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Actualités - Chronologie

Droits de l’homme À Genève, Cuba a frôlé la victoire diplomatique

À une voix près. L’adoption d’extrême justesse jeudi à Genève par la Commission des droits de l’homme (CDH) de l’Onu d’une résolution, pourtant très modérée, « regrettant » les lourdes condamnations de dissidents l’an dernier, a donné à La Havane le sentiment d’avoir frôlé la victoire contre le « bloc occidental ». Présenté par le Honduras, soutenu par les États-Unis, l’Australie et l’Union européenne principalement, le texte n’a été adopté que par 21 États contre 20, et 10 abstentions. C’est le score le plus faible depuis que Washington a présenté la première condamnation de Cuba devant la CDH en 1990, à égalité toutefois avec celui de 1998, année qui avait suivi la visite du pape à Cuba. Et depuis 1999, les condamnations de Cuba à la CDH ne passent plus que par un maximum de quatre voix, dans une enceinte où 53 États sont représentés. Maître d’œuvre d’une diplomatie dynamique et généralement jugée très « professionnelle », Felipe Perez Roque, ministre cubain des Affaires étrangères, a fait du rendez-vous annuel de Genève la pierre angulaire de son activité. Plusieurs semaines avant l’échéance, les diplomates cubains, très militants, battent le rappel des soutiens possibles. Et, de fait, « aucun pays africain, ni arabe, ni d’un pays asiatique en développement » n’a voté en faveur de la résolution, s’est réjoui M. Perez Roque jeudi devant la presse en soulignant sa « fierté » devant ce qu’il a qualifié de « véritable échec » pour Washington. Avec des milliers de techniciens et de médecins envoyés dans les pays en développement – sa « diplomatie des blouses blanches » – Cuba conserve un prestige moral non négligeable, particulièrement en Amérique latine et en Afrique, où La Havane a dû renoncer à la « diplomatie du guérillero ». Le coup dur est venu du Mexique. L’allié indéfectible de Cuba jusqu’à l’arrivée en 2001 du président Vicente Fox a confirmé par son vote sa brouille avec le président Fidel Castro, au prix toutefois d’une forte contestation intérieure. Signe d’un relatif isolement régional, six autres pays d’Amérique latine (Chili, Costa Rica, Guatemala, Honduras et République dominicaine) ont également choisi d’épingler Cuba. Aucun n’a voté contre la résolution, l’Argentine, le Brésil et le Paraguay choisissant l’abstention. Par ailleurs, les États-Unis ont menacé jeudi de poursuivre devant la justice un diplomate cubain qui a agressé à Genève un opposant anticastriste après l’adoption par la commission des Droits de l’homme de l’Onu de la résolution critiquant La Havane. Kevin Moley, l’ambassadeur américain auprès des agences des Nations unies à Genève, a indiqué qu’il comptait entamer des poursuites judiciaires « au niveau le plus élevé possible » contre le diplomate cubain.
À une voix près. L’adoption d’extrême justesse jeudi à Genève par la Commission des droits de l’homme (CDH) de l’Onu d’une résolution, pourtant très modérée, « regrettant » les lourdes condamnations de dissidents l’an dernier, a donné à La Havane le sentiment d’avoir frôlé la victoire contre le « bloc occidental ».
Présenté par le Honduras, soutenu par les États-Unis, l’Australie et l’Union européenne principalement, le texte n’a été adopté que par 21 États contre 20, et 10 abstentions. C’est le score le plus faible depuis que Washington a présenté la première condamnation de Cuba devant la CDH en 1990, à égalité toutefois avec celui de 1998, année qui avait suivi la visite du pape à Cuba.
Et depuis 1999, les condamnations de Cuba à la CDH ne passent plus que par un maximum de...