La semaine de la haute couture pour les collections automne-hiver 2004/2005 vient de se clôturer dans les grandes capitales. Très remarqués à Paris, les Libanais Élie Saab, Georges Chakra et Robert Abi Nader ont largement séduit la presse spécialisée et bénéficié d’une belle couverture médiatique assortie d’un succès mérité. Pendant ce temps, à Rome, de jeunes espoirs tels que Tony Ward et Abed Mahfouz cherchaient encore leurs marques dans le cadre des défilés organisés par Alta Moda. Peu prisés par les ténors du métier, les défilés de Rome abritent pourtant un vivier intéressant et la révélation de griffes, telles que celle de Ward, y présagent un bel avenir.
Élie Saab vient de prêter son image à Johnny Walker. La célèbre marque de whisky ne l’a pas choisi au hasard. La success-story de ce couturier libanais familier des podiums les plus inaccessibles et qui compte parmi sa clientèle, outre les princesses de l’or noir, les plus grandes vedettes du moment, n’a pas manqué de séduire ce pur malt dont le leitmotiv est «Keep walking». Et il est en marche, perpétuellement, Élie Saab. Comme un funambule sur le fil d’or dont il tisse les atours des plus belles. Seul couturier libanais à être actuellement reconnu par la Fédération française de la couture, il se donne les moyens de briller.
Il défile désormais dans la même salle mythique, au Trocadéro, que Donatella Versace auparavant… et semble avoir conquis le même public.
Les tenues sont plus sexy les unes que les autres et les mannequins triés parmi celles… qui ont des formes !
La technique du couturier est parfaitement maîtrisée: les robes en mousseline, ottoman ou satin épousent parfaitement le corps des déesses de la scène qui, inondées de couleurs et paillettes, ne laissent aucun homme indifférent.
Sans aucune réserve, la femme Georges Chakra hiver 2004-2005 revendique son appartenance à l’Orient, en particulier au Liban, le pays du créateur. Sensuelle et provocante, elle souligne ses atouts avec la magie des paillettes, plumes et strass chers à la haute couture. Le jour est représenté par une femme active, avec des vestes très appuyées à la taille, des petites robes aux genoux et des boléros en fourrure rasée. Le soir, la femme se transforme en diva provocante, avec des fourreaux en dentelle brodée de jais ou entièrement recouverts de pierres pour un effet «tatou».
Robert Abi Nader, talentueux couturier libanais trentenaire, a cette année encore présenté ses robes de soie, broderies et drapés sophistiqués au public parisien. Formé à la Chambre syndicale de la couture parisienne, il a fondé sa maison de couture à Beyrouth en 1985. Ses robes ont très rapidement conquis les princesses du Moyen-Orient… Depuis 1997, c’est à Paris qu’il fait défiler sur de belles Occidentales sa couture d’inspiration orientale. Une collection très commerciale mais intéressante pour son travail de détail.
Tony Ward n’en est pas à sa première expérience romaine. Sa collection a gagné en maturité. Les plissés et les broderies dont il usait jusqu’à la débauche semblent s’être assagis. Sans doute est-ce également un signe de changement dans le goût de la clientèle. La coupe des vestes, un secret de famille chez les Ward, est une belle démonstration de savoir-faire assortie d’un avant-gardisme que n’aurait pas démenti Pierre Cardin au sommet de son succès. La couture libanaise est en marche. À suivre !
EXPOSITION
Les créateurs lyonnais au «Phoenicia»
Après le vif succès de l’exposition « Made in Lyon » à New York, en avril dernier, et avant l’étape de Montréal en octobre prochain, le Comité Bellecour, association lyonnaise de promotion et de rayonnement à l’étranger des grands noms de sa région dans les domaines de la mode, des métiers d’art et du design, a fait escale à Beyrouth cette semaine. On sait que des liens très anciens ont été tissés entre le Liban et la ville de Lyon aux temps prospères des soyeux dont persistent aujourd’hui encore quelques magnaneries désaffectées. Cette exposition sur le thème « Le savoir-faire et le luxe à Lyon » était donc une occasion de renouer avec des liens ancestraux. Sous le haut patronage de M. Philippe Lecourtier, ambassadeur de France au Liban, et à l’impulsion de Serge Le Blouch, président du comité Bellecour, de Gérard Ravouna, président des industries de l’habillement Rhône Alpes, et de Nadine Gelas, vice-présidente du Grand Lyon, l’événement a eu lieu dans les salons de « L’eau de vie » de l’hôtel Phoenicia. Une exposition-florilège de ce que la région lyonnaise a à offrir en matière de création et d’innovation, orchestrée par cinq grands créateurs lyonnais. Garbis Devar, spécialiste du cuir haute couture, André Claude Canova, magicien des soieries lyonnaises, Babouchka et Silence On Tourne, marques leader dans le prêt-à-porter, Zilli, dont le nom évoque l’habillement masculin de grand luxe, et Max Chaoul, signature prestigieuse pour les robes de mariée et du soir, ont présenté un défilé digne des grands podiums. Applaudis par un public franco-libanais des plus éclectiques, ces créateurs ont su, le temps d’une fête, ranimer la flamme d’une amitié traditionnelle qu’on croyait enfouie.
TENDANCES
Un tour du monde du look: Milan
Si la mode est la même un peu partout, reflet des images dans les magazines et des vedettes qui la portent, elle a pourtant ses particularités d’une capitale à l’autre. Avec les mêmes ingrédients de base fournis par les grandes boutiques du monde entier, une Milanaise, une Libanaise, une Japonaise, une New-Yorkaise ou une Parisienne ne choisiront pas la même composition. Petit coup d’œil indiscret sur les manies vestimentaires italiennes.
La mode italienne est le symbole du chic classique, toujours moderne et sexy. Les Italiennes recherchent l’harmonie dans leurs tenues. Elles aiment associer les couleurs en camaïeu. Et pour leurs basiques, elles choisissent souvent des tonalités en accord avec leur teint, ou leurs cheveux. Par exemple, elles porteront une veste en cuir de couleur miel ou whisky pour les blondes, chocolat pour les brunes, cuivre pour les rousses.
Les lunettes sont l’accessoire indispensable qu’il faut changer chaque année pour démontrer sa «branchitude». Le maquillage s’applique soit sur un regard de braise, soit sur une bouche (pulpeuse) soulignée et colorée. L’Italienne possède une panoplie d’accessoires. Elle se permet d’associer des fantaisies, pourvu qu’elles restent dans les mêmes gammes de coloris. Une conclusion obtenue après observation, par les détecteurs de tendances les plus pointus !
FIFI ABOUDIB
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La semaine de la haute couture pour les collections automne-hiver 2004/2005 vient de se clôturer dans les grandes capitales. Très remarqués à Paris, les Libanais Élie Saab, Georges Chakra et Robert Abi Nader ont largement séduit la presse spécialisée et bénéficié d’une belle couverture médiatique assortie d’un succès mérité. Pendant ce temps, à Rome, de jeunes espoirs tels que Tony Ward et Abed Mahfouz cherchaient encore leurs marques dans le cadre des défilés organisés par Alta Moda. Peu prisés par les ténors du métier, les défilés de Rome abritent pourtant un vivier intéressant et la révélation de griffes, telles que celle de Ward, y présagent un bel avenir.
Élie Saab vient de prêter son image à Johnny Walker. La célèbre marque de whisky ne l’a pas choisi au hasard. La success-story de ce...