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Actualités - Opinion

Courrier des étudiants Pour libérer l’homme de l’asservissement

Tous les hommes ne partagent pas les mêmes convictions spirituelles. Certains n’en ont pas du tout. Croyants ou athées, à chacun son système de valeurs, à chacun sa vérité. « L’homme n’est-il pas à la mesure de toute chose ? » Dans l’écrasante majorité des cas, c’est un accident de l’histoire qui détermine nos orientations religieuses. On naît musulman, bouddhiste ou juif. On ne choisit pas de le devenir. L’histoire des religions abonde de controverses. La plus virulente de ce siècle a été le silence de Rome face à l’horreur nazie de la Shoah, l’extermination des juifs. Le cri de la condamnation qui ne s’est jamais élevé, même si certains ont cru le lire dans le langage ambigu des encycliques du Vatican, a laissé le cœur à la fois des juifs et des chrétiens dans une amère solitude. Mais on oublie en revanche qu’à l’époque, la papauté avait clairement dénoncé le nazisme et que l’Église, pour engagée qu’elle soit, se doit de rester prudente et ne peut agir que dans le silence. Il faudrait s’en rappeler : la contribution de Jean-Paul II à la chute du communisme s’est faite dans le calme et dans les coulisses de la diplomatie vaticane. Les religions monothéistes se disent universelles. Une revendication d’universalité qui renferme l’idée de prosélytisme : il faut convertir les incroyants, les « infidèles ». La religion est tout d’abord tributaire de l’espace privé, elle indique la relation de l’homme à son Dieu. Tout dialogue entre les religions universelles est donc trompeur. Il ne faut pas se leurrer : la foi est une attitude incompatible avec l’examen rationnel des choses. Puisque chacun tient sa vérité pour absolue, pourquoi alors négocier sur une certitude ? L’idée même d’un dialogue entre les religions universelles est une contradiction dans les termes. L’expérience du sacré a montré qu’on ne pourra jamais convaincre l’autre, ni même s’entendre sur une plate-forme commune. On s’attachera plus que tout, en conséquence avec soi-même, à défendre sa croyance avec opiniâtreté. Un vrai chrétien ne peut concéder quoi que ce soit en rapport avec sa foi. Il se calfeutre dans son enseignement hermétique et refuse toute tentative de lui faire changer les idées. Un assentiment et une adhésion inébranlables envers sa religion, son espérance. Ce n’est pas un quelconque dialogue qui suscite la tolérance mais l’acceptation de l’autre tel qu’il est et parce qu’il est ce qu’il est. Le seul dialogue possible est celui où les gens demeurent ce qu’ils sont, dans leur dimension transcendantale et métaphysique et qui reconnaissent à la religion son autre fonction, celle de la cohésion sociale. C’est-à-dire vivre avec son semblable dans la plénitude d’une vraie harmonie. Le sentiment religieux personnel dont le type le plus achevé est le mysticisme est éminemment réfractaire au dialogue entre les religions. C’est la religion dans son acception essentiellement sociale et pratique qui pourrait être fédératrice d’un monde cosmopolite. L’angoisse humaine devant la mort, le découragement devant la vie, la détresse psychologique devant le dénuement économique et l’injustice sont autant de ferments de désorganisation de la société auxquels les religions, toutes les religions, doivent remédier dans une tentative globale d’affermissement de la cohésion sociale. C’est principalement en cela que consiste la théologie de la libération chère aux jésuites. Une solidarité entre les religions pour une libération de l’homme de l’ignorance, la peur, la pauvreté, l’obscurantisme et toute forme d’asservissement sociologique et de servitude politique comme les dictatures ou les systèmes d’exclusion. Amine ASSOUAD Président du bureau des étudiants de la faculté de droit-USJ
Tous les hommes ne partagent pas les mêmes convictions spirituelles. Certains n’en ont pas du tout.
Croyants ou athées, à chacun son système de valeurs, à chacun sa vérité. « L’homme n’est-il pas à la mesure de toute chose ? »
Dans l’écrasante majorité des cas, c’est un accident de l’histoire qui détermine nos orientations religieuses. On naît musulman, bouddhiste ou juif. On ne choisit pas de le devenir.
L’histoire des religions abonde de controverses. La plus virulente de ce siècle a été le silence de Rome face à l’horreur nazie de la Shoah, l’extermination des juifs. Le cri de la condamnation qui ne s’est jamais élevé, même si certains ont cru le lire dans le langage ambigu des encycliques du Vatican, a laissé le cœur à la fois des juifs et des chrétiens dans une amère solitude.
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