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ÉVÉNEMENT Athènes a fait sa révolution culturelle à l’occasion des Jeux (photo)

Pour son rendez-vous olympique, Athènes s’est offert une révolution culturelle en matière d’arts plastiques, présentant de nombreuses expositions ouvertes sur le monde et la création contemporaine après des décennies de nombrilisme et de culte obsessionnel de l’Antiquité. Rétrospective Henry Moore, musée d’art islamique flambant neuf, dernières créations de la haute couture pour une exposition consacrée à l’art du plissé : pour une fois, les visiteurs estivaux d’Athènes auront cette année autre chose à voir que ses sculptures antiques ou ses idoles cycladiques. Quant aux Athéniens eux-mêmes, il se seront vu offrir une réelle ouverture sur la création plastique avec, notamment, la grande exposition « Outlook » d’art contemporain cet hiver, ou celle consacrée ce printemps à l’art brut et psychiatrique, sous le titre « Sur l’autre rive ». « Avant, on se demandait ce qu’on pourrait bien aller voir. Maintenant la question est plutôt de savoir ce que l’on va voir en premier », commente Annie di Donna, une dessinatrice française installée dans la ville depuis plus de dix ans. « Il y avait depuis des années une demande culturelle en hausse, une envie d’ouverture, notamment sur l’art contemporain, et de rupture avec le nombrilisme prévalant. Les jeux olympiques ont permis d’accélérer le mouvement », se félicite pour sa part Angelos Delivorias, directeur du musée Bénaki, fondé par un grand négociant grec d’Égypte. Ou plutôt des musées Bénaki, puisque la maison mère du centre d’Athènes, consacrée à la Grèce, dispose désormais de deux annexes, l’une consacrée à l’art islamique à Psiri, sous l’Acropole, l’autre à l’art contemporain, dans un «mini-centre Beaubourg» construit grâce aux fonds européens dans l’ex-faubourg industriel longeant la rue Piréos. Un éparpillement géographique qui témoigne aussi de l’émergence de nouveaux quartiers « branchés » dans la ville, à Psiri, ancienne place forte des grossistes, ou sur les friches industrielles de la rue Piréos. Une ambitieuse exposition Récemment ouvert dans le quartier touristique de Plaka, le musée privé Frissiras, du nom de son fondateur, a ainsi fait courir le tout-Athènes au printemps dernier pour une rétrospective du peintre italien Valério Adami. La fondation Deste, créée par le grand collectionneur Dakis Ioannou, accueille aussi cet été, dans le quartier excentré de néa Ionia, une ambitieuse exposition d’art contemporain sous le titre «Monument to Now », placée sous l’égide du Comité organisateur des Jeux (Athoc). Mais l’effort consenti par le ministère de la Culture a aussi contribué à l’actuelle effervescence, via « l’olympiade culturelle », un programme de manifestations lancé en 2000. L’organisme « olympiade culturelle » a ainsi mis sur pied ou cofinancé nombre des événements de cette année, dont l’exposition Outlook. L’exposition intitulée « six maîtres de la sculpture et la figure humaine », qui présente cet été à la pinacothèque nationale près de 200 œuvres de Rodin, Bourdelle, Maillol, Brancusi, Giacometti et Moore, figure aussi à son palmarès, tout comme l’accrochage, au musée Bénaki de Piréos, d’une « promenade » photographique à Athènes signée de douze grands noms de l’agence Magnum. « En fait, il y a cette année une conjoncture très heureuse, entre les projets directement reliés aux Jeux et l’aboutissement d’autres programmes lancés depuis longtemps », relève Angela Grammatikopoulou, de l’«Olympiade ». Pour elle, la « maturation » artistique d’Athènes se poursuivra même une fois les projecteurs éteints sur les Jeux. « Une dynamique et des infrastructures ont été créées », affirme-t-elle, relevant aussi l’intérêt de plus en plus marqué manifesté par le secteur privé pour le parrainage culturel. Les amateurs du glorieux passé du pays auront toutefois aussi leur part, avec notamment la grande exposition «Agon », consacrée à l’histoire des Jeux dans l’Antiquité, qui rassemble, au musée archéologique national, 237 œuvres venues de tout le pays et de 18 musées de l’étranger.
Pour son rendez-vous olympique, Athènes s’est offert une révolution culturelle en matière d’arts plastiques, présentant de nombreuses expositions ouvertes sur le monde et la création contemporaine après des décennies de nombrilisme et de culte obsessionnel de l’Antiquité.
Rétrospective Henry Moore, musée d’art islamique flambant neuf, dernières créations de la haute couture pour une exposition consacrée à l’art du plissé : pour une fois, les visiteurs estivaux d’Athènes auront cette année autre chose à voir que ses sculptures antiques ou ses idoles cycladiques.
Quant aux Athéniens eux-mêmes, il se seront vu offrir une réelle ouverture sur la création plastique avec, notamment, la grande exposition « Outlook » d’art contemporain cet hiver, ou celle consacrée ce printemps à l’art brut et...