par Adel ZAANOUN (AFP)
Ghadir Sakr a insisté pour aller à l’hôpital Adouane, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, pour faire ses derniers adieux à sa camarade Mona Abou Tabak, 9 ans, tuée jeudi par des soldats israéliens. La petite fille s’est faufilée entre des dizaines de personnes rassemblées devant la morgue de l’hôpital et a réussi à s’approcher du corps de son amie qu’elle a embrassée en pleurant. « Au revoir Mona, nous nous reverrons au paradis », lance la petite Ghadir qui se disait très triste d’avoir perdu une amie de classe, « tuée sciemment par les juifs ».
Deux fillettes palestiniennes ont été tuées jeudi par l’armée israélienne, l’une par balles et l’autre par inhalation de gaz lacrymogènes, près de la localité de Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza. La petite Mona a succombé à l’hôpital après avoir été blessée à la poitrine et Asma Abou Kleyk, 4 ans, est décédée après avoir inhalé une grande quantité de gaz lacrymogènes.
« J’ai plus peur qu’avant parce qu’ils (les Israéliens) tirent à partir de chars et d’hélicoptères sur les enfants, même si ceux-ci ne leur jettent pas de pierres », affirme Aëd Battah, 13 ans. Jihad Haddaf, 13 ans, habitant du camp de Jabaliya, affirme pour sa part « vouloir mourir en martyr ». « Nous leur jetons sans cesse des pierres lors des incursions et ils ripostent avec des armes lourdes », ajoute-t-il.
« La vie n’a aucune valeur pour les soldats israéliens, ils tirent même contre l’école parce que Sharon est un criminel », affirme un autre enfant, visiblement éprouvé par les combats meurtriers ayant opposé ces derniers jours les soldats israéliens aux combattants palestiniens.
Dans la modeste maison des Abou Tabak, située dans une ruelle du camp, la mère de Mona ne peut retenir ses larmes. « La tête de Sharon ne me suffit pas », crie-t-elle au milieu des femmes et des enfants, venus présenter un dernier hommage à la victime. « Ma fille n’avait même pas fini son repas, elle était sortie pour acheter quelque chose et c’est à ce moment-là que les soldats israéliens ont tiré sur elle et l’ont tuée », ajoute-t-elle, la voix étouffée par les larmes. Les Palestiniens « résistent avec des pierres, mais à quoi servent-elles ? Nous voulons des armes pour combattre et vaincre », ajoute la mère éplorée.
Quant au père de Mona, il hurle de rage : « Tous mes enfants se sacrifieront pour la patrie. » Avant de s’évanouir à la vue du corps de sa fille.
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