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EXPOSITION «Âme et matière», d’Elham Makarem Abdel Malak, à l’Espace SD

L’Espace SD (immeuble S. Dagher, avenue Charles Hélou) accroche, jusqu’au 17 juillet, les œuvres nouvelles d’Elham Makarem Abdel Malak, une vingtaine de tableaux regroupés sous l’intitulé «Âme et matière». En techniques mixtes, des portraits, des nus et des paysages, évoqués d’un pinceau à la touche heurtée, dénuée de toute fioriture. La nature comme l’homme sont ici représentés dans leur nudité première, dans une palette de couleurs à dominante terre, recouvrant des matières brutes, à l’instar du métal rouillé très présent dans les toiles exposées. Née auVenezuela en 1952, Elham Makarem Abdel Malak a commencé par intégrer l’École libanaise des beaux-arts, avant de repartir s’installer quelques années dans son pays natal, où elle a suivi durant deux ans les cours de l’atelier du peintre René Poblet. Puis, de retour à Beyrouth, elle décroche sa licence en beaux-arts à la LAU avant de s’envoler cette fois pour Londres parfaire sa formation à la Chelsea School of Art. Cela fait quelque vingt-cinq ans qu’elle participe à des expositions individuelles et collectives à Londres et à Beyrouth, dont le Salon d’automne au musée Sursock. Après avoir longtemps dépeint le comportement humain, superficiel et hypocrite des sociétés mondaines, l’artiste pénétre aujourd’hui plus profondément dans l’intériorité de ses figures humaines. Peinture sur éléments de récupération Sa série de portraits est particulièrement expressive: visages intenses de personnes de tous âges, au faciès recouvert d’une plaque métallique peinte, évoquant le masque nécessaire, la dualité de tout un chacun et, paradoxalement, la profondeur des êtres sous la couche superficielle. Ses nus, portraits en pieds, à la matière épaisse, rugueuse, labourée et jouant les reliefs, portent dans leurs «chairs» les stigmates de la vie. Disposés par couples, côte à côte, mais séparés, chacun dans sa toile, l’homme de dos, la femme de face, ces Adam et Ève indépendants et différents sont, par-dessus tout, complémentaires (Âmes sœurs). Quant aux paysages, ils sont construits par surfaces géométriques de couleurs, composant un panorama tantôt semi-abstrait (Coin perdu), tantôt plus figuratif (Acoura), à peine habité de quelques silhouettes furtives et des battements d’ailes d’oiseaux déployées (L’envol). Les thèmes des peintures d’Elham Makarem Abdel Malak sont certes classiques, leur traitement l’est moins. En introduisant dans ses toiles des éléments et des matières ramassés dans la rue, l’artiste prouve à sa manière que l’«on peut faire du beau avec du laid», que l’art, à l’instar de l’âme, peut s’épanouir partout. Sculptures en métal rouillé En parallèle de l’accrochage des œuvres de sa femme, Rabih Abdel Malak s’est amusé à réaliser, à partir des mêmes objets de récupération (métal rouillé, spiralé, martelé avec effet de tissu froissé, grillage, etc.), de drôles d’effigies, à mi-chemin entre le pantin et le masque africain. Placés en duo ou en groupe, dans des cadres sous verre, ses Roméo et Juliette, Belles au bois dormant, Cœurs solitaires, Couple maigre ou encore Têtes plates dégagent, assurément, une note humoristique... Z.Z.

L’Espace SD (immeuble S. Dagher, avenue Charles Hélou) accroche, jusqu’au 17 juillet, les œuvres nouvelles d’Elham Makarem Abdel Malak, une vingtaine de tableaux regroupés sous l’intitulé «Âme et matière».
En techniques mixtes, des portraits, des nus et des paysages, évoqués d’un pinceau à la touche heurtée, dénuée de toute fioriture. La nature comme l’homme sont ici représentés dans leur nudité première, dans une palette de couleurs à dominante terre, recouvrant des matières brutes, à l’instar du métal rouillé très présent dans les toiles exposées.
Née auVenezuela en 1952, Elham Makarem Abdel Malak a commencé par intégrer l’École libanaise des beaux-arts, avant de repartir s’installer quelques années dans son pays natal, où elle a suivi durant deux ans les cours de l’atelier du...