Le nom est bref. Beau et bref, serait-on tenté de dire. Il claque comme un son, une note de musique et résume le caractère du lieu, couleur, matière et ambiance confondues. Pas d’article, défini ou indéfini, pour introduire ce lieu très conceptuel. Pas d’annonces, d’explications, ni de tapis rouge. Juste une fiche technique, un profil déterminé. Et une réputation qui a suivi et qui s’est maintenue.
C’était en 1997. Une petite maison libanaise, située près du Collège Notre-Dame de Nazareth, prenait forme, teintes et allure. Elle semblait ressusciter.
Les gens – qui n’avaient pas encore l’habitude de voir de belles demeures rénovées, la tendance étant plutôt à la destruction systématique et la reconstruction aveugle –, ces gens qui passaient par là suspendaient même leur course pour demander : « Qu’est-ce que donc ce charmant coin?» avant de lancer un « merci » pour le travail et le respect des lieux. Ce coin charmant, dissimulé derrière des arbres, s’est voulu, dès le début, différent. Sorti de l’imagination et de l’envie de Fadi Saba, un des partenaires, il a répondu à une demande spécifique, qui ne s’était pas encore exprimée mais que le très talentueux Fadi avait pressenti. «Depuis que j’avais 15 ans, je rêvais de faire un endroit pareil, confie-t-il, la voix grave noyée dans sa barbe noire. Un endroit où l’on pourrait entendre ce genre de musique, que je mettais moi-même à la maison en invitant les amis à passer le temps, avant d’aller en boîte. » L’envie était donc de créer un lieu où les gens pouvaient commencer leur soirée tôt, un bar où l’on servirait une musique différente, avec un « sens de la recherche» en plus. Inspiré par Paris et son côté bar-ambiance, le Zinc va peu à peu prendre des airs new-yorkais et fidéliser bon nombre de noctambules, dont une grande partie réside à l’étranger. « À la période des fêtes et en été, on peut voir plein de valises traîner dans l’entrée. Les habitués viennent directement de l’aéroport au Zinc, avant même de passer à la maison ! »
Le bar
Tout, en effet, est focalisé autour du bar. En zinc, bien sûr. La déco, l’ambiance, la préparation des alcools, car c’est un bar à cocktails professionnels, qui se veut actif. Le reste vient se greffer autour. Le reste, c’est-à-dire les gens, debout ou assis sur des tabourets – à partir d’une certaine heure, on ne les calcule plus –, les expositions, et c’était une idée nouvelle, de peinture ou de photos, qui se tiennent entre ces murs feutrés; la musique, appréciée par la plupart ou critiquée par certains, surtout au début, mais certainement très personnalisée et professionnelle.
Concoctée par 4 DJ professionnels, Fadi précise : « Ils ne respectent pas un ordre défini pour que les gens ne s’accrochent pas à un jour et un style particuliers. » Restaient les tables, à installer pour donner au Zinc une touche restaurant. Un concept remplacé en 2002 par un lounge, plus assorti avec le bar et l’atmosphère ambiante.
Une continuité plus logique, dans un espace plus soft qui occupe la deuxième pièce – nous sommes dans une maison, il ne faut pas l’oublier. « On entre au Zinc comme on rentre chez soi », aime à rappeler le maître des lieux. Chez soi, il n’y a pas de videurs, pas de sécurité aux portes, mais une discrète surveillance intérieure pour qu’il n’y ait jamais d’éléments indésirables, incidents ou individus...
Chez soi, on aime se retrouver entre amis, revoir des connaissances de longue date, s’installer sur une superbe terrasse fleurie où la musique se fait plus douce et les nuits d’été plus longues.
C’est un peu pareil au Zinc. Seulement, on est un petit peu plus nombreux.
Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nom est bref. Beau et bref, serait-on tenté de dire. Il claque comme un son, une note de musique et résume le caractère du lieu, couleur, matière et ambiance confondues. Pas d’article, défini ou indéfini, pour introduire ce lieu très conceptuel. Pas d’annonces, d’explications, ni de tapis rouge. Juste une fiche technique, un profil déterminé. Et une réputation qui a suivi et qui s’est maintenue.
C’était en 1997. Une petite maison libanaise, située près du Collège Notre-Dame de Nazareth, prenait forme, teintes et allure. Elle semblait ressusciter.
Les gens – qui n’avaient pas encore l’habitude de voir de belles demeures rénovées, la tendance étant plutôt à la destruction systématique et la reconstruction aveugle –, ces gens qui passaient par là suspendaient même leur course pour demander :...