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Actualités - Opinion

Agacé par les manœuvriers, Bkerké renvoie les politiciens à leurs responsabilités

Comme il l’a souligné mercredi, le patriarche Sfeir a suffisamment explicité sa position au sujet de la présidentielle pour n’avoir pas besoin de la répéter. Un dignitaire religieux s’étonne dès lors des interprétations que donnent des politiciens, d’ici ou de là, sur les vues patriarcales relatives à l’amendement de l’article 49. Chacun d’eux tente de tirer la couverture à soi, en expliquant à sa guise les propos du patriarche. Mais au lieu de se réfugier derrière ce paravent tactique, ces professionnels feraient mieux d’assumer leurs responsabilités. Et de se déclarer eux-mêmes, sans ambiguïté, sur le thème débattu. Bien entendu, relève cette personnalité, Bkerké pour sa part n’a ni visées personnelles ni objectifs politiques par rapport aux problèmes de l’heure. Il ne les envisage, historiquement, que sous l’angle de l’intérêt national bien compris. En ce qui concerne la révision de la Constitution, le patriarche Sfeir se réfère d’ailleurs à l’histoire. En 1995, il avait invité les autorités à prendre en compte les impératifs de la Constitution, la sauvegarde du système démocratique et les aspirations des citoyens. Aujourd’hui, il met l’accent sur le fait qu’il n’est pas partie prenante à la présidentielle. Pour bien marquer qu’il n’a pas à se substituer aux députés, appelés à se prononcer pour ou contre la reconduction, pour ou contre tel ou tel candidat. Ils doivent jouer leur rôle en toute conscience. Libre à eux de faire écho ou non aux vues patriarcales. Même aux moments les plus cruciaux, Bkerké a toujours tenu à montrer que sa vocation politique s’arrête à la frontière qui sépare le théorique du concret. C’est-à-dire qu’il traduit volontiers des options nationales, mais se refuse à faire de la politique active. Ainsi, lors du fameux boycott électoral de 1992, auquel 85 % des Libanais ont participé, l’appel avait été lancé non pas par Bkerké, mais par les leaders politiques. Auparavant, le patriarcat avait proclamé le rejet d’une loi électorale inique, contraire au pacte de Taëf. Soulignant que cette loi allait produire une Chambre non représentative. On sait que, malgré le boycott massif, les élections avaient été organisées. Et des candidats élus par 47 ou 135 voix. Cela parce que, contrairement à la plupart des pays, il n’y a pas ici de quota minimum de participation électorale, et encore moins de proportion de voix obtenues, pour valider un scrutin. Le Parlement de 92 avait édicté des lois ou des mesures auxquelles les Libanais, dont la volonté avait été bridée, se sont trouvés soumis. Que celui qui a des oreilles entende : Bkerké s’est déclaré nettement contre l’amendement de l’article 49. Il a même évoqué les critères de qualification pour tout candidat vraiment libanais, à travers un manifeste détaillé publié par l’Assemblée des évêques maronites. Le principal point étant que le prochain président devra être capable de lever la tutelle qui pèse sur le Liban. Retour à l’histoire, Bkerké rappelle qu’aucune tentative, aucune expérience de renouvellement du mandat présidentiel n’ont été bénéfiques pour le pays. La position qu’il adopte à ce sujet est dénuée donc de tout parti pris, de toute animosité personnelle. Il se contente de l’exprimer et ensuite c’est aux députés qu’il revient d’en tenir compte ou non. Dans la présidentielle, Bkerké n’est avec ou contre personne. Il ne se range ni aux côtés des opposants ni avec les loyalistes, ne gardant en tête que l’intérêt du pays, qui commande le respect de la Constitution. Cependant, Bkerké espère, et souhaite, que la majorité à la Chambre ne se laisse pas mener par le bout du nez par des parties extérieures. En rappelant que, par le passé, les Libanais savaient résister aux diktats étrangers, pour promouvoir leur liberté de choix et la démocratie. Ainsi quand les Américains, dont la VIe Flotte mouillait au Port de Beyrouth, ont voulu parachuter Fouad Chéhab, il s’est trouvé assez de députés pour qu’il ne passe pas dès le premier tour. Et pour qu’il ne l’emporte que de peu face à Raymond Eddé. Le patriarcat voudrait que l’on n’oublie pas la dignité nationale. Émile KHOURY

Comme il l’a souligné mercredi, le patriarche Sfeir a suffisamment explicité sa position au sujet de la présidentielle pour n’avoir pas besoin de la répéter. Un dignitaire religieux s’étonne dès lors des interprétations que donnent des politiciens, d’ici ou de là, sur les vues patriarcales relatives à l’amendement de l’article 49. Chacun d’eux tente de tirer la couverture à soi, en expliquant à sa guise les propos du patriarche. Mais au lieu de se réfugier derrière ce paravent tactique, ces professionnels feraient mieux d’assumer leurs responsabilités. Et de se déclarer eux-mêmes, sans ambiguïté, sur le thème débattu.
Bien entendu, relève cette personnalité, Bkerké pour sa part n’a ni visées personnelles ni objectifs politiques par rapport aux problèmes de l’heure. Il ne les envisage,...