de 3,10 cts, accompagné de deux petits brillants taille poire, était proposé à partir de 16700$ US. Un autre, pour un diamant de 5,07 cts, taille marquise, certifié GIA, démarrait à 9240$ US. Une série de montres de collection, notamment de Boucheron, Rolex, Cartier, Piaget et Audemars Piguet, en or ou en acier, affichaient entre 1305 et 8500$ US. Mouzannar, quant à lui, déclarait une nette préférence pour ces bijoux de l’époque ottomane, plus connus sous le nom de « falamanc ». Le « falamanc », expliquait-il, est une déformation du mot « flamand ». Il s’agit de pierres précieuses, notamment de diamants et de rubis, taillées sous la forme dite « de rose ». C’est une taille plate qui prive la pierre de la pointe qui en assure l’éclat. En compensation, on tapissait le culot de la pierre d’une feuille d’argent. Moins coûteuse et plus accessible aux moyens limités des artisans, cette coupe était très populaire dans nos régions au début du siècle dernier. Une collection des plus hétéroclites, comportant aussi bien de réelles trouvailles que des bijoux sans grand intérêt, mais dont le but avoué est de relancer la dynamique du marché du bijou au Liban. Il est certain qu’on en reparlera. UN PEU D’HISTOIRE - Du «chic parisien» à la nouvelle vague La mode des années soixante examinée par des chercheurs du CNRS L’extraordinaire foisonnement de la mode, sa généralisation à des domaines les plus divers, et son importance sur le plan de la consommation lui confèrent une place non négligeable dans le champ historique. Cependant, l’histoire contemporaine s’y est encore peu intéressée. Comme si le caractère éphémère de la mode et la versatilité qui lui est attribuée lui ôtaient le privilège de devenir un objet d’histoire. D’où l’idée, dans la lignée des travaux entrepris par l’Institut d’histoire du temps présent du CNRS sur les années 1960, de regrouper des chercheurs ayant en commun un intérêt pour la mode de la seconde moitié du XXe siècle. Ce projet, dont le dossier «La mode des années soixante» n’est qu’une première amorce, a l’ambition d’explorer un domaine encore négligé de l’histoire des modes de vie dans le monde contemporain. L’histoire situe précisément ce phénomène temporel cyclique, que les rappels de saisons (printemps-été, automne-hiver), d’années (1947 ou le New Look, 1964 ou la minijupe) ou de décennies (les années 1960) reprennent en refrain en le dégageant du temps de l’actualité pour l’inscrire dans celui de la durée. Malgré son caractère éphémère, la mode vestimentaire imprime une série d’images incisives, points de repère aisément identifiables. Ainsi la femme-fleur de Christian Dior, la fille sportive vêtue d’une combinaison d’astronaute par Courrèges ou encore les jeunes hippies associant dans leur tenue les folklores les plus extraordinaires sont autant de jalons datés : 1947, 1965, 1974. Chacun à sa manière témoigne d’un esprit de changement sans lequel il n’y a pas de mode. La démarche de ce groupe de recherche consacré à la mode des années soixante est de ne pas confiner cet objet d’étude à l’événementiel mais de proposer des niveaux d’explications et de fournir des jeux d’échelles multidisciplinaires, en mobilisant des ressources telles que celles de la philosophie, l’anthropologie, la sémiologie, la psychanalyse, la sociologie et plus récemment l’économie et l’archéologie industrielle. La production d’ouvrages de réflexion sur la mode est largement dominée par l’Angleterre et relayée par les États-Unis, même si des sociologues français (Jean Baudrillard, Pierre Bourdieu), des sémiologues (Roland Barthes), des philosophes (Gilles Lipowetsky) ont apporté des contributions conséquentes. La création d’un musée de la mode, le succès des monographies ou des expositions consacrées aux couturiers du XXe siècle et aux créateurs, la place donnée au sujet par les médias sont autant de preuves d’une pratique sociale, culturelle et esthétique qui conquiert ses lettres de noblesse auprès du grand public et que la recherche se doit de prendre en compte. La robe «Vichy» de B. B. À l’heure du nouveau roman et de la nouvelle vague (1956-1957), la mode commence à «révolutionner» la vie quotidienne dès 1958. À ces révolutions (conquêtes technologiques, transformations des pratiques et des rites vestimentaires) correspond le recul d’un ou de plusieurs systèmes de mode au profit de courants ou de contre-courants de mode. L’arbitraire du signe devient un jeu, comme l’illustre cet exemple de la robe de coton à carreaux rose et blanc que Brigitte Bardot portait pour son second mariage en 1959. Arborant la toile de Vichy utilisée pour la