Le quatrième groupe bancaire japonais UFJ Holdings, malgré une situation financière critique, fait l’objet d’une surenchère de la part de deux concurrents, Mitsubishi Tokyo Financial Group (MTFG) et Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG), désireux de créer la première banque mondiale.
Dernier retournement de situation en date, UFJ a indiqué hier étudier « avec attention » une deuxième offre de fusion de SMFG, une semaine seulement après avoir repoussé toute idée de rapprochement avec ce dernier.
Selon la presse de l’archipel, Sumitomo Mitsui serait prêt désormais à injecter plus de 3,7 milliards d’euros dans le capital d’UFJ, dont l’ouverture de pourparlers de fusion avec le numéro deux du secteur, Mitsubishi Tokyo Financial, avait été annoncée par ailleurs le 16 juillet.
« Nous proposons une fusion entre partenaires de même taille. Même si notre offre précédente a été refusée (par UFJ), nous pensons que notre nouvelle proposition mérite d’être prise en considération », a ainsi déclaré un porte-parole de SMFG.
Dans un communiqué, UFJ Holdings a pourtant confirmé hier vouloir mener à bien son projet de fusion initial avec Mitsubishi Tokyo destiné à créer la première banque mondiale forte de 1 397 milliards d’euros.
Cependant, la partie semble loin d’être jouée, car ledit projet est pour l’heure gelé par une double décision de justice, qui a donné raison à Sumitomo Mitsui, signataire en mai dernier d’un accord de principe sur des droits d’acquisition exclusifs d’UFJ Trust Bank, la filiale fiduciaire du groupe bancaire.
UFJ ayant interjeté appel de cette décision en milieu de la semaine dernière, l’affaire est désormais du ressort d’une instance supérieure, la Haute Cour de Tokyo, appelée à statuer sur le fond d’ici une à deux semaines.
Malgré l’enjeu majeur que représente cette bataille sectorielle, le gouvernement japonais n’entend pas, du moins pour l’instant, s’immiscer dans les débats.
« Je ne pense pas que le report des pourparlers de fusion entre UFJ Holdings et Mitsubishi Tokyo Financial aura des conséquences négatives sur le système financier », a déclaré récemment le ministre de l’Économie et des Services financiers Heizo Takenaka.
UFJ Holdings n’est pas encore tiré d’affaire car, pour la troisième année consécutive, le groupe n’est pas parvenu à sortir du rouge au terme de l’exercice achevé fin mars.
Il a accusé une perte nette de quelque 3 milliards d’euros provoqué par une aggravation de ses charges d’élimination de créances douteuses.
Fin juin, la part qu’elles représentaient dans le total des prêts d’UFJ était de 10,24 %, contre 8,50 % fin mars.
Le ratio de solvabilité (proportion des fonds propres gardés au regard de ses prêts) d’UFJ Holdings s’était également détérioré à 9,01 % à cette date, contre 9,24 % trois mois plus tôt.
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