23 avril, fête de saint Georges, si populaire en Orient mais aussi en Angleterre. Au fond, que savons-nous de vraiment certain sur saint Georges ?… Peu de choses. Il serait né vers 280 à Lydda, en Syrie, selon les uns ; à Mitylène, en Capadoce, selon d’autres. Il fut élevé dans la religion chrétienne, embrassa la carrière militaire dans l’armée romaine, reçut le grade de tribun dans la garde impériale de Dioclétien et subit le martyr en témoignage de sa foi.
Au Moyen Âge, les légendes relatives à saint Georges commencèrent à circuler. Un manuscrit du XIIIe siècle et «La légende dorée» du Bienheureux Jacques de Voragine attribuent au jeune officier un exploit merveilleux et chevaleresque. Georges, en route pour rejoindre sa légion, arrive dans la ville de Silène en Libye. Un marais des environs abritait un dragon énorme que personne n’avait encore réussi à tuer. Pour l’empêcher de détruire la ville, on lui abandonnait chaque jour deux brebis. Ces dernières menaçant de manquer, le roi de l’endroit décida d’en remplacer une par une jeune fille tirée au sort. Un jour, la fille même du roi fut désignée. Elle s’achemina en pleurant vers le repaire de la bête. À ce moment parut un beau chevalier, armé de l’épée et de la lance. Quand il eut connaissance du sort réservé à la jeune fille, il fonça courageusement sur le monstre furieux, réussit à le tuer et présenta sa dépouille au roi.
Pour perpétuer cette légende, il y a les fameux rochers de la baie de Jounieh, avec sur l’un d’eux l’empreinte dite du cheval de saint Georges. Le promontoire de Kaslik qui domine en falaise le sud de la baie de Jounieh fut un lieu de culte païen dans l’Antiquité. On y voit encore les soubassements d’un temple romain qui ont servi de fondations au couvent Saint Sauveur. Certains blocs des murs sont impressionnants par leurs proportions et l’un d’eux semble avoir été le piédestal d’une statue ornée d’un bucrane (tête de taureau sculptée dans la pierre). Un ancien religieux du couvent, que j’ai interrogé autrefois, m’a affirmé qu’un escalier descendait de cet emplacement vers les rochers dits de Saint-Georges. Un jeune homme qui habitait dans le voisinage m’a parlé aussi d’une grotte qu’il a explorée sous la colline, d’un puits très ancien et de vestiges tels qu’un pressoir à huile d’olives, débris de céramiques, têtes de statues antiques à l’entrée d’un tombeau. D’ailleurs, le versant qui tombe presque à pic sur la baie a de tout temps servi de nécropole. En examinant attentivement les rochers dits de Saint-Georges et soumis à l’érosion des vagues de la mer on s’aperçoit que ces blocs ont été taillés de main d’homme et la fameuse trace du sabot du cheval fabuleux serait une vasque ayant servi à des libations.
Au fond, le culte de saint Georges n’a jamais été exempt de légendes et de souvenirs folkloriques ou mythologiques, et une décision vaticane il y a une quarantaine d’années a mis les chrétiens en garde contre tout culte exagéré et superstitieux envers un saint duquel l’histoire ne sait presque rien et qui a souvent servi à des cultes douteux.
Yves CARIOU
Ancien professeur de lettres,
d’histoire et de religion
dans plusieurs collèges du Liban
et de Syrie, de 1950 à 1995
23 avril, fête de saint Georges, si populaire en Orient mais aussi en Angleterre. Au fond, que savons-nous de vraiment certain sur saint Georges ?… Peu de choses. Il serait né vers 280 à Lydda, en Syrie, selon les uns ; à Mitylène, en Capadoce, selon d’autres. Il fut élevé dans la religion chrétienne, embrassa la carrière militaire dans l’armée romaine, reçut le grade de tribun dans la garde impériale de Dioclétien et subit le martyr en témoignage de sa foi.
Au Moyen Âge, les légendes relatives à saint Georges commencèrent à circuler. Un manuscrit du XIIIe siècle et «La légende dorée» du Bienheureux Jacques de Voragine attribuent au jeune officier un exploit merveilleux et chevaleresque. Georges, en route pour rejoindre sa légion, arrive dans la ville de Silène en Libye. Un marais des environs abritait un...
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