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Les états d’âme post-apartheid des « Indiens » d’Afrique du Sud

Les Sud-Africains d’origine indienne jouissent depuis la fin de l’apartheid des mêmes droits que les Blancs, mais, se sentant à la fois victimes de discrimination inversée et courtisés en vue des élections, beaucoup portent sur 10 ans de démocratie un regard mitigé. Les états d’âme de cette petite minorité dynamique (un million environ) traduisent son passé contrasté, qui couvre aussi bien la jeunesse militante de Gandhi en Afrique du Sud, de 1893 à 1914, que la collaboration au Parlement indien fantoche du régime d’apartheid dans les années 80. Les « Indiens » d’Afrique du Sud descendent pour la plupart de travailleurs amenés au XIXe siècle, de force ou sous contrat, pour travailler sur les plantations de canne à sucre. Suivirent des commerçants, qui achetèrent leur droit de passage. Sous l’apartheid, les Indiens, « non-Blancs », ont subi toutes sortes de discriminations : expulsés de zones d’habitation pour Blancs, privés de vote, d’accès à des lieux publics, à des emplois. Mais dans l’ensemble, bien moins opprimés que les Noirs, mieux lotis en terme de services, d’éducation. Si certains s’accommodèrent du système, se bâtissant d’enviables positions économiques, beaucoup s’illustrèrent dans la lutte anti-apartheid qui, de Mac Maharaj et Ahmed Kathrada (détenus à Robben Island) aux ministres actuels Kader Asmal et Valli Moosa, compte nombre de héros indiens. Fatima Meer, proche de Mandela dans la lutte et aujourd’hui « sage » respectée de sa communauté, assure que « la situation des Indiens n’a jamais été aussi sûre dans ce pays », que depuis la démocratie en 1994. Mais elle aussi ne peut que constater l’insécurité et l’amertume de la communauté, dirigées surtout contre l’« affirmative action » (préférence raciale corrective à l’emploi), une initiative bonne et nécessaire selon Meer, mais ressentie comme « une discrimination contre les non-Africains ». Dans le KwaZulu-Natal, où vit 70% de la communauté, le ressentiment entre Indiens et Noirs affleure parfois. En 2002, l’Autorité sud-africaine de l’audiovisuel dut interdire d’antenne Amandiya, chanson d’un artiste zoulou (rap/hip hop local) jugée « humiliante » pour les Indiens, accusés dans les paroles d’avoir « opprimé et spolié les Zoulous ». L’ambivalence des Indiens eux-mêmes est perceptible. Sur le front de mer de Durban, grand port de l’océan Indien, une vendeuse des rues derrière son étal de vêtements ne masque pas sa nostalgie. « Bien sûr avant je n’avais pas le droit de vendre ici parce que c’était une zone pour Blancs, explique Loganayagee Naidoo. Maintenant, je vends mais j’ai été victime de vols à deux reprises, et une fois j’ai perdu l’équivalent de 50 000 rands (environ 6 500 euros) de marchandises ». « C’était mieux autrefois », lâche-t-elle. À quelque chose malheur est bon. Entre ceux qui s’accommodaient et ceux qui luttaient, « les Indiens étaient divisés sous l’apartheid. Maintenant nous sommes unis, à cause de l’application injuste de “ l’affirmative action ”, et sur des enjeux comme le crime, l’insécurité ».
Les Sud-Africains d’origine indienne jouissent depuis la fin de l’apartheid des mêmes droits que les Blancs, mais, se sentant à la fois victimes de discrimination inversée et courtisés en vue des élections, beaucoup portent sur 10 ans de démocratie un regard mitigé.
Les états d’âme de cette petite minorité dynamique (un million environ) traduisent son passé contrasté, qui couvre aussi bien la jeunesse militante de Gandhi en Afrique du Sud, de 1893 à 1914, que la collaboration au Parlement indien fantoche du régime d’apartheid dans les années 80.
Les « Indiens » d’Afrique du Sud descendent pour la plupart de travailleurs amenés au XIXe siècle, de force ou sous contrat, pour travailler sur les plantations de canne à sucre. Suivirent des commerçants, qui achetèrent leur droit de passage.
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