Le mois d’août est traditionnellement la période la plus propice aux tournages de films à Paris du fait d’un trafic moins dense, même si le succès de Paris-Plage relativise depuis quelques années cette exception estivale.
«On a refusé que deux personnes courent nues dans la rue», confie le capitaine Sylvie Barnaud, de la Cellule des prises de vues à la préfecture de Paris: seul l’outrage aux bonnes mœurs semble en mesure d’entraver l’omniprésence des tournages de cinéma dans la capitale.
Environ 90 longs-métrages sont tournés chaque année sur la voie publique, dont 50 «représentatifs», qui identifient bien la ville, selon une responsable du Bureau des tournages parisiens de la mairie.
«Paris est un studio merveilleux », ajoute-t-elle, et de surcroît gratuit: les formalités ne sont qu’administratives. L’autorisation de tourner doit être soumise à la mairie et à la préfecture, qui décortiquent les scènes. C’est la ville qui mandate des sociétés pour intervenir si nécessaire sur la voirie et démonter le mobilier urbain, pour les films historiques notamment.
Les autorisations portent sur les coupures de la circulation, intermittentes ou durables. Sylvie Barnaud envoie parfois les réalisateurs vers un autre décor afin de « ne pas générer trop de gêne pour les riverains ».
Et la gêne provient généralement du stationnement. À la mairie du IXe arrondissement, très prisé, on évoque des «plaintes ponctuelles» de riverains. Réitérées en 2003: une femme avait loué plusieurs mois dans l’année son appartement rue d’Aumale à des sociétés de production, qui occupaient les places de stationnement. «Ça arrive souvent dans le XVIe et le VIIIe: les gens ne comprennent pas pourquoi on garde les places», affirme de son côté Frédéric Lettinger, de l’entreprise de «ventousage» ASI Sécurité. Ses employés se positionnent dans la rue en attendant que les places nécessaires à l’équipe de tournage se libèrent, et y déposent plots et barrières. Ce dispositif prend de l’ampleur avec la «grosse logistique» des films américains, trois ou quatre par an, selon le capitaine Barnaud, citant Ocean Twelve en juin et La panthère rose en juillet.
Pour les films policiers, les détonations sont interdites mais le port d’armes factices autorisé, dans le strict cadre du tournage. La mise à disposition hors champ de (vrais) policiers, pour des questions de sécurité, est payante: 8,78 euros par heure et par fonctionnaire. Comme l’est l’autorisation de tourner sur les sites classés dans le patrimoine municipal (parcs et jardins, équipements sportifs, cimetières, lieux de culte berges de la Seine...).
Les monuments nationaux doivent aussi être consultés avant d’être immortalisés sur pellicule, une énième fois.
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