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Actualités - Chronologie

Le Chatt el-Arab, fleuve stratégique et frontière longtemps disputée

Le fleuve frontalier irano-irakien Chatt el-Arab est une voie d’eau stratégique qui a longtemps représenté une source de conflit entre l’Iran et l’Irak. Véritable poumon économique et seul accès maritime de l’Irak avec le port d’Oum Qasr, à l’extrême sud, ce fleuve englobe un secteur de premier plan pour les débouchés pétroliers. Il se trouve en effet à proximité des gisements de Basse-Mésopotamie, les plus importants du pays. Il arrose la région du Khouzistan-Sud, avec le port de Bassora, ainsi que la presqu’île de Fao, où passent les oléoducs vers les terminaux pétroliers irakiens offshore, dans le nord du Golfe, par lesquels transitent actuellement toutes les exportations en brut du pays. Formé par la jonction des deux grands fleuves de Mésopotamie, le Tigre et l’Euphrate, le Chatt el-Arab commence à Qurna, au nord de Bassora, la métropole méridionale irakienne, et se jette quelque 200 km plus au sud dans le Golfe. Le Chatt el-Arab (« Arvand Roud » en persan) a toujours été source de polémique entre l’Irak et l’Iran depuis le traité de 1937, et une des raisons de la guerre meurtrière entre les deux pays (1980-1988). Pour Bagdad, le Chatt el-Arab appartenait totalement à l’Irak et la frontière avec l’Iran se situait sur la rive orientale. Pour Téhéran au contraire, l’Arvand Roud est une rivière frontalière. L’« accord d’Alger » de 1975 avait donné satisfaction sur ce point à l’Iran : il stipule que la frontière entre l’Iran et l’Irak passe par le talweg (la ligne la plus basse) du Chatt el-Arab. Cet accord avait été dénoncé par Saddam Hussein juste avant la guerre entre les deux pays, puis à nouveau accepté par l’ancien dictateur en août 1990, peu après l’invasion du Koweït voisin et son annexion, qui offrait à l’Irak un accès bien plus large aux eaux du Golfe. La querelle sur le fleuve remonte aux empires ottoman et perse et un traité signé en 1847 délimite pour la première fois la frontière fluviale séparant les deux entités. Nettoyé des mines qui l’infestaient, le fleuve reste toujours aujourd’hui encombré par un grand nombre d’épaves de navires coulés au cours des trois guerres qui ont ravagé la région ce dernier quart de siècle et qui le rendent impropre à la navigation des gros bâtiments.
Le fleuve frontalier irano-irakien Chatt el-Arab est une voie d’eau stratégique qui a longtemps représenté une source de conflit entre l’Iran et l’Irak.
Véritable poumon économique et seul accès maritime de l’Irak avec le port d’Oum Qasr, à l’extrême sud, ce fleuve englobe un secteur de premier plan pour les débouchés pétroliers. Il se trouve en effet à proximité des gisements de Basse-Mésopotamie, les plus importants du pays.
Il arrose la région du Khouzistan-Sud, avec le port de Bassora, ainsi que la presqu’île de Fao, où passent les oléoducs vers les terminaux pétroliers irakiens offshore, dans le nord du Golfe, par lesquels transitent actuellement toutes les exportations en brut du pays.
Formé par la jonction des deux grands fleuves de Mésopotamie, le Tigre et l’Euphrate, le Chatt el-Arab...