Le Japonais Makoto Tamada (Honda), animateur au talent rarement récompensé, a saisi avec assurance, dans la course des MotoGP du Grand Prix du Brésil, la première occasion qui s’offrait à lui de dominer l’élite mondiale du sport motocycliste.
Pilote sans passé, cet enfant de l’île Shikoku accède brutalement au rang de champion confirmé. Ceux qui n’avaient pas pris au sérieux les signes avant-coureurs de la saison dernière sont aujourd’hui priés de réviser leur jugement.
Les pessimistes étaient fondés à s’interroger sur les chances de ce pilote un peu secret, qui ne s’exprime que dans sa langue maternelle. Ils ne connaissaient de lui qu’un vague palmarès sur lequel se succèdent, depuis 1994, des places d’honneur dans des compétitions régionales et nationales japonaises en 250 cc et en SuperBike.
Ces lignes peu éloquentes, et notamment les dernières, auraient dû alerter leur perspicacité. Deuxième du championnat du Japon de SuperBike en 2001, quatrième de la même compétition l’année suivante, performance assortie d’une deuxième place aux très sélectives « Huit Heures de Suzuka », tout cela indiquait à l’évidence que Tamada maîtrisait le moteur quatre temps et ne rechignait pas à se bagarrer sur des circuits aux normes parfois incertaines. Il en avait administré la preuve au mois de septembre 2003, en se classant troisième du Grand Prix du Brésil, alors disputé au mois de septembre.
Révélation
Quelques semaines plus tard, il réalisait le troisième temps qualificatif à Motegi (Japon).
Le lendemain, Tamada est injustement déclassé de la troisième place, rendue à l’Espagnol Sete Gibernau (Honda) qui lui reprochait d’avoir forcé le passage alors qu’il était sorti de piste en retardant trop un freinage.
Tous savaient dès lors que le talent du Japonais et son courage n’avaient rien à envier à celui qui allait être sacré vice-champion du monde. La suite a obéi aux lois d’une progression en dents de scie.
Tamada se rappelle au bon souvenir du monde motocycliste au Grand Prix d’Italie 2004. Dans la première partie de l’épreuve, disputée sur piste sèche, le Japonais fait l’aspiration à Valentino Rossi à la fin de la longue ligne droite d’arrivée après le quatrième passage.
Pneumatiques
Le pilote nippon conserve le commandement pendant cinq tours avant de le rendre au chef de file de l’écurie Gauloises-Fortuna Yamaha. Un peu plus tard, sous la pluie, Rossi l’emportera. Tamada ne marquera aucun point, comme à Jerez de la Frontera et Barcelone.
Les résultats inconstants du Japonais sont mis sur le compte de sa monte pneumatique. Il dispose de la même Honda RC211 V5 que son coéquipier, l’Italien Max Biaggi.
Mais la marque au logo ailé a tenu à ce qu’il chausse des enveloppes fournies par le manufacturier nippon Bridgestone alors que Biaggi est équipé par le Français Michelin, invaincu depuis 1998 dans la catégorie reine. Et tous accusent Bridgestone de manquer d’endurance.
L’argument ne tient plus. Tamada a dépassé Biaggi à quatre tours de l’arrivée et a immédiatement pris le large. À tel point que l’Italien s’est fait, pour la circonstance, plus florentin que romain, en vantant les qualités incontestables de pilote de son partenaire d’écurie et en lui donnant de « l’excellent ami ».
Qui se révélera un dangereux ennemi de l’intérieur d’ici à la fin de la saison.
Les chutes de Rossi et Gibernau ont permis à Biaggi de se remettre en selle dans la course au titre, et Tamada n’est certainement pas disposé à sacrifier son nouveau statut pour entretenir de bonnes relations de paddock.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Japonais Makoto Tamada (Honda), animateur au talent rarement récompensé, a saisi avec assurance, dans la course des MotoGP du Grand Prix du Brésil, la première occasion qui s’offrait à lui de dominer l’élite mondiale du sport motocycliste.
Pilote sans passé, cet enfant de l’île Shikoku accède brutalement au rang de champion confirmé. Ceux qui n’avaient pas pris au sérieux les signes avant-coureurs de la saison dernière sont aujourd’hui priés de réviser leur jugement.
Les pessimistes étaient fondés à s’interroger sur les chances de ce pilote un peu secret, qui ne s’exprime que dans sa langue maternelle. Ils ne connaissaient de lui qu’un vague palmarès sur lequel se succèdent, depuis 1994, des places d’honneur dans des compétitions régionales et nationales japonaises en 250 cc et en...