Le 118e tournoi sur gazon de Wimbledon, qui a pris fin dimanche, a confirmé un magnifique champion, le Suisse Roger Federer, et a donné au tennis une non moins admirable championne, la Russe Maria Sharapova.
Au cours d’une finale du simple messieurs à laquelle participait pour la première fois depuis quatre ans un Américain, Andy Roddick, Federer a conservé son titre. Ce qui n’était plus arrivé dans un tournoi du grand chelem depuis 2001, avec l’Américain Andre Agassi à Melbourne et le Brésilien Gustavo Kuerten à Roland-Garros.
Il l’a fait avec sa classe habituelle, atteignant ainsi l’un des trois buts qu’il s’est fixés cette saison, les deux autres étant de rester le n° 1 mondial et de devenir champion olympique. Mais il l’a fait moins brillamment qu’il n’avait gagné la finale du tournoi de Hambourg en 2002, celle de Wimbledon en 2003 et celle de Melbourne en 2004, qui restent les trois joyaux de son palmarès.
Une inégalité flagrante
Qui sait ce qui se serait passé si la pluie n’avait pas, une fois de plus, introduit une inégalité flagrante en défaveur de Roddick, en le forçant à s’escrimer pour gagner sa place en finale, samedi, alors que Federer en avait terminé depuis longtemps. À cette inégalité s’était ajouté le fait qu’il avait joué cinq matchs de suite sur le court n° 1, ce que la petite répétition à laquelle il se livra dimanche en fin de matinée sur le central ne pouvait compenser.
Il est grand temps que Wimbledon se dote d’un toit, ce à quoi les organisateurs se sont résolus pour 2009 après avoir très longtemps tergiversé. Non seulement pour que la télévision, qui paie des sommes fabuleuses, puisse passer autre chose que des reportages surannés pendant les averses. Mais pour que les demi-finales et la finale au moins cessent d’être saucissonnées et se déroulent enfin dans la plus grande équité sportive.
La preuve absolue a été faite que les sœurs Williams, finalistes l’an dernier, ne sont plus ce qu’elles étaient. Dans leur tournoi favori, en l’absence des Belges Justine Henin-Hardenne et Kim Clijsters, elles ont laissé échapper le titre. Les tournois qu’elles avaient gagnés après des mois d’interruption due à des blessures avaient pu leur laisser croire que tout allait continuer comme de coutume, sans accorder au tennis plus d’importance qu’il n’en méritait.
Or, Venus a été éliminée au deuxième tour. Et Serena battue au cours de la finale, qui réunissait pour la première fois depuis Melbourne 2002 deux joueuses de nationalités différentes. Quant à l’importance du tennis par rapport à de nombreuses autres activités, Serena a déclaré en quelques jours qu’il venait en deuxième ou en troisième place avant d’affirmer sa primauté sur tout le reste.
Serena et Aneres
Comment ne s’y perdrait-elle pas alors qu’elle a choisi comme griffe pour les vêtements qu’elle dessine Aneres, qui est l’anagramme de Serena à l’envers ? Ce qui est sûr, c’est que lui a succédé une bien fraîche championne qui, en 123 matchs depuis le début de sa carrière, n’a perdu que deux fois contre une joueuse plus mal classée qu’elle.
« Devenir la n° 1 mondiale demande énormément de travail, mais j’y suis préparée. Je ne suis pas la nouvelle Kournikova, je suis la nouvelle Sharapova. Elle a disparu du paysage du tennis et je souhaite avoir une plus longue carrière qu’elle », a déclaré Maria Sharapova, la plus basse tête de série (n° 13) victorieuse à Wimbledon depuis l’ouverture aux professionnels en 1968.
Commentaire acerbe de Kournikova : « La copie n’est jamais aussi bonne que l’originale. » Néanmoins, on n’a jamais entendu Kournikova souhaiter pouvoir découper son trophée en mille morceaux pour pouvoir le partager avec tout le monde. Pour la simple raison qu’elle n’en a jamais gagné aucun.
Le Britannique Tim Henman non plus, du moins à Wimbledon. Et il est presque certain maintenant que cela ne se produira jamais. Richard Williams, le père des deux sœurs, a son avis là-dessus. « Si Henman était né dans le ghetto de Los Angeles et non à Oxford, il aurait déjà gagné Wimbledon. Il est trop poli et respecte trop ses adversaires », assure-t-il.
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Au cours d’une finale du simple messieurs à laquelle participait pour la première fois depuis quatre ans un Américain, Andy Roddick, Federer a conservé son titre. Ce qui n’était plus arrivé dans un tournoi du grand chelem depuis 2001, avec l’Américain Andre Agassi à Melbourne et le Brésilien Gustavo Kuerten à Roland-Garros.
Il l’a fait avec sa classe habituelle, atteignant ainsi l’un des trois buts qu’il s’est fixés cette saison, les deux autres étant de rester le n° 1 mondial et de devenir champion olympique. Mais il l’a fait moins brillamment qu’il n’avait gagné la finale du tournoi de Hambourg...