Samedi soir au Stade des Ouvriers à Pékin, le dernier match de la Coupe d’Asie des nations de football 2004 entre la Chine et le Japon dépassera largement le cadre sportif.
Derrière cette finale inédite de la plus prestigieuse compétition du continent asiatique, se jouera l’honneur de deux pays nationalistes qui n’ont jamais vraiment fait la paix, un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En cas de victoire, la Chine glanera son premier titre international de football, sport le plus populaire au Pays du Milieu. Une énorme et double satisfaction puisque cette récompense aura été acquise aux dépens de l’ex-puissance occupante. La nuit à Pékin sera alors longue, festive et sûrement mémorable.
En revanche, s’ils devaient être humiliés sur leur sol, les fiers et joyeux supporteurs chinois, qui n’ont pas manqué de conspuer systématiquement l’équipe nippone depuis le début de la compétition, allant même jusqu’à s’en prendre au bus des joueurs, pourraient se transformer en hooligans et gâcher la fête.
Dans un cas comme dans l’autre, le sport ne rapprochera pas les peuples.
Aujourd’hui encore, les Chinois ont du mal à pardonner les atrocités commises par l’armée impériale nippone, durant l’occupation de leur pays, dans les années 1930 et 1940.
Confortés par le discours du gouvernement communiste qui s’appuie sur le nationalisme pour combler en partie le vide idéologique laissé par la disparition du maoïsme il y a 25 ans, les Chinois saisissent toutes les occasions pour fustiger ceux qu’ils aiment à affubler de sobriquets dégradants.
Les tensions sont ravivées par l’hommage régulièrement rendu par le Premier ministre Junichiro Koizumi au temple Yasukuni, à Tokyo, où sont enterrés certains militaires nippons accusés de crimes de guerre, notamment en Chine.
Une orgie géante organisée l’an passé par des Japonais à Canton, en compagnie de prostituées locales, avait également déclenché l’ire des Chinois et un nouvel incident diplomatique.
Conscients des risques de débordements samedi soir, les autorités nippones ont interpellé le gouvernement chinois sur les agissements de certains supporteurs, qu’elles ont qualifiés de « déplorables ».
« C’est un événement sportif. Pourquoi ne pouvons-nous pas tout simplement l’apprécier en tant que tel ? » a réclamé le Premier ministre Junichiro Koizumi.
Officiellement, le gouvernement chinois ne dit pas autre chose.
« Nous espérons que les supporteurs chinois et japonais prendront plaisir à assister à un superbe match dans une bonne atmosphère », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kong Quan, précisant que son gouvernement désapprouvait l’attitude de certains fans, sans toutefois la condamner franchement.
Dans le même temps, son ministère protestait, auprès de l’ambassade du Japon à Pékin, contre une brochure japonaise sur la Coupe d’Asie des nations dans laquelle Taïwan apparaît dans une couleur différente de celle du continent.
À Tokyo, le porte-parole du gouvernement, Hiroyuki Hosoda, a demandé à Pékin de prendre « des mesures strictes afin d’empêcher les troubles ou la violence » samedi.
Mille policiers supplémentaires seront déployés dans et autour du stade, portant leur total à 6 000, soit un pour treize spectateurs.
Ils ne seront peut-être pas de trop. Les doutes émis hier par la presse japonaise sur la capacité de Pékin à organiser sereinement les Jeux olympiques en 2008 ne risquent pas de calmer les esprits chauvins.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Samedi soir au Stade des Ouvriers à Pékin, le dernier match de la Coupe d’Asie des nations de football 2004 entre la Chine et le Japon dépassera largement le cadre sportif.
Derrière cette finale inédite de la plus prestigieuse compétition du continent asiatique, se jouera l’honneur de deux pays nationalistes qui n’ont jamais vraiment fait la paix, un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En cas de victoire, la Chine glanera son premier titre international de football, sport le plus populaire au Pays du Milieu. Une énorme et double satisfaction puisque cette récompense aura été acquise aux dépens de l’ex-puissance occupante. La nuit à Pékin sera alors longue, festive et sûrement mémorable.
En revanche, s’ils devaient être humiliés sur leur sol, les fiers et joyeux supporteurs chinois, qui...