Le gâteau de mariage « volant », livré par avion aux jeunes mariés, est la dernière recette incontournable aux États-Unis pour une noce parfaitement réussie.
« Nous expédions nos gâteaux sur des lignes régulières à travers tout le pays et aussi jusqu’en France, en Angleterre et aux Caraïbes », explique Mike McCarey, pâtissier renommé établi à Seattle depuis 10 ans. « Les commandes augmentent. L’an dernier, nous en avons livrées plus de 150, du petit gâteau à 2 étages pour 60 personnes à la pièce montée de 7 à 8 étages pour 300 à 400 convives. »
Le prix moyen d’une telle composition s’élève à 500 dollars, selon Mike McCarey, auxquels s’ajoute environ la même somme pour la livraison par avion, mais la facture peut atteindre 5 000 dollars.
« Tout est possible dans les limites des lois de l’apesanteur », assure le pâtissier. Du gâteau à la vanille fourré à la crème d’orange et au schnaps à celui au moka fourré à la crème d’amande, il est ravi des extravagances de ses clients qui débrident sa créativité.
Pourtant Mike McCarey se fait encore surprendre. « Un couple mordu de chiens se mariait à Hawaï. Comme ils ne pouvaient prendre leurs animaux favoris avec eux, ils m’ont demandé de sculpter un gâteau à leur image », raconte-t-il.
Le gâteau n’est qu’un exemple parmi d’autres. « Les lâchers de papillons et de chiens à la fin de la cérémonie ou encore les mariages dans des lieux insolites comme les parcs d’attraction ou les musées sont aussi très à la mode », assure Sandra Monahan, organisatrice de mariage en Pennsylvanie.
Pour Gerard Monaghan, président de l’association nationale des professionnels du mariage depuis 23 ans, « l’envie d’un mariage unique et parfait est devenue une véritable obsession, une compétition aussi entre les jeunes couples sans cesse à l’affût d’idées nouvelles ».
Le phénomène a pris des proportions inédites, alors que 200 000 couples convolent chaque année aux États-Unis. « Environ quatre couples américains sur dix suivent aujourd’hui ce mouvement, investissant des sommes considérables pour le grand jour », note Katherin Jellisson, professeur d’histoire à l’Université de l’Ohio.
« La course au mariage parfait n’est pas l’apanage des classes les plus aisées. Elle touche aussi les classes moyennes, souvent influencées par la presse spécialisée et l’exemple des stars », souligne l’experte qui vient de finir une thèse sur l’évolution du mariage depuis 1945.
En 2002, un couple a dépensé en moyenne 23 000 dollars pour se marier, une somme moyenne qui atteignait 35 000 dollars à New York et Washington, selon l’institut de recherche Info Bridal Bank.
« Les frais sont toujours pris en charge par les parents lorsque les mariés sont jeunes. Mais dès qu’ils atteignent 30-40 ans, ils le financent eux-mêmes », explique Zipporah Singleton, organisatrice de mariage à Las Vegas.
« Ces montants sont inédits mais ce n’est pas le coût du mariage en lui-même qui a augmenté, ce sont les goûts des jeunes mariés qui sont plus onéreux, souligne Gerard Monaghan. D’abord, ils font presque tous appel à un professionnel pour l’organisation. Ensuite, c’est une multitude de détails. Ils vont préférer du camembert et du brie au lieu d’un cheddar, ou le DVD de la cérémonie plutôt que la vidéo. »
En 2002, les bénéfices engrangés par l’industrie du mariage s’élevaient à 120 milliards de dollars contre 16 milliards en 1982, selon Info Bridal Bank.
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