Quatre ans après avoir laissé entrevoir de grandes promesses, l’étoile filante Andreas Kloeden est revenu briller sous la double tenue de champion d’Allemagne et de dauphin de l’Américain Lance Armstrong dans le Tour de France 2004.
Sur le podium des Champs-Élysées, l’élégant M.K. a succédé à son meilleur copain. Il a pris la place habituellement réservée à Jan Ullrich, cinq fois deuxième entre 1996 et 2003, quatrième cette fois.
Depuis quatre ans, Kloeden n’était plus réapparu que par intermittence dans l’actualité. Au point de laisser croire à une heureuse conjonction pour sa saison 2000, sa révélation dans Paris-Nice qui était le premier organisé par l’ancien champion Laurent Fignon, sa victoire au Tour du Pays basque et sa médaille de bronze aux JO de Sydney à côté de ses deux coéquipiers actuels de T-Mobile, Jan Ullrich et le Kazakh Alexandre Vinokourov.
À 29 ans, le longiligne (1,83 m pour 62 kg) coureur formé à l’école est-allemande a rassuré ses dirigeants qui commençaient à désespérer de voir pareil talent inabouti.
Sa situation personnelle, puisqu’il approche du terme de son contrat avec la formation allemande, a peut-être accéléré sa prise de conscience.
L’ami d’Ullrich
Prometteur dans les rangs des espoirs (3e du contre-la-montre des championnats du monde 1996), le grand copain d’Ullrich a connu une éclosion beaucoup plus tardive que son modèle.
Entre les deux hommes existent de vrais liens d’amitié qui remontent à une adolescence commune passée à l’école des sports de Berlin-Est, la vitrine du système sportif de la défunte RDA.
Les deux amis habitent à quelques kilomètres de distance, dans la paisible Suisse qui jouxte la frontière allemande tout près du lac de Constance.
Kloeden avait déjà suivi le champion olympique quand Ullrich s’était installé à Merdingen, en Forêt-Noire, au début de sa carrière professionnelle.
Au contraire de son aîné, « Kloedi » a eu une enfance très aisée à Karl-Marx-Stadt, l’ancien nom de la ville aujourd’hui appelée Chemnitz. Son père était pilote de chasse dans l’armée, poste prestigieux dans la société communiste de la RDA.
Dans ce Tour, le champion d’Allemagne a concrétisé enfin un potentiel qui en fait un coureur de tout premier plan, à défaut d’être un réel adversaire pour Armstrong.
À aucun moment, il n’a représenté une menace pour l’Américain qui a pris le dessus sur lui dans tous les rendez-vous, en montagne et dans les contre-la-montre.
Mais sa régularité et sa qualité de rouleur-grimpeur l’ont amené jusqu’au podium, un an après son abandon dans l’étape de Gap pour ses débuts dans le Tour.
« Kloedi » n’en espérait pas tant. Son objectif, à la sortie des Pyrénées, consistait à « rester avec les leaders ». « Une place dans le Top-10 est possible, disait-il alors, mais ma première priorité est d’aider Jan (Ullrich) ».
Kloeden, jusqu’à présent, se satisfaisait de l’ombre des grands.
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