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Actualités

Société Les tatoueurs turcs réclament la légalisation de leur profession (photo)

La saison estivale approche, grande période pour se faire tatouer en Turquie où le tatouage a une histoire très ancienne mais où les tatoueurs n’ont toujours pas de véritable statut légal. Dans les grandes villes de Turquie, notamment Istanbul, Ankara et Izmir, plusieurs dizaines de salons de tatouage et de piercing offrent depuis près d’une dizaine d’années leurs services à leurs clients, constitués, pour la plupart, de gens jeunes. « Quand l’été vient, les gens vont se précipiter dans les salons de tatouage pour exposer ensuite leur corps sur les plages », dit un tatoueur connu d’Ankara. Il souhaite garder l’anonymat, pour ne pas « entraver des négociations en cours » visant à obtenir un statut légal du ministère de la Santé. Car l’an dernier, ce ministère avait adressé une circulaire, affirmant que selon les lois en vigueur, seuls les médecins pouvaient intervenir sous l’épiderme, ce qui interdit en l’occurrence le tatouage. Le ministère lançait une mise en garde contre les risques pour la santé, tels que le sida, l’hépatite ou d’autres maladies transmissibles par le sang. L’artiste assure cependant que dans son salon, nouvellement nettoyé, « toutes les précautions d’hygiène sont prises ». Il montre ses gants de chirurgie, qu’il a enfilés pour un client désirant se faire tatouer un drapeau turc sur le biceps, et ses aiguilles « neuves », à usage unique et stériles, qu’il vient juste de placer sur son pistolet. Les salons de tatouage qui travaillent donc clandestinement sont pourtant paradoxalement priés de payer leur taxe souvent sous l’appellation « galerie d’art ». « Les autorités commencent à nous comprendre et nous donnent raison, mais la bureaucratie tentaculaire nous empêche de nous légaliser à court terme », dit le tatoueur alors qu’une jeune femme fait irruption dans la salle pour lui demander si un piercing au nombril fait mal. « Oui, un peu, mais es-tu sûre de vouloir te faire un piercing », lui demande-t-il, en soulignant que sans le consentement officiel de la famille, il ne pratique aucun tatouage ou piercing sur les moins de 18 ans. Même si aujourd’hui, le tatouage n’est pas légal, il a une histoire très ancienne en Turquie musulmane. Les janissaires, les soldats d’élite de l’infanterie ottomane, qui appartenaient à la garde du sultan, se faisaient tatouer pour déterminer leur régiment. Dans le sud-est anatolien, les femmes surtout se font tatouer la main ou le visage pour des raisons religieuses, pour éloigner le mauvais œil, définir leur appartenance à une tribu ou pour le simple plaisir d’orner leur corps. Les motifs d’antan ont laissé aujourd’hui la place à de nouveaux dessins plus compliqués : tribal, celtique, japonais, indien, floral. Burak, 22 ans, s’est fait faire son premier tatouage quand il avait 18 ans. Aujourd’hui il en a plusieurs sur le dos, la poitrine et le bras qu’il souhaite plus tard couvrir entièrement jusqu’à l’épaule. « Le tatouage, c’est un reflet de mon âme, de mon imagination », dit ce jeune musicien qui attend son tour patiemment.
La saison estivale approche, grande période pour se faire tatouer en Turquie où le tatouage a une histoire très ancienne mais où les tatoueurs n’ont toujours pas de véritable statut légal.
Dans les grandes villes de Turquie, notamment Istanbul, Ankara et Izmir, plusieurs dizaines de salons de tatouage et de piercing offrent depuis près d’une dizaine d’années leurs services à leurs clients, constitués, pour la plupart, de gens jeunes. « Quand l’été vient, les gens vont se précipiter dans les salons de tatouage pour exposer ensuite leur corps sur les plages », dit un tatoueur connu d’Ankara. Il souhaite garder l’anonymat, pour ne pas « entraver des négociations en cours » visant à obtenir un statut légal du ministère de la Santé. Car l’an dernier, ce ministère avait adressé une circulaire, affirmant...