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Actualités - Chronologie

ÉNERGIE Le pétrole aura beau flamber, les réserves stratégiques resteront intouchées

Les pays occidentaux disposent depuis les chocs pétroliers des années 70 de gigantesques réserves « stratégiques » de brut, mais elles sont exclusivement destinées à faire face aux crises d’approvisionnement et ne sauraient être utilisées pour enrayer la flambée actuelle des cours. Les prix du pétrole ont atteint de nouveaux records vendredi : à New York, le baril de brut a clôturé à 46,58 dollars. À Londres, le Brent a atteint un sommet de 43,92 dollars en séance. De tels niveaux sont « irrationnels » car il n’y a pas de pénurie de pétrole à l’heure actuelle, s’est insurgée mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en charge de la sécurité énergétique des pays occidentaux de l’OCDE. Cela n’appelle par conséquent pas de mesures concrètes de sa part, explique Harry Tchilinguirian, expert en stocks auprès de l’AIE : « Le fait que les cours montent ne justifie nullement une intervention », souligne-t-il. Née en novembre 1974 en réponse à la grave crise énergétique issue de la guerre du Kippour (1973), l’AIE a pour rôle de prévenir et de gérer pour les membres de l’OCDE les situations pouvant mettre en cause l’approvisionnement en énergie de ses membres. Sa principale arme en la matière : plus de 1,4 milliard de barils de « stocks stratégiques », ce qui correspond à au moins 90 jours d’importations, répartis parmi ses pays membres. Seuls sont exemptés de l’obligation d’entretenir des réserves les pays exportateurs nets de brut, c’est-à-dire la Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark et la Norvège. « Ces réserves ne sont pas destinées à manipuler les cours », a prévenu de son côté le secrétaire américain à l’Énergie, Spencer Abraham. « La raison pour laquelle nous avons des réserves stratégiques pétrolières, c’est pour nous protéger dans l’éventualité où quelqu’un, terroriste ou autre, ou juste un acte de la nature, perturbe la production de pétrole de manière significative. Et cela n’est pas arrivé », a-t-il ajouté. De fait, les crises réellement graves en termes d’approvisionnement en pétrole sont relativement peu fréquentes, et l’AIE, depuis sa création, n’a eu qu’une seule fois recours à ses stocks stratégiques : lors du début de la guerre du Golfe en janvier 1991. Elle avait alors déversé sur le marché quelque 2,5 millions de barils par jour (mbj), soit un peu moins de la production vénézuélienne actuelle. D’autres crises ont également perturbé le flot de pétrole en direction des pays occidentaux, mais sans contraindre l’agence à puiser dans ses stocks. La plus grave fut la révolution iranienne en 1978-79, qui causa une pénurie équivalente à 5,3 mbj. La guerre Iran-Irak de 1980-81 amputa les livraisons à hauteur de 4,1 mbj, tandis que la récente guerre en Irak eut un impact limité à 2,3 mbj, soit moins que la grande grève du secteur pétrolier de 2002-03 au Venezuela (2,6 mbj). En cas de risque de perturbation, les décisions sont prises par un directoire composé de responsables des pays membres : outre l’éventuelle mobilisation des réserves, l’AIE peut décider de mesures visant à limiter la consommation et coordonner l’action d’urgence des différentes organisations nationales. Les stocks stratégiques ne sont pas les seuls dans lesquels les pays consommateurs peuvent s’approvisionner si nécessaire : ils sont complétés par les stocks dits « commerciaux » des entreprises, lesquels correspondent actuellement à environ 52 jours de consommation dans la zone OCDE.
Les pays occidentaux disposent depuis les chocs pétroliers des années 70 de gigantesques réserves « stratégiques » de brut, mais elles sont exclusivement destinées à faire face aux crises d’approvisionnement et ne sauraient être utilisées pour enrayer la flambée actuelle des cours.
Les prix du pétrole ont atteint de nouveaux records vendredi : à New York, le baril de brut a clôturé à 46,58 dollars. À Londres, le Brent a atteint un sommet de 43,92 dollars en séance.
De tels niveaux sont « irrationnels » car il n’y a pas de pénurie de pétrole à l’heure actuelle, s’est insurgée mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en charge de la sécurité énergétique des pays occidentaux de l’OCDE.
Cela n’appelle par conséquent pas de mesures concrètes de sa part, explique Harry...