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Actualités - Chronologie

Almodovar, l’arbre qui cache toute une génération de réalisateurs espagnols (photo)

L’ombre portée de Pedro Almodovar, dont le dernier opus La mauvaise éducation ouvrira le Festival de Cannes le 12 mai, cache toute une génération de réalisateurs espagnols impatients de s’imposer à l’étranger. « Quand un réalisateur d’un pays a du succès, il aide les réalisateurs de même nationalité », assure le professeur de civilisation espagnole de l’Université de Cambridge (Angleterre), Paul Julian Smith. « Le cinéma espagnol est davantage vu en ce moment en Grande-Bretagne que le cinéma italien ou allemand grâce à Pedro Almodovar », a-t-il assuré lors d’un récent colloque consacré à l’auteur de Femmes au bord de la crise de nerfs et Talons aiguilles à Cuenca (centre). Mais les festivals, hommages et prix internationaux ne paraissent retenir que le nom de celui qui est considéré comme le plus espagnol des réalisateurs ibériques, récompensé par deux Oscars (meilleur film étranger 2000 pour Tout sur ma mère, et meilleur scénario pour 2003 Parle avec elle). De gros succès locaux, comme Lucia y el sexo de Julio Medem avec l’actrice Paz Vega, Les Autres d’Alejandro Amenabar avec Nicole Kidman ou Les Lundis au soleil de Fernando Léon de Aranoa avec Javier Bardem, n’ont jamais bénéficié de promotion et atteint des scores aussi enviables à l’étranger que « le dernier Almodovar ». Pourtant, en dehors du réalisateur fétiche de la «movida» madrilène, à la fois célébré et détesté par ses compatriotes, « il y a actuellement une génération mûre qui ne dépasse pas assez les frontières », s’indigne Javier Angulo, directeur de la revue de cinéma Cinemania. Le critique s’attarde également sur ce qu’il considère comme les deux films de l’année, réalisés par des femmes, Ma Vie sans moi d’Isabel Coixet avec Debbie Harry, sélectionné aux Prix du cinéma européen en 2004 et qui a triomphé au Japon, et Je te donne mes yeux d’Iciar Bollain, sur la violence conjugale, qui a raflé cette année la majorité des Goyas, les Oscars du cinéma espagnol, et brillé au Festival de films de femmes de Créteil (France). « En dehors de la différence de culture, il existe une ignorance, un manque d’intérêt de la part des médias et programmateurs européens pour ce cinéma », regrette Mima Fleurent, directrice de Colifilms qui distribue la plupart des premiers films espagnols en France. Mais surtout, « il manque une vraie image de marque collective » à ce cinéma très divers caractérisé par des trajectoires individuelles et des succès ponctuels. La plupart des professionnels, et notamment la Fédération des associations de producteurs (FAPAE), réclament une structure inspirée d’Unifrance, qui promeut le cinéma français à l’étranger.
L’ombre portée de Pedro Almodovar, dont le dernier opus La mauvaise éducation ouvrira le Festival de Cannes le 12 mai, cache toute une génération de réalisateurs espagnols impatients de s’imposer à l’étranger. « Quand un réalisateur d’un pays a du succès, il aide les réalisateurs de même nationalité », assure le professeur de civilisation espagnole de l’Université de Cambridge (Angleterre), Paul Julian Smith. « Le cinéma espagnol est davantage vu en ce moment en Grande-Bretagne que le cinéma italien ou allemand grâce à Pedro Almodovar », a-t-il assuré lors d’un récent colloque consacré à l’auteur de Femmes au bord de la crise de nerfs et Talons aiguilles à Cuenca (centre).
Mais les festivals, hommages et prix internationaux ne paraissent retenir que le nom de celui qui est considéré comme le...