Il a ouvert discrètement, peu avant Noël, sans tapage médiatique et sans recours à la publicité. Au fil des jours qui ont précédé le lancement, un mur de plus en plus vert se dessinait dans Gemmayzé. Puis est venue s’ajouter une drôle de marmite sur fond jaune, alors que se plantait un décor également discret mais toutefois intriguant. L’enseigne – en français dans le texte- enfin posée, La Tabkha s’installait dans ce quartier à la mode, décalé mais de plus en plus branché. Les questions ont fusé. Pour toute réponse, il a juste fallu pousser la porte et entrer.
Une cantine de luxe
La Tabkha, cantine libanaise, pouvait-on également lire sur l’enseigne. Une drôle de cantine où les demi-pensionnaires se bousculent pour prendre leur repas de midi et reviennent, le lendemain, heureux de cette nouvelle habitude. Une cantine libanaise, il est vrai, mais avec, toutefois, des airs européens qui lui donnent un caractère à la fois nouveau et jeune: la déco simple, plus proche des bistros français, semble faire l’unanimité. Le bar au centre, les tables collées les unes aux autres créent une intimité obligatoire mais finalement bienvenue. De même que les photos en noir et blanc accrochées au mur, les drôles de WC – ne ratez pas les plafonds –, et enfin l’espace cuisine transparent, ouvert sur le restaurant et éclairé par une lampe empruntée aux salles d’opérations. N’y voyez pas un côté morbide mais plutôt une teinte d’humour appréciée par tous les habitués. Cantine libanaise, il en fallait dans notre carnet d’adresses… Après Le Chef, nostalgique, il est vrai, mais qui a pris quelques rides, sans perdre de son charme, il manquait à l’appel un lieu plus actuel qui offre des plats du jour purement libanais, deux par jour, un bar d’entrées végétariennes, le tout dans un budget qui reste raisonnable. De la mouloukhieh à la moujadara, en passant par la moussakaa d’aubergines et la soupe aux lentilles, toutes les recettes figurent au menu de la semaine. De quoi réconcilier les adeptes des «nouvelles cuisines» avec celle de grand-mère. L’intérêt de La Tabkha réside dans cette formule, simple, des plats préparés «comme à la maison», à consommer sur place ou chez soi, et dans une ambiance très conviviale. Fréquenté au début par des curieux, rapidement suivis par les plus mondains – qui sonnaient un peu faux dans ce menu pas vraiment light – le restaurant est aujourd’hui adopté par des habitués, certains y venant tous les jours. Libanais, étrangers, – Philippe Starck y a même été aperçu, au cours de son dernier passage au Liban – intellectuels ou jeunes hommes d’affaires s’y retrouvent, sans craindre d’avoir parfois à attendre leur tour pour avoir une table. Le charme réside aussi dans les petits détails «autour», un logo que l’on retient, un menu calendrier charmant à accrocher dans sa cuisine et une livraison à domicile efficace, le plaisir du lieu en moins.
La cantine, peut-on lire enfin sur ces menus mensuels à emporter, vous reçoit du lundi au samedi, de midi à 17 h. Car le soir venu, les noctambules désertent leur « réfectoire » préféré pour d’autres atmosphères, en attendant La Tabkha du lendemain.
Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il a ouvert discrètement, peu avant Noël, sans tapage médiatique et sans recours à la publicité. Au fil des jours qui ont précédé le lancement, un mur de plus en plus vert se dessinait dans Gemmayzé. Puis est venue s’ajouter une drôle de marmite sur fond jaune, alors que se plantait un décor également discret mais toutefois intriguant. L’enseigne – en français dans le texte- enfin posée, La Tabkha s’installait dans ce quartier à la mode, décalé mais de plus en plus branché. Les questions ont fusé. Pour toute réponse, il a juste fallu pousser la porte et entrer.
Une cantine de luxe
La Tabkha, cantine libanaise, pouvait-on également lire sur l’enseigne. Une drôle de cantine où les demi-pensionnaires se bousculent pour prendre leur repas de midi et reviennent, le lendemain, heureux de cette nouvelle...