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Spéculations sur la viabilité de la nouvelle trêve entre les pouvoirs

Un ministre neutre confirme que l’incident de parcours dit du mètre, du nom de la commission municipale qui a fait l’objet d’un retentissant litige entre lahoudistes et haririens, est maintenant bien dépassé. En base de l’arbitrage de compromis édicté par le ministre de l’Intérieur, Élias Murr. Pour ce ministre, il ne faut pas prêter trop d’attention à la réaction incisive de Hariri suite aux déclarations de Murr. On sait en effet que le maître de Koraytem, s’exprimant en tant que député de la capitale, s’est insurgé contre la sortie du ministre affirmant qu’il aurait accepté de suite les démissions des édiles si elles lui avaient été remises. Pour la source citée, la rebuffade de Hariri allait de soi, étant donné qu’il est le parrain du conseil municipal de la capitale. Il a donc dit qu’il ne pouvait avaler les propos du ministre, dont il s’était fait passer l’enregistrement deux fois tant ils lui semblaient incroyables, sinon présomptueux. Ou même à la limite, comme il l’a laissé entendre, outrageants pour les Beyrouthins, ciblés à travers leurs édiles. À ce propos, une question de principe se pose : est-ce que des élus d’un peuple censé être souverain sont comptables devant l’autorité administrative ? Est-ce qu’ils ont à présenter leur démission au ministre, ou simplement l’aviser qu’à dater de tel jour ils cessent d’assumer leurs tâches, pour qu’il en prenne acte, comme le fait son département quand une demande d’activité associative lui est transmise ? Des juristes répondent que l’Exécutif, qui exerce une autorité de tutelle sur les municipalités via l’Intérieur, peut dissoudre un conseil incomplet ou inactif. Dès lors, il peut en accepter ou en refuser la démission. Dans tous les cas, la contestation haririenne ne porte pas du tout sur les prérogatives du ministre de l’Intérieur, mais sur son comportement de défi politique. Et sur sa perception erronée des rapports de force, comme de l’ordre de grandeur à ce niveau. C’est très exactement ce que Hariri souligne quand il soutient que Murr tient des propos plus grands que lui. En fait, les haririens se disent étonnés du changement d’attitude de Murr. Car, à les en croire, quand il avait réuni les protagonistes pour régler le problème, il avait fait montre à l’égard des édiles de la plus grande courtoisie et d’une compréhension extrême. S’il a été dans un tout autre sens par la suite, estiment les mêmes haririens, c’est sans doute pour couvrir autant que faire se peut le revers subi par son camp. On aurait pu s’arrêter là. Mais Hariri a rebondi sur l’affaire et jeté de l’huile sur le feu. Cela signifie-t-il que la grosse bataille a commencé ? Le ministre neutre cité pense que non. À l’en croire, les deux parties sont pratiquement quittes, maintenant qu’elles ont eu droit chacune à sa saute d’humeur. La dignité du conseil municipal, défendue par le député Hariri, étant sauve, on en resterait là. Le même ministre indique qu’après le règlement du différend, Hariri avait pris contact avec Murr pour le congratuler. Rappelant que d’ailleurs le Premier ministre avait conclu son intervention publique par un hommage à l’action anti-trafic de drogue du ministre de l’Intérieur, à travers l’arrestation du célèbre Masri. Le secret de l’accalmie tacite renouvelée est aussi évident que simple : les Syriens ne veulent pas que l’on fasse des vagues sur la scène libanaise avant que les choses sérieuses ne puissent commencer, côté présidentielle. C’est-à-dire avant octobre. En principe la trêve présidentielle doit être respectée. Et même assortie d’un effort sensible de coopération dans le traitement de la crise socio-économique. Ou à tout le moins, d’une dépolitisation des dossiers prioritaires. Les souhaits des tuteurs sont, comme toujours, captés cinq sur cinq par les instances parlementaires. Berry a ainsi souligné, devant l’Ordre des journalistes, que l’on doit démédiatiser l’amendement de l’article 49, qui est d’ailleurs hors de question pour le moment, à son avis. Il précise qu’en tout cas on verra ce qu’il convient de faire après la mi-octobre, à l’ouverture de la session parlementaire d’automne. Mais l’agenda des Syriens ne concorde pas avec celui de nombre de forces politiques locales. Qui, pressées justement par le temps, ont besoin d’agir ou de réagir. Pour ou contre la reconduction. Il faudra donc voir dans quelle mesure la volonté des décideurs pourra réfréner les pulsions des camps en présence. Philippe ABI-AKL
Un ministre neutre confirme que l’incident de parcours dit du mètre, du nom de la commission municipale qui a fait l’objet d’un retentissant litige entre lahoudistes et haririens, est maintenant bien dépassé. En base de l’arbitrage de compromis édicté par le ministre de l’Intérieur, Élias Murr. Pour ce ministre, il ne faut pas prêter trop d’attention à la réaction incisive de Hariri suite aux déclarations de Murr. On sait en effet que le maître de Koraytem, s’exprimant en tant que député de la capitale, s’est insurgé contre la sortie du ministre affirmant qu’il aurait accepté de suite les démissions des édiles si elles lui avaient été remises. Pour la source citée, la rebuffade de Hariri allait de soi, étant donné qu’il est le parrain du conseil municipal de la capitale. Il a donc dit qu’il ne...