POINT DE VUE
Urbanistes et paysagistes,
les deux faces d’une même monnaie
le 11 mai 2004 à 00h00
Par les lucarnes de leur coffre à merveilles qui de nos jours s’appelle «Power Point», les urbanistes français M. Courajoud et A. Masbounji (ex-Ariella Dumbakli dont la carrière a commencé avec un diplôme d’architecte de l’Université libanaise) ont montré sur l’écran de la salle de conférences de l’Alba les œuvres qu’ils ont réalisées dans leur pays super évolué de l’hémisphère nord. De quoi rêver en effet.
Pour nous autres pauvres habitants d’un pays du Sud, euphémisme poli pour dire tiers-monde, qui n’en sommes qu’au stade d’un urbanisme indigent compris uniquement dans le sens d’un ramassis de règles laxistes permettant de remplir à ras bord le pays par de la construction, la présentation était intéressante. Mais nous a-t-elle été utile vraiment? Question niveau de développement, c’est comme si on expliquait à quelqu’un les bienfaits d’un «health club» alors qu’il devrait être conduit au service des urgences. Passons une fois de plus et écoutons plutôt ce que ces professionnels qui se définissent comme paysagistes/urbanistes ont à nous dire.
En France et dans toute l’Europe, urbanisme ne signifie plus urbaniser, rendre urbains des territoires entiers sans restriction aucune. Le maître du jeu aujourd’hui est le paysage ou si l’on veut le contexte. Végétal, rocheux, aride, bâti ou même vide tout simplement, il prime tout. Il n’est pas étonnant de constater dès lors que les expressions «paysagiste» et «urbaniste» ont des sens complémentaires. Ce spécialiste à double casquette est modeste, attentif à toutes les contraintes, son action est pragmatique, et définir les espaces alloués à la construction est son dernier souci. Il est à l’écoute de la nature et de la collectivité et n’est ni l’enjoliveur des jardins ni le laquais des spéculateurs fonciers. C’est l’humaniste par excellence.
Dans la morne plaine de notre sous-développement, surveillée par-ci par-là par des rapaces juchés sur leurs tumulus financiers, combien sommes-nous à le comprendre?
Georges Sérof
Par les lucarnes de leur coffre à merveilles qui de nos jours s’appelle «Power Point», les urbanistes français M. Courajoud et A. Masbounji (ex-Ariella Dumbakli dont la carrière a commencé avec un diplôme d’architecte de l’Université libanaise) ont montré sur l’écran de la salle de conférences de l’Alba les œuvres qu’ils ont réalisées dans leur pays super évolué de l’hémisphère nord. De quoi rêver en effet.
Pour nous autres pauvres habitants d’un pays du Sud, euphémisme poli pour dire tiers-monde, qui n’en sommes qu’au stade d’un urbanisme indigent compris uniquement dans le sens d’un ramassis de règles laxistes permettant de remplir à ras bord le pays par de la construction, la présentation était intéressante. Mais nous a-t-elle été utile vraiment? Question niveau de développement,...
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