confection de tabliers d’écoliers, Brigitte Bardot façonne l’image inédite d’une femme-enfant et s’affranchit des préceptes moraux contemporains relatifs au rite du mariage et à la sexualité féminine. La mode se livre à un mélange des genres dès les années 1960 par la multiplication des détournements, des ambiguïtés, des brouillages, sans oublier la magie de sa mise en scène. «Le temps des copains» ou une mode très rock and roll À partir de 1960, la mode se débarrasse de tout système de représentations tributaires d’un statut social. D’autres critères apparaissent, liés à la place grandissante des 16-20 ans qui s’affirment comme l’expression d’une culture juvénile propre : c’est l’émergence d’une presse et d’un style vestimentaire spécifiques avec la montée des «idoles» et le temps des «copains» sans distinction de classe. «Dim dam dom» et le baby boom Les années 1960 voient l’émergence des magazines féminins et des émissions télévisées qui influencent les goûts vestimentaires des femmes dont la place grandissante sur le marché du travail ne cesse de croître. La mode n’est plus un choix social rigide, ni l’apanage d’une élite et cède la place à la jeunesse et à une société de consommation. La diffusion du prêt-à-porter va de pair avec l’arrivée sur le marché des enfants du baby boom, qui consacrent une part importante de leur budget à des achats vestimentaires. Le vêtement se transforme peu à peu en produit de consommation de masse. Si les 16-20 ans «consomment de la mode», ils en sont aussi le moteur et lui impriment leur marque, d’où un basculement significatif que voudrait mettre en lumière le groupe de recherche. En devenant un phénomène de masse et un moteur économique qui dépasse le domaine du vêtement, la mode des années soixante change insensiblement de sens. Une nouvelle «culture» apparaît qui met en scène à la fois les acteurs professionnels tels que les stylistes, les créateurs, les maisons de couture mais aussi les journalistes de la presse féminine, les publicistes, etc. S’ils consomment de la mode, les «jeunes» la créent à partir de références, de codes extérieurs au monde de la couture. Ce sont bien des vêtements qui sont produits, mais c’est de la mode qui est consommée. Celle-ci est désormais présente dans tous les domaines. endances Un tour du monde du look: Paris Si la mode est la même partout, reflet des images dans les magazines et des vedettes qui la portent, elle a pourtant ses particularités d’une capitale à l’autre. Avec les mêmes ingrédients de base fournis par les boutiques du monde entier, une Milanaise, une Libanaise, une Japonaise, une Parisienne ou une New-Yorkaise ne choisiront pas la même composition. Petit coup d’œil indiscret sur les manies vestimentaires françaises. Le look des Françaises est difficile à décrypter : car il est simple, décontracté… tout en étant très sophistiqué ! Par exemple, elles ne sont, en apparence, pas tellement maquillées. Mais en réalité, l’ensemble est très étudié pour paraître naturel. En effet, pour être de «bon goût», il est conseillé de ne jamais être trop habillée (mieux vaut être «under-dressed» à une réception qu’endimanchée!). Au niveau des vêtements comme du maquillage, être chic, c’est se faire discrète. - Les couleurs «passées» ou les tonalités sourdes (taupe, beige, kaki, gris) à choisir devant une glace pour illuminer son teint. – Le vintage: tout ce qui est usé traduit un attachement à sa culture. Rien ne vaut une fleur en tissu de notre grand-mère, des perles vieilles d’au moins vingt ans… Il faut fouiller dans les greniers ! – Les petits signes : puisque le look des Parisiennes est globalement discret, le moindre détail compte : une doublure de vêtement, un point sellier sur un accessoire… on vous regardera à la loupe, alors misez sur la micro-attraction! FIFI ABOUDIB
En Orient plus qu’ailleurs, et particulièrement au Liban, rien de tel qu’un bijou pour faire briller les yeux des femmes. Chez nous, c’est bien connu, on n’a jamais peur d’en faire trop, et les parures ne craignent pas de se montrer, de jour comme de nuit, à la piscine ou en boîte, pour déjeuner entre copines comme pour taper le courrier du patron. Depuis plusieurs années, les bijoutiers libanais ne s’étonnent plus de voir débarquer dans leurs boutiques des clientes chargées de vieux bijoux « à échanger », histoire de rafraîchir leur collection à moindres frais. Souvent, ces derniers, démodés, vont à la casse et ne sont rachetés qu’au poids. Or la mode, capricieuse, souvent revient, et l’on en arrive à regretter des objets dont on s’était séparé sans état d’âme. Ces fonds de tiroirs, chargés...