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Actualités - Opinion

Une bataille d’esquives plutôt que d’accrochages

Fausses vacances. Au lieu du beach volley, les protagonistes locaux se livrent au jeu puéril classique du je-te-tiens-par-la-barbichette... Le premier qui rira (aux éclats) aura une tapette, sur le bout des doigts. Assénée par les décideurs qui ont ordonné à leurs fidèles, divisés, de ne pas faire de vagues. Alors, pour ne pas perdre du terrain, on se tend des pièges sournois en coulisses. Genre je reprends mes statues quand tu fais mine de les déplacer. Cette première phase de la présidentielle met aux prises, on le sait, les reconductionnistes et les alternants. Ils tirent sur la corde, mais sans cris de guerre tonitruants. D’une manière étonnante, les deux camps affirment que leur véritable objectif, c’est le changement. Pour que le pays puisse faire face aux lourdes échéances financières qui l’attendent. Car dans les deux années à venir, il doit non seulement assurer le service de la dette publique, c’est-à-dire en payer les intérêts, mais aussi honorer à peu près les deux tiers de cette créance. Rembourser 24 milliards de dollars sur 35. Un montant si énorme qu’il paraît certain qu’un rééchelonnement sera accordé par les créanciers. Mais la pression n’en est pas moins pesante. Et aussi aiguisés que soient les appétits des professionnels de la politique, ils sont bien obligés d’en tenir compte. C’est ce qui explique qu’ils promettent le changement d’une seule et même voix. Un engagement qui peut sembler contradictoire quand il s’agit des partisans de la reconduction qui, par définition, n’assure pas de changement à la tête de l’État. C’est ailleurs qu’il se placera, indiquent les intéressés. Dans une claire allusion à l’éviction ultérieure de Hariri. Qui confirme d’ailleurs lui-même cette possibilité. En proclamant qu’en cas de maintien du statu quo, donc en cas de prorogation du mandat présidentiel, il passera avec armes et bagages à l’opposition. Extérieure. Pour l’heure, on essaie des deux côtés des arguments susceptibles de désarçonner l’adversaire. On entend ainsi les antireconductionnistes reprocher à leurs vis-à-vis de camper sur des positions dépassées. Sans avancer de nouvelles idées pour valoriser leur cause. Une façon de dire qu’après avoir perdu la joute des justifications, puisque les raisons qu’ils ont pu avancer ont été toutes radicalement réfutées, les reconductionnistes continuent à se battre contre des moulins à vent. Ils sont donc pernicieusement accusés de manquer de sérieux et de réalisme. Et de s’arc-bouter sans chercher une solution de compromis à la libanaise. Comme céder la présidence, puisqu’autant elle semble perdue, contre des sièges dans le prochain gouvernement et quelques députés dans la future Assemblée. Des subtilités levantines empoisonnées. Qui amènent des sages à proposer que l’on dépasse l’empoignade pour plancher plutôt sur la véritable priorité : comment sortir le pays du bourbier financier et économique. Retour à Hariri. Il confirme devant ses visiteurs ses déclarations bulgares. À savoir que s’il n’y a pas un changement de méthode et de pratiques au sein du pouvoir, il ne retournera pas au Sérail. Ses proches affirment que sa conviction est totale et qu’il ne compte ni transiger ni négocier. Il s’en tient là et ne détaille pas ses vues par des prises de position publiques. Ses fidèles, de leur côté, ne ruent pas des quatre fers. Visiblement sur instructions, ils se contentent de répéter, sur un ton modéré, qu’il faut respecter la Constitution et les principes démocratiques. Cette retenue n’empêche pas certains lahoudistes de tirer à boulets rouges sur Hariri. En affirmant qu’il fait des sauts fréquents à l’étranger aux seules fins de mobiliser ses amitiés extérieures, arabes ou occidentales, contre la reconduction. Ils ajoutent qu’à l’intérieur, Hariri, fin manœuvrier, demande à certains de ses alliés de monter à l’attaque tandis que lui-même reste prudemment planqué sous sa tente. Pour se ménager les décideurs. La tension reste donc, bizarrement, aussi vive qu’étouffée, comme une colère rentrée. Les relations entre les présidents ne sont pas au mieux. Et nul, parmi les professionnels, ne doute que les tressautements de l’agenda, du côté de la tenue du Conseil des ministres, ne soient imputables à ces sautes d’humeur au top niveau. D’où une nouvelle paralysie de l’État, si tant est qu’il ait jamais bougé positivement. De plus, Nabih Berry est cette fois entré en lice. Toujours à cause de la présidentielle, estiment les professionnels. Il se déchaîne contre l’américanisation de l’échéance, sur Ray LaHood et sur Richard Armitage. Qui a eu le tort, semble-t-il, de tenir des propos élogieux au sujet de Hariri. Philippe ABI-AKL

Fausses vacances. Au lieu du beach volley, les protagonistes locaux se livrent au jeu puéril classique du je-te-tiens-par-la-barbichette... Le premier qui rira (aux éclats) aura une tapette, sur le bout des doigts. Assénée par les décideurs qui ont ordonné à leurs fidèles, divisés, de ne pas faire de vagues. Alors, pour ne pas perdre du terrain, on se tend des pièges sournois en coulisses. Genre je reprends mes statues quand tu fais mine de les déplacer.
Cette première phase de la présidentielle met aux prises, on le sait, les reconductionnistes et les alternants. Ils tirent sur la corde, mais sans cris de guerre tonitruants. D’une manière étonnante, les deux camps affirment que leur véritable objectif, c’est le changement. Pour que le pays puisse faire face aux lourdes échéances financières qui l’attendent....